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le Mardi 24 juin 2014 9:12 Scène locale

Consultations pour la construction d’une école secondaire francophone

Le projet de construction de la nouvelle école pourrait se faire d’ici trois ans. Photo : Marie-Hélène Comeau.
Le projet de construction de la nouvelle école pourrait se faire d’ici trois ans. Photo : Marie-Hélène Comeau.

Marie-Hélène Comeau

Le projet de construction d’un bâtiment destiné à accueillir l’Académie Parhélie, l’école secondaire francophone du Yukon prend forme peu à peu. La conjoncture politique semble être bonne en ce moment pour envisager l’amorce de ce projet.

« On est au point où le projet de construction est possible grâce aux relations collaboratives avec le ministère de l’Éducation du Yukon qui se dit ouvert au projet d’une école secondaire », a expliqué d’entrée de jeu le vice-président de la Commission scolaire francophone du Yukon, Jean-Paul Molgat, lors de la consultation publique du 14 juin qui avait lieu à l’École Émilie-Tremblay. Il s’agissait de la dernière rencontre d’une série de consultations qui se sont tenues en juin auprès du Partenariat communautaire en éducation, le personnel, les élèves et les parents de l’École Émilie-Tremblay. « Toutefois, le Cabinet ne s’est toujours pas prononcé à ce sujet », rappelle-t-il.

L’édifice qui abrite l’école francophone Émilie-Tremblay et l’Académie Parhélie ne suffit plus depuis plusieurs années à accueillir tous les élèves du secondaire et du primaire. Des solutions temporaires ont été appliquées comme l’ajout d’annexes portatives, mais le problème demeure. Ce manque d’espace limite donc chaque année les possibilités de programmation empêchant par le fait même de répondre aux besoins des élèves et du personnel enseignant.

Le projet de construction de la nouvelle école pourrait se faire d’ici trois ans. Photo : Marie-Hélène Comeau.

Le projet de construction de la nouvelle école pourrait se faire d’ici trois ans. Photo : Marie-Hélène Comeau.

Le projet de construction d’une école secondaire préoccupe la communauté franco-yukonnaise depuis plusieurs années. Déjà en 2007, la communauté était consultée à ce sujet à la suite de l’achat par l’Association franco-yukonnaise de l’édifice l’Alexandrin.

« La communauté avait à l’époque été consultée sur le projet d’aménager l’Académie Parhélie dans l’édifice l’Alexandrin. La communauté à l’époque s’était prononcée contre le projet préférant la construction d’un centre communautaire scolaire sur le site actuel de l’école », a expliqué Jean-Paul Molgat. « Puis, il y a eu le recours judiciaire entamé en 2009 contre le gouvernement du Yukon, ce qui a ralenti la démarche amorcée », a-t-il ajouté.

Rappelons que le jugement de première instance avait ordonné en 2011 la construction d’une école secondaire pouvant accueillir 150 élèves. La Cour d’appel a annulé en 2014 ce jugement. Sans toutefois se prononcer sur la question de fond, la Cour a ordonné un nouveau procès.

Finalement, en 2013, de nouvelles consultations ont eu lieu lors de la planification de la construction du nouvel édifice de l’École secondaire F.-H.-Collins. L’opinion était sondée quant à l’annexion de l’école secondaire française au nouveau bâtiment en devenant par le fait même une annexe où les élèves de l’école française allaient devoir partager les aires communes comme la cafétéria ou la bibliothèque. Une situation qui avait certains avantages, mais qui avait le potentiel de plonger les élèves dans un milieu anglophone favorisant ainsi l’assimilation. Cette option n’a pas été retenue.

« Aujourd’hui, notre désir est de reprendre le fil de cette consultation », a ajouté Jean-Paul Molgat en spécifiant que le gouvernement du Yukon semble aujourd’hui être prêt à travailler avec la Commission scolaire pour concrétiser le projet de construction de l’école secondaire. C’est d’ailleurs à sa demande que la Commission scolaire a entrepris d’identifier clairement quel type d’école et de programmation la communauté désire et son emplacement.

Les récentes consultations visaient donc à recueillir d’ici la fin de juin les opinions des partenaires franco-yukonnais afin de pouvoir élaborer un projet précis quant à la forme et à l’emplacement.

Un Centre scolaire communautaire

Il est de plus en plus question d’une école secondaire francophone créée à partir du concept de Centre scolaire communautaire. Un concept qui est présent dans presque toutes les communautés minoritaires des provinces canadiennes. Ce type de centre constitue une institution qui regroupe sous un même toit une école homogène française ainsi que les services et locaux à vocation communautaire. Un Centre scolaire communautaire est avant tout une école à laquelle s’ajoutent des services qui peuvent être utilisés à la fois par l’école et par la communauté. Ces services peuvent être très simples ou diversifiés. On peut en effet y retrouver simplement une salle de théâtre ajoutée à l’école ou une diversité de services à la communauté. Il revient à chaque communauté d’identifier ses besoins et ressources.

« La communauté semble appuyer ce concept, pourvu que ce soit d’abord et avant tout une école et non pas un centre communautaire », a souligné Christiane Boisjoly dont les services professionnels ont été retenus pour faciliter le processus de consultation.

Lieu de la nouvelle construction

Les opinions semblent diverger pour ce qui est de l’emplacement du nouvel édifice qui pourrait être bâti sur le même terrain que l’école primaire francophone Émilie-Tremblay, ou ailleurs sur un autre terrain appartenant au ministère de l’Éducation, par exemple à Copper Ridge, Whistle Band, à Riverdale ou attendre qu’un autre terrain se libère.

« L’école selon les plans pourrait être construite d’ici trois ans. Si la communauté décide d’attendre qu’éventuellement un autre terrain se libère et soit acheté par le ministère de l’Éducation, on pourrait parler d’un délai de cinq ans au moins », a précisé Jean-Paul Molgat.

« Le gouvernement fédéral a également exprimé le désir de connaître les intentions de la communauté envers son école secondaire », a confié Edmon Ruest, directeur par intérim de la Commission scolaire francophone du Yukon qui termine sous peu son contrat au moment où l’on apprend que l’actuelle directrice Lorraine Taillefer ne reviendra pas en poste.

« Avec l’embauche d’une nouvelle personne à la direction et le travail à faire à partir des consultations, les commissaires auront un automne chargé », a admis en terminant la rencontre le vice-président de la Commission scolaire.