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le Lundi 15 septembre 2014 11:18 Société

100 histoires pour lancer la conversation

La francophonie est présente dans toutes nos galeries, selon la gérante de la recherche et de la conservation, Jodi Giesbrecht. (Photo : La Liberté)
La francophonie est présente dans toutes nos galeries, selon la gérante de la recherche et de la conservation, Jodi Giesbrecht. (Photo : La Liberté)

Daniel Bahuaud (La Liberté)

En présentant dans ses galeries la francophonie canadienne, avec ses luttes et ses victoires, le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) invite le public au dialogue.

Le MCDP, qui ouvrira ses portes au public le 20 septembre prochain, à Winnipeg, promet d’offrir un éventail complet de perspectives sur la francophonie et le rôle des francophones dans l’affirmation et la revendication des droits de tous genres.

La francophonie est présente dans toutes nos galeries, selon la gérante de la recherche et de la conservation, Jodi Giesbrecht. (Photo : La Liberté)

La francophonie est présente dans toutes nos galeries, selon la gérante de la recherche et de la conservation, Jodi Giesbrecht. (Photo : La Liberté)

« La francophonie est présente partout dans le Musée, dans toutes nos galeries, lance la gérante de la recherche et de la conservation, Jodi Giesbrecht. Et parfois là où de nombreuses personnes ne s’y attendraient pas. À titre d’exemple, en traitant de la voix des Autochtones, on pourra lire un texte composé par la poète francophone, Joséphine Bacon, qui place l’accent sur le lien entre les Innus et la terre du Labrador.

« Trois clips interactifs racontent l’histoire de Josephine Bacon et de l’activisme de la poète pour défendre sa culture, sa terre et sa langue, précise-t-elle. On pourra donc constater que lorsqu’un francophone parle d’identité, de culture et de langue, il partage les mêmes préoccupations que les Autochtones. »

Il en est de même pour la condition féminine, et encore des droits des travailleurs, puisque le MCDP relate l’histoire de la Marche du pain et des roses, menée au Québec en 1995 par la féministe Françoise David ainsi que la grève de l’amiante de 1949 au Québec. Une place importante est accordée aux luttes des différentes communautés francophones pour la protection de leur identité et de leurs droits linguistiques.

Professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean, de Edmonton, témoin principal dans le cas Caron qui remet en question le statut unilingue anglais de l’Alberta, Edmund Aunger se réjouit que le MCDP n’ait pas mis de côté les luttes des communautés de langues minoritaires.

« On apprend grâce aux exemples. Le Musée souligne le travail du Franco-Ontarien, John Joanisse, pour maintenir les services médicaux en français dans l’Est de l’Ontario. Le cas de l’Hôpital Monfort, hôpital francophone en Ontario qui a presque été fermé par le gouvernement provincial est élucidé.

« J’apprécie aussi qu’on ait parlé non seulement des revendications linguistiques du Franco-Manitobain Roger Bilodeau, ajoute-t-il, mais aussi celles de la Franco-Prince-Édouardienne, Noëlla Arsenault. La stratégie est bien pensée de ne pas tout présenter mais de raconter l’histoire de cas particuliers qui illustrent certains grands principes. »

La sénatrice franco-manitobaine Maria Chaput voit le contenu francophone du MCDP d’un même œil, se réjouissant que la galerie Le parcours du Canada raconte plus de 100 différentes histoires sur les droits de la personne.

« Les francophones de partout au Canada ont tout intérêt à faire connaître davantage leur histoire, affirme-t-elle. Trop souvent, la question des droits linguistiques a été abordée en vase clos. Si davantage de personnes peuvent prendre connaissance de nos luttes, ils nous comprendront mieux. Et ils seront mieux placés pour entamer une véritable conversation avec nous.

« C’est, je crois, le but ultime du Musée, estime la sénatrice. Il nous conduira tous à un autre niveau, parce qu’en nous faisant mieux connaître l’expérience des Canadiens qui nous entourent, il contribuera à une prise de conscience individuelle et collective.

« Les répercussions à long terme pourraient être des plus positives, dit-elle. On pourrait envisager la possibilité d’amorcer une discussion pancanadienne approfondie entre francophones, anglophones, Autochtones et ces Canadiens issus d’autres communautés culturelles et linguistiques.

« Cette prise de conscience, cette discussion, ne se fera pas du jour au lendemain, admet Maria Chaput. Il n’empêche que le MCDP peut contribuer à une semence, surtout chez les jeunes, qui à la longue changera notre compréhension des autres et celles des autres à notre égard. »

Le Musée national jette une nouvelle lumière sur les droits de la personne. (Archives de La Liberté)

Le Musée national jette une nouvelle lumière sur les droits de la personne. (Archives de La Liberté)