le Dimanche 5 février 2023
le Lundi 15 septembre 2014 9:13 Société

Statu quo pour les 175 radios communautaires

Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

Le CRTC a refusé la demande des diffuseurs privés de contrôler le 0,5 % prélevé lors de la vente d’une radio et versé au Fonds canadien de la radio communautaire. Annoncé le 5 septembre, le maintien du cadre de répartition et de la formule d’allocation touche 28 bénéficiaires en milieu minoritaire.

C’est tant mieux, souligne Simon Forgues, l’agent de développement de l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC). « Il va sans dire que, loin d’être sorti de l’auberge, la radio de campus et du communautaire en aurait toujours besoin davantage.

« La partie est loin d’être gagnée, écrit-il dans son blogue. Plusieurs stations peinent à joindre les deux bouts malgré la mission essentielle et les responsabilités qu’on leur destine. Mais à choisir entre le statu quo ou le recul que proposaient certains intervenants, je pense que la solution retenue par le CRTC est la moins pire des deux. »

Le secrétaire général, François Côté, confirme. « Dans chacune des régions (Atlantique, Nouveau-Brunswick, Ontario et l’Ouest), les radios ont énormément de difficultés. On accepte le mandat du CRTC mais on n’a pas les capacités de l’assumer. Ça fait des années qu’on réclame de l’aide. »

Le Fonds créé par le CRTC pour aider les radios s’élève à 2,5 millions $. Il est alimenté par les transactions de vente de radios privés et sert à financer des projets soumis par les 175 radios communautaires du pays.

« Tout le monde pige dans le même pot, explique François Côté. Il faut penser à des projets et l’argent ne peut pas servir aux opérations. C’est rattaché au développement de contenu canadien. Certaines années, on peut avoir cinq membres qui font demande, d’autres années seulement trois.

« Notre gros défi, c’est d’aller chercher d’autres fonds pour le fonctionnement des radios, indique François Côté. C’est ce que nos radios ont besoin. Ça avance lentement, mais il n’y a pas de programme fédéral en place. Il faudrait le créer et ça peut prendre des années. »

En juillet, le ministre des Affaires acadiennes de la Nouvelle-Écosse avait lancé un appel national pour aider les membres de l’ARC. Michel Samson avait reçu une réaction positive, notamment de l’Ontario.