le Dimanche 5 février 2023
le Vendredi 2 mai 2014 8:44 Art et culture

Le capitaine Helo est demandé au téléphone

Tahmoh Penikett, un visage, une carrure, une carrière. Photo : fournie.
Tahmoh Penikett, un visage, une carrure, une carrière. Photo : fournie.

Fred Lauk

Sur les traces de Superman, Lois Lane fait une halte dans le Grand Nord canadien. Qui est là pour l’accueillir? Un robuste gaillard à la mâchoire carrée, un certain Jed Eubanks qui n’est autre que Tahmoh Penikett, un acteur qui joue beaucoup dans des productions de science-fiction, fils de Tony Penikett, l’ancien Premier ministre du Yukon.

L’acteur qui aura 39 ans le mois prochain vit désormais à Vancouver, mais il a accepté de s’entretenir avec moi par téléphone.

Il est 16 h et j’attends son coup de fil. Ça n’a pas été facile de l’avoir, avec son agent, nous avons échangé pas moins de trente courriels. Mais il devrait appeler. Il faut bien l’avouer, je me sens comme quelqu’un qui va revoir une fille rencontrée dans un bar un peu tard…

Ça sonne, je vais la jouer « décontracté ».

Aurore boréale (A.B.) : Oh! salut, merci de me téléphoner. Tu étais en train de faire quoi?

Tahmoh Penikett (T.P.) : C’est un plaisir. J’étais en réunion pour le film « Painkillers » avec Colm Feore.

A.B. : Connais pas!

T.P. : Mais si, je suis sûr que tu l’as vu dans « Bon cop, bad cop » c’est un des plus célèbres films canadiens.

A.B. : Bon, je regarderais. Sinon, tu es de Whitehorse, tu y es resté jusqu’à quel âge?

T.P. : « Born and raised ». J’y suis resté jusqu’à 20 ans. Après, j’ai un peu voyagé, tu sais, sac au dos. Je suis allé du côté de l’île de Vancouver et aussi à Vancouver. Ensuite, quand mes parents s’y sont installés, j’y ai fait mes études de comédie.

A.B. : Tu reviens parfois au Yukon?

T.P. : Pas autant que je voudrais. Je suis resté un long moment sans y revenir, puis l’automne dernier, on a fait huit jours de chasse, c’était excellent. Il faut que je fasse des plans pour revenir.

A.B. : Tu y as toujours des amis?

T.P. : Oui, mais pas mal d’entre eux sont venus dans le Sud.

A.B. : Parce que là, tu habites Vancouver?

T.P. : Je fais pas mal d’allers-retours entre Vancouver et Los Angeles. J’ai tourné à Calgary aussi. Toi, ça fait longtemps que tu es dans le coin?

A.B. : Non, juste un an, mais j’adore. D’ailleurs, tu sais que je travaille pour un journal francophone. Tu parles français?

T.P. : Tu sais quoi, quand j’étais petit, j’étais dans une classe d’immersion en français. Une des toutes premières. Et je parlais couramment. Maintenant, à force de ne plus pratiquer… mais je me suis promis de m’y remettre!

A.B. : Justement, que fais-tu quand tu ne travailles pas?

T.P. : Je fais de la boxe thaïlandaise depuis un moment, je viens de me mettre au Krav Maga et j’aime bien. Je m’entraîne aussi au maniement des armes. Également du snow board, de la randonnée…

A.B. : Ah oui! Tu es mi-sports de plein air, mi-combat, en fait! Le maniement des armes et les arts martiaux, c’est pour tes rôles, je suppose?

TP : Hé hé, oui, je me définirais comme un homme actif. Eh oui, l’entraînement fait partie de ma profession. Je me dois d’être parfaitement en forme.

A.B. : Tu définirais comment le métier d’acteur?

T.P. : Comme un conteur. On raconte des histoires aux gens. Et quand le réalisateur est en cohésion avec les acteurs, scénaristes… on fait des merveilles.

A.B. : Justement, quels films t’inspirent?

T.P. : J’aime énormément Martin Scorsese. Pour « Comme un taureau sauvage », ou « Les affranchis ».

A.B. : Oui, c’est grandiose! Qu’as-tu pensé de son dernier long-métrage? « Le loup de Wall Street »?

T.P. : La performance d’acteur était géniale, j’adore Leonardo DiCaprio, mais le film est sorti bien trop tôt. Tu vois, même s’il prend place dans les années 1990, il fait écho au scandale financier qui s’est passé récemment. Que tous ces gens qui se sont fait spolier voient l’impunité vis-à-vis de ce courtier me fait protester.

A.B. : Oui, mais c’est la même chose dans les « Affranchis », non? On voit des mafieux être glorifiés.

T.P. : C’est une question de punition. Si tu regardes bien, les mafieux meurent ou prennent vingt ans de prison. [Jordan Belfort] n’a fait que quatre ans et maintenant il gagne sa vie en donnant des conférences.

A.B. : Tu parles de Scorsese, comment tu pourrais faire pour jouer pour lui?

T.P. : Ah, ce serait le rêve! C’est un génie. J’ai adoré sa série « Boardwalk Empire ». Je n’ai pas encore passé une audition pour un de ses films, tu sais la file d’attente est longue. Mais si c’était le cas, je me plierais en quatre pour y arriver.

A.B. : Tu as déjà travaillé pour Zack Snyder, c’est énorme!

T.P. : Ah oui, il est fantastique, il sait prendre son temps. « L’homme d’acier », c’était une super occasion de rencontrer des acteurs récompensés comme Amy Adams. C’est un petit cœur!

A.B. : Elle est sublime. Et entre acteurs, vous sortez parfois?

T.P. : Oui, il y a ces fêtes à Los Angeles où on fait des rencontres, on « socialise ».

A.B. : Tu traînes avec qui?

T.P. : On est pas mal soudés avec l’équipe de Battlestar Galactica. Ils sont super. Edward Olmos, Mary Mc Donnell…

AB : … Katee Sackhoff, je l’adore! Tu ne pourrais pas m’arranger un rendez-vous avec Katee Sackhoff?

T.P. : Hé hé hé, j’aimerais bien. C’est une fille super.

A.B. : Dans ta filmographie, on note beaucoup de rôles dans le domaine de la science-fiction, c’est voulu, je suppose.

T.P. : Non, ce n’est pas un choix. Tu vois, « Battlestar » a eu un tel succès que je me suis vu proposer surtout des rôles de SF. Mais j’aime beaucoup ça.

A.B. : Quel rôle t’a le plus marqué?

T.P. : Celui du Capitaine Helo de « Battlestar ». C’est là où j’ai le plus appris, où j’ai rencontré les gens les plus charmants. C’est vraiment une série de qualité.

A.B. : Oui, qui traite de la Seconde Guerre mondiale, des questions ethniques, religieuses. À propos, j’ai vu sur Facebook que tu avais lu un article sur Equinox, la super héroïne autochtone de comics. Tu es toi-même à moitié Première nation.

T.P. : Oui, par ma mère. J’ai lu un épisode et je trouve l’idée super. On ne voit pas beaucoup de Premières nations dans les médias et je suis sûr que cela va aider. Je vais suivre la série.

A.B. : Quand les personnes te reconnaissent dans la rue, comment t’appellent-ils?

T.P. : Souvent Paul Ballard à cause de la série « Doll house », ou capitaine Helo.

A.B. : Ça doit aider… avec les filles!

T.P. : Hé hé hé, je suis sûr que oui, mais je suis avec une femme magnifique que j’aime.

A.B. : Quels sont tes projets?

T.P. : Je viens de décrocher un rôle dans « Reign », une série sur la royauté au XVIe siècle, sinon je continue « Supernatural », tu me verras bientôt dans « Painkillers », un film qui se passe en Afghanistan.

A.B. : J’ai hâte. Merci beaucoup, Tahmoh.

T.P. : Merci, prends soin de toi.