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le Vendredi 12 septembre 2014 9:43 Société

L’expérience de Johanne Moreau en terre sénégalaise

Johanne Moreau, aidée par les éducatrices et bénévoles, s’est occupée pendant trois mois des 37 bébés âgés de 6 à 12 mois dans la Pouponnière « Vivre ensemble » de M’Bour au Sénégal. Photo : fournie.
Johanne Moreau, aidée par les éducatrices et bénévoles, s’est occupée pendant trois mois des 37 bébés âgés de 6 à 12 mois dans la Pouponnière « Vivre ensemble » de M’Bour au Sénégal. Photo : fournie.

Nelly Guidici

Après dix années passées auprès des enfants de La garderie du petit cheval blanc, Johanne Moreau a décidé de profiter de la vie lors d’une année sabbatique. Une année riche en rencontres et expériences qui l’ont menée en Europe, aux États-Unis et en Afrique. En effet, lors d’une recherche sur un forum de voyageurs, Johanne a trouvé l’occasion de s’investir auprès des enfants : être bénévole pendant trois mois dans la Pouponnière « Vivre ensemble » dans la ville de M’Bour au Sénégal.

Johanne Moreau, aidée par les éducatrices et bénévoles, s’est occupée pendant trois mois des 37 bébés âgés de 6 à 12 mois dans la Pouponnière « Vivre ensemble » de M’Bour au Sénégal. Photo : fournie.

Johanne Moreau, aidée par les éducatrices et bénévoles, s’est occupée pendant trois mois des 37 bébés âgés de 6 à 12 mois dans la Pouponnière « Vivre ensemble » de M’Bour au Sénégal. Photo : fournie.

La Pouponnière « Vivre ensemble »

Créée en février 2002, la Pouponnière est un lieu d’accueil temporaire du tout petit enfant privé de sa mère (86 % des enfants recueillis ont perdu leur mère à la naissance). Elle permet aux orphelins et aux enfants dont la famille ne peut pas s’occuper de vivre dans un milieu protégé jusqu’à ce que l’enfant soit capable de manger comme les autres membres de la famille, c’est-à-dire 24 mois. « Si la mère meurt pendant l’accouchement, la famille n’a pas les moyens d’acheter du lait en poudre qui est très cher », précise Mme Moreau.

Sur les 260 enfants, 130 sont âgés de 0 à 2 ans. La plupart retournent dans leur famille lorsqu’ils ont atteint l’âge de 2 ans, mais pour ceux dont personne ne vient, un bâtiment appelé « unité familiale » et qui se trouve à côté de la Pouponnière les accueille. Ils sont pris en charge jusqu’à l’âge de 18 ans.

En moyenne chaque année ce sont une centaine de poupons qui sont recueillis.

Choc culturel dès les premiers instants

« Un choc culturel », voilà comment Mme Moreau se remémore ses premiers jours à M’Bour. C’est la première fois qu’elle se rend sur le continent africain et dans un pays musulman. Le soutien des bénévoles qu’elle retrouve le soir à la « maison jaune », lieu où ils sont hébergés, lui est très bénéfique. « Mes deux premières semaines ont été déstabilisantes. Les 23 autres personnes avec qui je vivais à la “maison jaune” m’ont aidée parce qu’ils savaient exactement ce que j’étais en train de vivre. Ils avaient vécu la même chose que moi à leur arrivée. »

Nouer une relation de qualité avec les enfants

La journée était divisée en trois parties. Mme Moreau avait choisi de s’occuper des bébés âgés de 6 à 12 mois sur le créneau horaire : 8 h jusqu’à 15 h. Ce choix lui permettait de mieux connaître les enfants et c’est aussi en début de journée qu’il y avait le plus de travail : donner le bain, changer les couches et habiller les enfants, leur donner le biberon. « C’était vital pour moi de rester au même endroit avec le même groupe pour avoir une certaine qualité de relation avec les enfants », confie Mme Moreau. Les 37 enfants de la section sont pris en charge par sept éducatrices salariées de la pouponnière aidée par les bénévoles. Appelées « les Tatas », Mme Moreau est impressionnée par ces femmes sénégalaises : « J’ai une très grande reconnaissance et admiration pour les Tatas parce que pour une grande majorité, elles doivent s’occuper de leurs propres enfants après leur journée à la pouponnière et aller au marché tous les jours pour acheter de la nourriture ».

Couches lavables et manque d’eau

Les enfants portent des couches lavables qui ne sont, à vrai dire, pas très étanches. La tâche des lavandières est donc énorme. Préposées au lavage des couches, des draps et des vêtements des bébés, elles doivent pallier le manque d’eau. Lorsque l’eau coule des robinets de la pouponnière, des réserves sont faites dans de grands bacs afin de faire face aux interruptions. La saison des pluies rend également la tâche de ces lavandières difficile lorsque l’humidité croissante empêche le linge de sécher. Bref, la vie n’est pas facile, mais l’échange avec les enfants, le personnel de la pouponnière, les bénévoles et les Sénégalais en général ont été riches d’enseignements pour Mme Moreau. Son expérience sur la terre de la Téranga (hospitalité et accueil sénégalais) peut se résumer en ces quelques mots inscrits sur un mur de la ville de St Louis au nord du pays et pour lesquels Mme Moreau a eu un coup de cœur immédiat : « On ne peut pas écrire en blanc sur du blanc. On ne peut pas écrire en noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. »

D’un paradis à l’autre

Mme Moreau a donc apprécié chaque jour de son voyage comme un cadeau : « J’ai vécu au paradis pendant un an. À présent, je me dois de revenir dans un paradis qui est différent parce que le Yukon, c’est aussi un paradis. » L’envie du voyage est toujours présente et des idées de projets ont déjà germé : « Quand je vais prendre ma retraite, je pense que je vais partir six mois dans l’année et faire du bénévolat dans le même genre d’endroit que la Pouponnière “Vivre ensemble”. Travailler avec les enfants, c’est mon métier et c’est ce que je sais faire de mieux. »

Si vous souhaitez obtenir des renseignements sur la pouponnière, Mme Moreau sera heureuse de répondre à vos questions. Elle est joignable à La garderie du petit cheval blanc.