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le Mardi 27 mai 2014 9:23 Scène locale

Conférence nord-américaine sur les caribous

Stanley Tomkiewicz a présenté pendant une semaine les colliers émetteurs pour caribous que la compagnie Telonics basée en Arizona propose. Photo : Nelly Guidici.
Stanley Tomkiewicz a présenté pendant une semaine les colliers émetteurs pour caribous que la compagnie Telonics basée en Arizona propose. Photo : Nelly Guidici.

Nelly Guidici

La 15e Conférence nord-américaine sur le caribou s’est tenue du 12 au 16 mai 2014 à Whitehorse au Centre culturel Kwanlin Dün. Plus de 300 personnes originaires du Canada, de l’Alaska, de la Norvège, du Danemark et du Groenland ont discuté des réponses possibles à la question suivante, thème de réflexion de cette année, « La gestion et la conservation du caribou : qu’est-ce qui fonctionne? »

Stanley Tomkiewicz a présenté pendant une semaine les colliers émetteurs pour caribous que la compagnie Telonics basée en Arizona propose. Photo : Nelly Guidici.

Stanley Tomkiewicz a présenté pendant une semaine les colliers émetteurs pour caribous que la compagnie Telonics basée en Arizona propose. Photo : Nelly Guidici.

En 1983, la ville de Whitehorse avait été l’hôte de la toute première Conférence nord-américaine sur le caribou. Cette année fut donc l’occasion d’examiner le travail accompli par la communauté scientifique et les groupes environnementaux au regard de la conservation des populations de caribous.

Le programme de la semaine fut rempli, car les conférenciers avaient en moyenne quinze minutes pour présenter leurs travaux de recherche et répondre aux éventuelles questions du public. Le caribou était présent partout dans la salle, jusque dans les boucles d’oreille en forme de ramure qu’une dame portait fièrement.

« Nous ne voulons pas blesser les animaux, nous voulons les étudier. »

En marge de la conférence, Stanley Tomkiewicz, directeur des programmes environnementaux au sein de la compagnie Telonics, a présenté des colliers émetteurs conçus pour les caribous. Basée en Arizona, Telonics a commencé son activité dans les années 1970 et travaille maintenant avec des universités et des organisations non gouvernementales en Amérique du Nord, du Sud, en Afrique et également en Europe.

Contrairement à l’idée reçue qui veut que poser un collier sur un animal permette de le protéger, M. Tomkiewicz précise : « Il est important de réaliser que poser des appareillages sur les animaux ne les protège pas directement. Nous contribuons indirectement à leur protection en permettant aux scientifiques de collecter des données. Ils peuvent ainsi prendre des décisions en ayant des informations plus complètes. »

Établir une relation avec les Premières nations

La relation avec les Premières nations est aussi très importante aux yeux de M.Tomkiewicz. En effet, il est conscient de l’image négative que certaines personnes autochtones ont des appareillages posés. Réaliste, il explique : « Nous essayons de coopérer avec les Premières nations. Nous essayons de respecter leurs sentiments vis-à-vis des animaux ainsi que leur histoire et leur culture, car nous voulons être sûrs qu’ils se sentent à l’aise avec ce que nous installons sur les animaux. »

Une célébration du caribou

Une soirée gratuite et ouverte au public au Centre des Arts du Yukon le 13 mai au soir a permis d’illustrer la biologie du caribou ainsi que la relation culturelle que les Premières nations entretiennent avec cet animal. Trois films provenant de l’Alaska, de la Colombie-Britannique et du Yukon ont été projetés. L’un d’eux, « Les voix du peuple du caribou » explore la relation et l’attention que différentes communautés nordiques de l’Alaska et du Canada portent au cervidé.

Mary Tizya, une aînée de Old Crow, explique par exemple que le caribou est un animal respecté, car il apporte de la nourriture. Aucune partie de l’animal n’est jetée, y compris les os. La peau, quant à elle, est utilisée pour les travaux de couture. Elle se rappelle : « Il y a très longtemps, mes ancêtres faisaient même des tentes avec la peau de caribou. » Le caribou était donc primordial à la survie des communautés nordiques, car il nourrissait, habillait et abritait les peuples autochtones de l’Arctique. Aujourd’hui, la relation privilégiée qui lie les hommes à l’animal est encore très présente de l’ouest à l’est du Canada, mais également au-delà de ses frontières.