le Dimanche 29 janvier 2023
le Mardi 3 juin 2014 9:17 Art et culture

De nouveaux élus sortent des coulisses

L’auteur David Beaudemont travaille sur deux nouvelles pièces. (Photo FATCF)
L’auteur David Beaudemont travaille sur deux nouvelles pièces. (Photo FATCF)

Louis-Marie Achille, Francopresse

L’auteur David Beaudemont travaille sur deux nouvelles pièces. (Photo FATCF)

L’auteur David Beaudemont travaille sur deux nouvelles pièces. (Photo FATCF)

La Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada (FATFC) a honoré huit artisans de la scène à l’occasion de sa 10e cérémonie de remise des Prix d’excellence, le 1er juin à Québec. Deux d’entre eux se sont démarqués sur le plan national : David Beaudemont, de la Saskatchewan, et Ludger Beaulieu, du Nouveau-Brunswick.

David Beaudemont a reçu le Prix du Centre des écritures dramatiques Wallonie-Bruxelles. Ce prix d’une valeur de 12 000 $ lui permettra de mettre en œuvre sa pièce À reculons lors d’un séjour d’un mois à Mariemont, en Belgique.

« C’est un pari stupide que je me suis donné avec cette œuvre, raconte l’auteur. Les dix premières pièces seront jouées dans un sens et les dix autres à l’envers. C’est l’histoire de deux personnages, Recto et Verso, qui se retrouvent sur une plage. Recto, un ingénieur, regarde vers le futur tandis que Verso, un psychanalyste, ne jure que par le passé.»

Écrivain depuis une quinzaine d’années et auteur de plusieurs pièces de théâtre et de romans jeunesse, David Beaudemont estime qu’on a « un problème avec le temps. On veut le supprimer alors que futur et passé, c’est une construction de l’esprit. »

Originaire de France, il se réjouit énormément du Prix d’excellence qui va l’aider à peaufiner son œuvre outre-mer. « Ce n’est pas une retraite, j’aime travailler avec des conseillers en dramaturgie. La Belgique a une grande attirance pour le théâtre francophone canadien et la relation est déjà forte. »

David Beaudemont qui vit à Saskatoon travaille sur deux nouvelles pièces. Il estime qu’il est à une étape importante dans sa carrière. « Ce que j’écris ne correspond plus à l’Ouest (canadien), il faut que je me fasse connaître dans l’Est et en Europe pour conquérir de nouveaux publics. »

Deux prix pour l’artiste émergent Ludger Beaulieu. (Photo FATCF)

Deux prix pour l’artiste émergent Ludger Beaulieu. (Photo FATCF)

Ludger Beaulieu veut également donner l’envol à sa toute jeune carrière qui commence plutôt bien. Il a non seulement reçu le Prix national d’excellence RBC pour un artiste émergent, mais aussi celui du Prix spécial Suzanne-Cyr. C’est une première dans l’histoire de la FATFC, présidée par l’auteur Jean-Daniel Lafond.

Le prix Suzanne-Cyr d’une valeur de 5 000 $ rend hommage à la fondatrice de la congrégation Notre-Dame du Sacré-Cœur, de Dieppe, au Nouveau-Brunswick. Il offre un stage dans l’une des deux compagnies de la province membres de l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC).

Ludger Beaulieu effectuera son stage en 2014-2015 à la direction artistique du théâtre l’Escaouette, à Moncton, et ne cache pas sa fierté. « J’assisterai donc Marcia Babineau à l’organisation du Festival à haute voix 2015 et je profiterai aussi de plusieurs rencontres de discussions avec madame Babineau qui seront, selon moi, une partie importante de mon développement professionnel. »

Quant au Prix d’excellence RBC doté de 8 000 $, c’est une grande première pour l’Acadie, après quatre saisons dans l’Ouest et en Ontario. En tant que cofondateur du Théâtre la Cigogne, le lauréat pourra ainsi aller de l’avant avec son projet Icare. Ce texte de Matthieu Girard est inspiré d’un poème d’Herménégilde Chiasson. Il fera l’objet d’un spectacle alliant musique et théâtre où il est question d’exode et de honte.

« Il va sans dire que cette généreuse bourse nous sera indispensable pour la prochaine étape du projet Icare, la production, souligne le jeune diplômé en art dramatique de l’Université de Moncton. Elle servira à financer presque entièrement le budget de ce projet auquel je tiens profondément ».

L’ATFC s’est félicitée que la Fondation ait permis aux huit récipiendaires de recevoir un prix pour la première fois. Son directeur général, Alain Jean, estime que « l’étendue des projets primés démontre bien la vitalité du théâtre franco-canadien dans les trois régions où il se déploie. »

C’est une nouvelle occasion, selon elle, de permettre aux artisans de la scène de s’enraciner dans leur milieu pour y développer leur talent. Les six autres récipiendaires sont : Isabelle Bartkowiak et Joannie Thomas (Moncton), Sarah Migneron (Ottawa), Natalie Feheregyhazi (Toronto), Jean-Philippe Deneault (Saskatoon) et Émilie Leclerc (Vancouver).