le Mardi 7 février 2023
le Jeudi 6 novembre 2014 12:46 Art et culture

Conjuguer art et mouvement

Dans le cadre d’une résidence d’artiste à Yellowknife, Philippe LeBlond a créé un zootrope, une sorte de carrousel qui, par le mouvement, donne l’impression de projeter un film. Photo : fournie.
Dans le cadre d’une résidence d’artiste à Yellowknife, Philippe LeBlond a créé un zootrope, une sorte de carrousel qui, par le mouvement, donne l’impression de projeter un film. Photo : fournie.

Pierre-Luc Lafrance

L’artiste franco-yukonnais Philippe LeBlond a été reçu à Yellowknife du 22 août au 5 septembre dans le cadre de la série d’artistes en résidence organisée par le Yellowknife Artist Run Community Center. Lors de son passage aux Territoires du Nord-Ouest, il a produit une sculpture cinétique en face de l’hôtel de ville. L’Aurore boréale a rencontré l’artiste pour discuter de son expérience.

Dans le cadre d’une résidence d’artiste à Yellowknife, Philippe LeBlond a créé un zootrope, une sorte de carrousel qui, par le mouvement, donne l’impression de projeter un film. Photo : fournie.

Dans le cadre d’une résidence d’artiste à Yellowknife, Philippe LeBlond a créé un zootrope, une sorte de carrousel qui, par le mouvement, donne l’impression de projeter un film. Photo : fournie.

Tout a commencé à la fin mars lorsqu’il a reçu un courriel pour l’inviter à une résidence d’artiste à Yellowknife. « Je connaissais Alison depuis quelques années, on s’était rencontré il y a trois ans dans le cadre du Dawson Riverside. À ce moment, je faisais des boules avec des roues de vélo avec Claire Ness. » Rapidement, les choses se sont mises en place et le sculpteur est parti avec son autobus au mois d’août pour se rendre dans le territoire voisin. Ça lui a pris quatre jours pour se rendre et trois pour revenir. Il a eu la chance que la route soit ouverte lors de son passage et que les feux de forêt ne l’empêchent pas de progresser.

« Le thème était “Our City”, alors il y avait un aspect public qui devait être intégré au projet. De mon côté, je voulais faire quelque chose qui touche à l’art cinétique, c’est-à-dire qui intègre le mouvement. Alors, j’ai construit un zootrope, une machine à faire de l’animation. En gros, c’est une boule de fonte avec des images à l’intérieur qu’on peut voir par des fentes. En faisant bouger la boule, ça donne un peu le même effet qu’un film. »

Pour trouver le matériel avec lequel il travaille, il est allé au dépotoir de l’endroit. « J’ai fabriqué le zootrope avec un bidon de gaz large de cinq pieds. À l’intérieur, j’ai mis un deuxième bidon plus petit sur un axe de voiture attachée à une poulie qui venait d’un vieux tapis roulant, une pièce historique. »

Si Philippe LeBlond s’est occupé de tout le mécanisme, il a intégré des artistes locaux qui ont fait les images intérieures. Au total, il y a eu une douzaine de participants. « La collaboration a super bien été. » Dans le cadre de la résidence, il a aussi prononcé deux discours et offert un atelier.

Les arts au cœur de sa vie

Philippe LeBlond est établi au Yukon depuis le milieu des années 1990. Il a d’abord eu quelques difficultés à s’établir et c’est à la suite d’une suggestion de sa blonde de l’époque qu’il s’est mis à faire des girouettes avec des formes de corbeau coupées dans la tôle pour le marché de Noël. « Ce n’était pas trop compliqué à inventer puisque j’ai de l’expérience en génie mécanique. » Avec le temps, il affine sa technique et ajoute d’autres modèles : caribou, orignal, musheur avec quatre chiens. Le produit connaît un certain succès et est vendu à différents endroits.

« Il y a des gens qui m’ont approché pour dire qu’ils aimaient mes girouettes, mais qu’ils voulaient avoir juste le corbeau. » Alors il se lance de ce côté et pendant une quinzaine d’années, trois ou quatre galeries présentaient son matériel. Sauf que l’artiste voulait d’autres défis : « Moi, ce que j’aime, ce sont les grosses pièces compliquées, mais c’est moins en demande. » Malgré tout, il continue à faire des corbeaux de temps en temps.

En ce moment, celui qui a été propriétaire de Philippe’s Bicycle Repair (devenu Cadence Cycle) de 2006 à 2010 poursuit des études qui lui demandent beaucoup de temps. Mais l’art continue d’occuper une place importante dans sa vie. « J’ai un projet avec la Ville pour la fin avril. Une forme d’acier représentant un grizzly qui attrape un saumon avec des plantes à l’intérieur qui viendraient remplacer la fourrure. »

Il espère continuer à réaliser un ou deux projets par année. Toutefois, l’un de ses grands plaisirs est de voir ses œuvres voyager. Elles font partie du décor à Whitehorse, mais il a aussi pu en voir à d’autres endroits. D’ailleurs, dans un des endroits qu’il a visités à Yellowknife, il a pu voir un de ses corbeaux.