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le Lundi 20 octobre 2014 10:19 Art et culture

La photo pour faire émerger notre présence à la nature

Une rétrospective des œuvres de l’artiste Marten Berkman organisée par l’Association franco-yukonnaise avait lieu en octobre à la galerie Rah Rah à Whitehorse. Photo : Marie-Hélène Comeau.
Une rétrospective des œuvres de l’artiste Marten Berkman organisée par l’Association franco-yukonnaise avait lieu en octobre à la galerie Rah Rah à Whitehorse. Photo : Marie-Hélène Comeau.

Marie-Hélène Comeau

Utiliser la photo pour toucher le cœur et le corps. Telle est la mission que poursuit depuis toujours l’artiste yukonnais Marten Berkman dont l’Association franco-yukonnaise présentait cet automne une rétrospective des œuvres.

Une rétrospective des œuvres de l’artiste Marten Berkman organisée par l’Association franco-yukonnaise avait lieu en octobre à la galerie Rah Rah à Whitehorse. Photo : Marie-Hélène Comeau.

Une rétrospective des œuvres de l’artiste Marten Berkman organisée par l’Association franco-yukonnaise avait lieu en octobre à la galerie Rah Rah à Whitehorse. Photo : Marie-Hélène Comeau.

« Je me souviens encore de mon premier contact avec la photo. Je devais avoir 10 ans, j’étais au bord de la mer avec mes parents. J’avais devant moi les vagues et les nuages. J’ai dès cet instant voulu prendre une photo afin de pouvoir montrer comment je me sentais plutôt que de témoigner de ce que je voyais », explique le photographe installé au Yukon depuis 1990. « J’ai pu utiliser d’autres médiums avec le temps comme le dessin ou la peinture, mais la photo demeure une façon fantastique d’archivage de son journal intime, de transmettre la lumière et l’ombre des endroits que je visite », confie-t-il.

Originaire de Montréal, Marten Berkman a fait le tour du globe en passant par les montagnes de l’Himalaya, les Alpes et les Andes, appareil-photo à son cou, avant de découvrir le Yukon où il a décidé de poser ses valises. « J’ai toujours cherché des lieux sauvages isolés, car je me sentais vivant dans ces endroits, proche de la réalité. Par mes photos, je tente de présenter ma présence dans ces lieux », confie-t-il.

En 2005, Marten Berkman trouve sur son chemin artistique l’image en stéréoscopie; c’est l’émerveillement. L’utilisation de la photo 3D lui offre enfin le moyen technique de donner à l’image le sens de la présence qu’il cherche à reproduire depuis si longtemps.

Un aperçu du résultat de cette nouvelle exploration a été présenté l’été dernier dans le cadre de l’événement Nuit blanche à Whitehorse. L’artiste a pu y présenter une photo murale 3D ainsi qu’une installation.

« Pour l’occasion, j’avais filmé le site de la Old Canol Road, c’est-à-dire la nature dans sa beauté, avec également ses signes industriels comme de vieux camions ou des barils abandonnés sur les lieux. Je voulais présenter la terre avec toutes ses contradictions, présenter son caractère, son histoire. Je voulais y trouver et présenter un sens romantique. Nuit blanche a permis une démocratisation de mes œuvres en les présentant à un plus grand public. Ce type de projet pour un artiste ouvre la palette des possibilités permettant de travailler à l’extérieur de nos limites », a-t-il confié.

Marten Berkman fait partie des artistes sélectionnés par l’organisme du Yukon Film Society qui souligne son 30e anniversaire pour créer un court film documentaire sur le Yukon. Ce projet permettra à l’artiste de poursuivre son travail d’exploration sur le thème de la terre, en empruntant cette fois-ci l’axe de la relation d’un père et d’un fils, celui de Davis et Troy Suzuki avec lesquels il a parcouru la rivière Peel en canot en 2012.

« Entre le père scientifique David Suzuki et le fils résident du Yukon Troy Suzuki, je voyais une connexion entre la science et l’expérience de la terre. Deux approches du territoire, deux sens de la présence par la nature », confie l’artiste qui pense être en mesure de présenter l’installation interactive résultante de cette exploration artistique à l’automne 2015 dans le cadre des célébrations pour les 30 ans de la Yukon Film Society.