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le Jeudi 12 juin 2014 9:30 Scène locale

L’abbé Claude Gosselin d’un océan à l’autre

Claude Gosselin retrouvera aux Îles-de-la-Madeleine le type de communauté qu’il a connu au Yukon. Photo : A.B.
Claude Gosselin retrouvera aux Îles-de-la-Madeleine le type de communauté qu’il a connu au Yukon. Photo : A.B.

Marie-Hélène Comeau

C’est finalement aux Îles-de-la-Madeleine dans le diocèse de Gaspé qu’on retrouvera l’abbé Claude Gosselin. Dès le 23 août, il entrera en fonction pour les trois prochaines années au service des huit paroisses des îles.

Claude Gosselin retrouvera aux Îles-de-la-Madeleine le type de communauté qu’il a connu au Yukon. Photo : A.B.

Claude Gosselin retrouvera aux Îles-de-la-Madeleine le type de communauté qu’il a connu au Yukon. Photo : A.B.

« Je suis content de me rendre là-bas. Le Yukon, c’est un peu les îles sans la mer. J’y retrouverai aussi une communauté à mesure humaine », confie Claude Gosselin à propos de cette nouvelle étonnante.

En effet, c’est avec grande surprise à son arrivée à Québec que l’abbé Claude Gosselin apprenait qu’aucun poste de prêtre n’était à pourvoir. Alors qu’il s’attendait à travailler au centre-ville de Québec comme on le lui en avait fait part avant son départ du Yukon, il apprend qu’aucun poste n’est disponible. On ne peut lui offrir alors qu’un poste de vicaire, c’est-à-dire un prêtre qui assiste un curé dans une paroisse catholique. Aucune urgence ne semblait donc justifier le départ précipité de l’abbé Claude Gosselin du Yukon où il a célébré la messe en français pendant près de douze ans.

«Je me suis conformé à la lettre que j’ai reçu du diocèse de Québec qui le réclamait. C’est pour cette raison que l’abbé Claude est parti du Yukon», confirme l’évêque du diocèse de Whitehorse Gary Gordon questionné à ce sujet.

Rappelons que la messe n’a pas toujours été célébrée en français au pays du soleil de minuit. Une fois la ruée vers l’or terminée, il aura fallu attendre au début des années 1990 pour qu’un groupe de Franco-Yukonnais unissent leur force pour fonder le Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod afin de pouvoir rectifier la situation. Le défi à l’époque étant de prouver qu’il y avait un bassin de population catholique pratiquant justifiant l’utilisation de la langue de Molière à la messe. L’évêque de l’époque, Thomas Joseph Lobsinger, avait alors accepté qu’un service en français soit donné hebdomadairement à la cathédrale Sacré-Cœur de Whitehorse, sans toutefois prendre la responsabilité de trouver un prêtre francophone, remettant ce rôle au Comité.

C’est ainsi que le Père Jean-Paul Tanguay a donné officiellement les premières messes en français. L’abbé Claude Gosselin prêté par le Diocèse de Québec était le cinquième prêtre francophone à venir s’établir au Yukon. Il y est resté près de douze ans.

Maintenant que la communauté catholique a fait ses preuves, qu’elle a grandi et passé l’épreuve du temps, elle semble maintenant devoir respecter les règles de l’Église qui stipule que la nomination des prêtres doit se faire par l’évêque. C’est donc l’évêque Gary Gordon, évêque du diocèse de Whitehorse depuis 2006 qui a fait venir de Marseille l’abbé Emmanuel Obidile. Ce dernier a été prêté au Yukon pour une période d’un an.