le Lundi 6 février 2023
le Mardi 24 juin 2014 9:08 Art et culture

Florent Vollant au festival Adäka

Florent Vollant fera partie du spectacle North to North du festival Adäka. Photo : fournie.
Florent Vollant fera partie du spectacle North to North du festival Adäka. Photo : fournie.

Marie-Hélène Comeau

La dernière visite de Florent Vollant au Yukon remonte à 1992, alors qu’il inaugurait la salle de spectacle du nouveau Centre des arts du Yukon au sein du groupe Kashtin. Près d’un quart de siècle plus tard, il est de retour pour partager ses hymnes tissés de paix et de fraternité.

Florent Vollant fera partie du spectacle North to North du festival Adäka. Photo : fournie.

Florent Vollant fera partie du spectacle North to North du festival Adäka. Photo : fournie.

« Partager et aller à la rencontre des autres durant mes tournées m’inspire énormément. En 1992, nous étions trop pris dans cette tornade qu’était Kashtin », confie le chanteur innu, Florent Vollant qui sera sur la scène du festival yukonnais Adäka lors du spectacle North to North. « Je ferai des chansons en français, en anglais ainsi qu’en langue traditionnelle. Je ferai peut-être aussi quelques chansons de l’époque de Kashtin. Pour l’instant, j’ignore combien de temps de scène on me donnera. Je m’ajusterai en conséquence », explique le chanteur qui dit avoir hâte de poser les pieds en sol nordique.

Le Nord canadien n’est pas étranger à celui qui est né au Labrador et a grandi à Maliotenam, une réserve sur la Côte-Nord, un peu à l’est de Sept-Îles, pas loin de la rivière Moisie. En 1984, Florent amorce sa carrière d’auteur-compositeur-interprète et s’active, dès l’année suivante, à la création du Festival Innu Nikamu. Depuis maintenant 30 ans, l’événement musical réunit annuellement quantité d’artistes de plusieurs nations.

« Je faisais partie à l’époque d’un groupe de jeunes qui voulaient faire un rassemblement durant l’Année internationale de la jeunesse. On ne pensait jamais que ce projet allait durer 30 ans », confie-t-il le sourire dans la voix. « On voulait à l’époque trouver un prétexte pour rassembler les gens, alors on a décidé qu’avec la musique, on pourrait atteindre ce but. Je crois beaucoup à la solidarité des communautés et des nations. Cette solidarité se vit autour de l’échange et la musique permet d’offrir un moment pour que cette fraternité se matérialise. Je crois que le festival Adäka a le même esprit, mais en y incorporant d’autres modes d’expression comme la danse et les arts », souligne Florant Vollant.

Entre 1989 et 1995, au sein du groupe Kashtin, Florent enregistre Kashtin, Innu, et Akua Tuta, trois albums qui lui permettent à l’époque de mettre la main sur quatre Félix et de monter sur scène à travers le Canada, ainsi qu’en France, en Belgique, en Corée du Sud, aux États-Unis et en Bolivie.

Au fil des années, Florent Vollant collabore également à de nombreux projets musicaux. Parmi ceux-ci, mentionnons l’album Instinct de Richard Séguin, la bande sonore du film Le Silence des fusils d’Arthur Lamothe et l’album The Native Americans de Robbie Robertson. Le chanteur cadien de la Louisiane Zachary Richard se voit quant à lui offrir la pièce Pagayez, l’un des plus grands succès de son album Cœur fidèle.

À deux reprises ces dernières années, des spectacles du chanteur avaient été annoncés pour le Yukon, puis annulés. À ce sujet, Florent Vollant avoue ne pas comprendre ce qui s’est produit. « Je n’annule jamais mes spectacles. Je crois qu’il y a eu tout simplement de la confusion ou un problème logistique en annonçant ma venue avant que les fonds soient confirmés », souligne-t-il. « C’est une très belle invitation que j’ai reçue d’Adäka et elle me tient à cœur. Je connais quelques artistes-sculpteurs de la Colombie-Britannique qui seront au festival et j’ai très hâte de les revoir. Je suis censé ne rester au Yukon que 24 heures, mais c’est beaucoup trop court. Je dois trouver une façon d’y rester plus longtemps », confie celui qui s’impatiente d’être de retour au nord du 60e parallèle. « Je suis nordique, je suis né au Labrador. Quand je retourne dans ces endroits comme au Yukon, ça me ramène chez moi, je connecte facilement, je suis tout simplement heureux. »