le Lundi 30 janvier 2023
le Lundi 5 mai 2014 9:39 Société

L’Ouest et le Nord collaborent

Francis Kasongo, du Collège Mathieu, et ses collègues du Conseil d’administration du RCCFC : Norbert Roy, du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick; Brigitte Bourdages, du Cégep de Drummondville; Laurier Thibault, directeur général; Claude Harvey, du Cégep de La Pocatière; et Pierre Riopel du Collège Boréal, de Sudbury. (Photo du RCCFC)
Francis Kasongo, du Collège Mathieu, et ses collègues du Conseil d’administration du RCCFC : Norbert Roy, du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick; Brigitte Bourdages, du Cégep de Drummondville; Laurier Thibault, directeur général; Claude Harvey, du Cégep de La Pocatière; et Pierre Riopel du Collège Boréal, de Sudbury. (Photo du RCCFC)

Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

Cours théoriques en ligne, cours pratiques en entreprise. Le Collège Mathieu se développe au rythme du boom en Saskatchewan et se place parmi les établissements clés de formation postsecondaire dans la province. Une collaboration se dessine aussi avec le Collège Boréal, de l’Ontario.

« Tous les secteurs de l’économie ont besoin de main-d’œuvre qualifiée, souligne le directeur général du Collège Mathieu (CM), Francis Kasongo, et les établissements d’éducation ont un rôle essentiel à jouer. »

Francis Kasongo, du Collège Mathieu, et ses collègues du Conseil d’administration du RCCFC : Norbert Roy, du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick; Brigitte Bourdages, du Cégep de Drummondville; Laurier Thibault, directeur général; Claude Harvey, du Cégep de La Pocatière; et Pierre Riopel du Collège Boréal, de Sudbury. (Photo du RCCFC)

Francis Kasongo, du Collège Mathieu, et ses collègues du Conseil d’administration du RCCFC : Norbert Roy, du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick; Brigitte Bourdages, du Cégep de Drummondville; Laurier Thibault, directeur général; Claude Harvey, du Cégep de La Pocatière; et Pierre Riopel du Collège Boréal, de Sudbury. (Photo du RCCFC)

Le CM est depuis janvier membre du Comité consultatif de l’enseignement supérieur de la Saskatchewan. Avec les deux universités et le collège anglophones, il participe au développement d’une vision pour 2030 fondée sur l’innovation, la citoyenneté active et la compétitivité économique.

Cette reconnaissance du CM a engendré une demande d’accréditation auprès du ministère de l’Enseignement supérieur. « Le Collège est un établissement privé depuis sa fondation en 1918, rappelle le directeur général. Au fil des ans, les besoins ont augmenté, mais le financement ne suit pas. »

Des discussions ont eu lieu et le ministre est allé visiter le campus principal à Gravelbourg en avril. « On demande d’être reconnu officiellement comme institution provinciale avec un financement public. C’est un virage important pour le Collège », estime Francis Kasongo.

Le CM offre des programmes en petite enfance, en aide pédagogique, en soins de santé et en gestion d’évènements. Comme la province connaît une pénurie de soudeurs, les autorités ont demandé l’aide du CM. Un programme est en voie de réalisation, en collaboration avec le Collège Boréal. Les deux sont membres du Réseau des cégeps et collèges francophones du Canada (RCCFC), dont les gouvernants se sont réunis le 23 avril à Regina.

« C’est un nouveau créneau pour nous, signale Francis Kasongo, on a besoin de l’expertise de Boréal pour développer le programme. » Une délégation se rendra à Sudbury à l’automne et on espère accueillir une première cohorte d’étudiants à l’automne 2015. Pour sa part, Boréal songe à importer l’expertise du CM dans la formation en gestion d’archives.

Comme certains cégeps au Québec, Boréal s’intéresse à la formation en ligne, une des spécialités de l’Ouest canadien. « On dit qu’au Québec, il y a un cégep à tous les coins de rue, lance Francis Kasongo. Ce n’est pas le cas dans notre région et c’est pourquoi on est bien avancés pour les cours à distance. »

Un consortium des 20 collèges de l’Ouest et du Nord a été fondé en février pour la mise en commun de l’offre de cours en ligne et le partage d’effectifs à distance. « On veut faire en sorte, précise le directeur général du CM, que nos étudiants aient plus de choix et que nous ne soyons pas limités par le nombre d’inscriptions dans notre province. »

Le RCCFC a soutenu la formation du Consortium, signale son directeur général Laurier Thibault. « La mise en commun des bonnes pratiques et le partage des programmes et de ressources sont importants dans notre réseau. Si on offre des programmes en français dans chacune des provinces, ça ne fonctionne pas si les cohortes ne sont pas au rendez-vous.

« Au départ, selon le gestionnaire, on parle de formation à distance. La mobilité, c’est important aussi, mais plus difficile à faire. C’est une compétence en soi. Les gens qui ont une expertise, s’ils ont pris l’habitude de se déplacer pendant leurs études, c’est un avantage. Si on est toujours resté dans son village, on n’est pas tenté de se déplacer quand se présente une opportunité à distance. » Fin mai, le RCCFC présentera au Comité permanent des langues officielles des Communes un projet pour favoriser les échanges entre les collèges.

Le RCCFC appuie aussi les efforts dans la région de l’Ouest et du Nord pour l’accréditation des programmes. « L’arrimage de la reconnaissance des crédits entre les collèges est très important, selon Laurier Thibault. Il faut que la formation en français soit reconnue entre les provinces. C’est comme ça qu’on va favoriser les échanges dans la région. »

Le directeur général insiste sur l’importance des efforts d’accréditation provinciale du Collège Éducacentre, de Vancouver, et du Campus Saint-Jean (CSJ), d’Edmonton. Un pionnier de la formation à distance, Éducacentre offre une demi-douzaine de programmes dans les régions du Nord. Le CSJ mettrait l’accent sur une formation en techniques administratives et en tourisme, en partenariat avec le Cégep de Matane.

Sur ses trois campus, le CM compte présentement plus de 400 inscriptions, dont 250 en éducation des adultes. « Toutes nos formations collégiales sont créditées, soutient Francis Kasongo, et le taux de placement de nos étudiants est de 100 %. » Environ 30 000 étudiants par année reçoivent une formation collégiale en français en milieu minoritaire, incluant l’Ontario et l’Atlantique.