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le Mardi 16 septembre 2014 8:30 Société

Transposer un concept en art

La directrice des communications et des relations externes, Angela Cassie. (Photo : La Liberté)
La directrice des communications et des relations externes, Angela Cassie. (Photo : La Liberté)

Camille GRIS ROY (La Liberté)

L’architecture extérieure et intérieure du nouveau Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) n’a pas été laissée au hasard. La symbolique des droits est partout.

Le Musée ouvre ses portes le 20 septembre. Il domine majestueusement le paysage de la capitale manitobaine. (Photo : Archives La Liberté)

Le Musée ouvre ses portes le 20 septembre. Il domine majestueusement le paysage de la capitale manitobaine. (Photo : Archives La Liberté)

Depuis le début de sa construction en 2009, le bâtiment qui abritera le nouveau MCDP a dû intriguer plus d’un passant. La structure est unique et plutôt imposante, avec ses grands murs de pierre, ses larges baies vitrées et sa tour qui monte vers le ciel. En réalité, chaque élément a été pensé pour que l’architecture reflète le concept des droits de la personne.

« Pour la construction, le Musée a lancé une très grande compétition architecturale. Le but était de trouver un architecte capable de construire un bâtiment d’idées, dont la symbolique se rapporterait aux droits et libertés », explique la directrice des communications et des relations externes, Angela Cassie.

La directrice des communications et des relations externes, Angela Cassie. (Photo : La Liberté)

La directrice des communications et des relations externes, Angela Cassie. (Photo : La Liberté)

C’est l’architecte américain Antoine Predock qui a finalement remporté le concours. « Le comité d’examen architectural du Musée a retenu son concept car il croyait qu’il respectait les objectifs en terme d’édifice inspirant dont la complexité se compare à la diversité de l’expérience humaine », indique le site internet du MCDP.

La pierre et le verre utilisés pour le Musée reflètent le paysage canadien. Ils font penser à la fois au paysage des Prairies, aux aurores boréales, à la neige, la glace et les racines des arbres. Les panneaux de verre extérieurs doivent représenter les ailes d’une colombe, symbole traditionnel de la paix.

Au sommet du bâtiment, une tour de verre qui s’élève à 100 mètres dans le ciel est un symbole d’espoir. La tour tiendra lieu d’observatoire et offrira une vue panoramique sur le paysage entourant le Musée.

Le design et la planification intérieure sont aussi significatifs. Pour la conception des galeries, le MCDP a fait appel à la firme Ralph Appelbaum Associates, qui a notamment participé à l’élaboration de différents musées ou lieux commémoratifs à travers le monde, comme le Musée de l’Holocauste à Washington.

« Le concepteur Ralph Appelbaum a beaucoup été influencé par l’architecture du bâtiment pour l’installation des galeries. Le « Nuage de Verre », qui est l’espace au cœur du musée avec des grandes vitres, était particulièrement inspirant », déclare Angela Cassie.

Le parcours que suivra le visiteur est un parcours ascendant, du bas vers le haut, qui symbolise une progression, vers l’espoir. « Le parcours va être un trajet physique, c’est 1 km de bas en haut. Des fois aussi, on ne sait pas où le chemin commence ou finit, parce qu’il y a des rampes et des escaliers qui se croisent à différents endroits. Mais ça ajoute à la complexité », confie Angela Cassie.

Aussi, le jeu des lumières est particulièrement important. « Il y a un contraste entre les galeries, qui sont parfois très obscures et peuvent nous plonger dans la noirceur, et l’espace central du musée, avec les grandes baies vitrées, qui est comme un moment d’espoir, une occasion de respirer entre les différentes expositions. Et plus on monte, plus l’environnement devient clair. Les fenêtres du haut sont encore plus grandes. »

Enfin, le choix de l’emplacement doit être souligné. Le Musée se trouve sur le site historique de La Fourche, là où a été signé en 1871 le premier traité entre le Canada et les Premières Nations après la Confédération. C’est dans ce même périmètre que le chef métis Louis Riel avait mené la Résistance de la rivière Rouge.

Plus généralement, la ville de Winnipeg est symbolique car elle a été le théâtre de luttes historiques, comme la question des écoles du Manitoba à la fin du 19e siècle, ou encore la grève générale de 1919.

Le musée chiffré :
– 24 154 m2 de surfaces
– 4 366 m2 d’espaces d’expositions
– 1 669 panneaux de verre
– 3200 blocs d’albâtre d’Espagne
– 444 pieux soutiennent le bâtiment
– 600 tonnes de basalte de la Mongolie