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le Vendredi 30 mai 2014 9:28 Art et culture

Whitehorse vue comme un pôle culturel

Éric Dubeau, directeur général de la Fédération culturelle canadienne-française. Photo : M. Girard.
Éric Dubeau, directeur général de la Fédération culturelle canadienne-française. Photo : M. Girard.

Pierre-Luc Lafrance

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), en collaboration avec l’Université Laurentienne de Sudbury, procède à une recherche-étude sur le dynamisme des arts et de la culture au sein des pôles culturels dans la francophonie canadienne. Le but de la recherche : établir les facteurs de vitalité en art et culture au sein d’une communauté, et voir comment l’interdépendance d’un facteur ou d’un autre peut jouer sur la vitalité culturelle d’une communauté. Parmi ses « pôles culturels », les chercheurs ont retenu la ville de Whitehorse.

Éric Dubeau, directeur général de la Fédération culturelle canadienne-française. Photo : M. Girard.

Éric Dubeau, directeur général de la Fédération culturelle canadienne-française. Photo : M. Girard.

Selon Éric Dubeau, le directeur général de la FCCF, l’hypothèse de travail est que la convergence de plusieurs facteurs est déterminante pour avoir une communauté dynamique dans les arts et la culture dans la francophonie hors Québec. « Par exemple, le nombre d’artistes, la présence d’infrastructures (école, centre culturel, journal, radio, galerie, antenne de Radio-Canada), les occasions de rassemblement en art et culture. On veut voir comment cela a un impact sur la vitalité d’une communauté. »

Le choix des pôles culturels a été un travail difficile. « Il y avait une dizaine de personnes qui ont participé à la sélection. Notre organisme compte des partenaires dans 250 communautés. Il a fallu descendre à une vingtaine, tout en s’assurant d’avoir une représentativité géographique et un mélange de milieux urbains et ruraux. On voulait de gros centres, mais aussi de plus petites villes. On se retrouve donc avec six communautés en Acadie, six en Ontario et huit dans l’Ouest et le Nord. » Seul le Nunavut ne sera pas représenté dans l’échantillon. Il y a trois grandeurs de communauté : grande (plus de 300 000 personnes), moyenne (100 000) et petite (moins de 20 000) afin de s’assurer d’avoir une variété de communautés en terme de taille, mais aussi de ressources. Dans les communautés sélectionnées, certaines ont une plus grande vitalité, mais aucune n’est moribonde sur les plans de l’art et de la culture. Le but est de pouvoir comparer deux communautés de même taille et d’identifier quels facteurs font qu’
une est plus dynamique que l’autre.

C’est l’Université Laurentienne qui va coordonner l’équipe de chercheurs universitaires sur ce dossier. Par contre, des gens de chacune des communautés vont s’occuper de gérer les questionnaires. L’étude a été lancée à l’automne 2013. Dans un premier temps, les chercheurs ont peaufiné la méthodologie et le questionnaire. Puis, ils ont fait une revue de la littérature pour recenser et répertorier les recherches des dernières années sur le dynamisme culturel. Cet été, l’étude proprement dite va commencer avec l’envoi de questionnaires à 2 000 répondants et la cueillette de données. Cette étape devrait se terminer en décembre 2015. Après cela, les réponses seront analysées pour déterminer les facteurs de vitalité. Les chercheurs espèrent en tirer quatre à six modèles de communauté dynamique. Il s’agit d’un travail de longue haleine, donc les résultats ne seront pas connus avant le mois de mars 2017.

Selon M. Dubeau, cette analyse sera « aussi utile au Yukon qu‘aux autres communautés francophones ».