le Jeudi 2 février 2023
le Vendredi 2 mai 2014 8:46 Scène locale

Technologie au Yukon : un bilan mitigé

Pierre Chauvin

Les Yukonnais sont parmi les Canadiens qui paient le plus cher pour leur accès à Internet. Certains des équipements utilisés par le gouvernement du Yukon sont désuets comme l’a relevé un rapport récent du vérificateur général du Canada sur les services à la famille et à l’enfance du Yukon.

Le répertoire des clients repose sur le système d’exploitation DOS, dont l’interface graphique se limite à des commandes que l’on entre à l’aide d’un clavier. « Dans les collectivités rurales, les employés doivent parfois attendre jusqu’à 20 minutes avant que le système ne reconnaisse une frappe », note le vérificateur général dans son rapport. « Comme la plupart des employés ne connaissent pas le langage de système d’exploitation, ils peuvent facilement faire des erreurs qu’ils sont incapables de corriger. »

Ce système avait été introduit en 1999 en tant que « correcteur de bogue dans le cadre du passage à l’an 2000 des systèmes informatiques ». Ce constat sur les équipements au ministère de la Santé et des Affaires sociales est-il valable pour d’autres secteurs du gouvernement? Interrogé sur le sujet, Sean McLeish, directeur de l’information au ministère de la Voirie et des Travaux publics, nous explique qu’il est incapable de répondre à une telle question : les réparations et remplacements sont faits au cas par cas, en fonction des demandes.

Du côté de la Ville, l’état des lieux est assez différent : les équipements sont régulièrement changés, et avec son propre réseau interne qui comporte les bâtiments les plus importants – dont le Centre des Jeux du Canada — la Ville pourrait à continuer à fonctionner même lors d’une panne Internet. En outre, la Ville possède son propre centre de données situé à Whitehorse.

Internet

Pour encore quelques années, le temps qu’il faudra au gouvernement pour faire construire un deuxième câble de fibre optique, le Yukon sera vulnérable à des coupures d’accès à Internet.

La décision récente du gouvernement d’allouer 600 000 $ à une étude de rentabilité pour ce second câble est de bon augure pour les consommateurs : cela pourrait à terme briser le monopole de Northwestel et forcer une baisse des prix sans intervention musclée du CRTC.

« Le Yukon a besoin d’un réseau de télécommunication à large bande, rapide et fiable, capable de faire avancer l’économie et de stimuler la croissance », a déclaré le premier ministre du Yukon, Darrell Pasloski, lors du discours sur le budget le 25 mars dernier.

Le gouvernement va aussi investir un demi-million de dollars pour améliorer l’infrastructure existante et permettre l’arrivée de la 4G au Yukon.

Les prix élevés des fournisseurs d’accès à Internet restent cependant un problème à l’échelle du Canada. En 2013, le président-directeur général de Netflix — qui fournit des films à voir en diffusion en continu pour un abonnement mensuel — avait qualifié le niveau d’accès à Internet au Canada de « presque digne du tiers-monde », ajoutant que celui-ci était « exagérément hors de prix ».

Une étude réalisée la même année par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) démontrait que le Canada figurait parmi les dix pays membres de cette organisation où l’accès à Internet était le plus dispendieux.