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le Mercredi 16 avril 2014 15:34 Société

FACES : Lorsque l’enseignement pédagogique se transporte hors des murs de la classe

En 2012, dix-huit élèves avaient participé au programme de formation FACES.
Crédit photo : Mathieu Langlois
En 2012, dix-huit élèves avaient participé au programme de formation FACES. Crédit photo : Mathieu Langlois

Marie-Hélène Comeau

C’est officiel, le programme d’éducation de plein air conçu pour les étudiants de la 10e année parlant français, FACES (French Achievement Stewardship), sera de retour pour la prochaine année scolaire au Centre de la rue Wood. Le nombre d’inscriptions d’élève permet au programme d’être offert pour une deuxième édition.

« Nous procédons en ce moment à la sélection des dix-huit élèves qui feront partie du programme FACES. D’ici quelques semaines, nous saurons si le programme sera offert à la session d’automne ou à celle de l’hiver 2015 », explique Karine Bélanger, enseignante des sciences naturelles des 8e, 9e et 10e années au programme d’immersion française F.H.-Collins et initiatrice du projet FACES qui est enseigné au Centre de la rue Wood, une division de l’école secondaire située au centre-ville de Whitehorse. « Le programme existe seulement si les élèves le désirent. S’il n’y a pas assez d’inscriptions, alors le programme ne peut pas être enseigné comme ce fut le cas l’an dernier », explique-t-elle, visiblement heureuse de voir que le nombre d’inscriptions est cette fois-ci au rendez-vous.

FACES est un programme pédagogique qui permet aux élèves de la 10e année d’apprendre les sciences naturelles et les sciences humaines, incluant les notions liées à l’environnement, ainsi que de pratiquer l’éducation physique et le plein air dans un contexte francophone. Bien que ce ne soit pas un critère de sélection, il fait suite au programme de plein air de la 9e année, c’est-à-dire PASE qui est enseigné par Alain Dallaire.

« Je voyais chaque année les élèves qui revenaient du programme PASE heureux, possédant une belle fluidité en français. J’ai donc commencé à encourager les parents et les élèves à faire la demande pour que le programme soit également offert en 10e année pour permettre ainsi aux élèves de prolonger cette expérience. Toutefois, si je voulais que cette idée se concrétise, j’ai vite réalisé qu’il fallait que je m’implique moi aussi en créant et en proposant le projet au ministère de l’Éducation du Yukon. C’est comme ça que le projet est né », explique Karine Bélanger.

Durant le programme scolaire, la classe prend la forme de voyages à vélo sur les routes du Yukon et de l’Alaska, d’expéditions de canot sur les cours d’eau du territoire, de voyage de raquette et de ski dans l’arrière-pays. Le trajet des sorties en plein air est prédéterminé, mais ce sont les jeunes qui doivent organiser tout ce qui est connexe à l’expédition, comme le matériel et la nourriture.

« Chaque élève doit penser à préparer durant l’expédition de canot un souper pour 22 personnes. Si le souper de l’élève est prévu pour le jour huit de l’expédition, alors il doit en prévoir la préservation en conséquence, tout comme les allergies alimentaires des membres du groupe ou les repas végétariens », explique Karine Bélanger qui supervise toutes les étapes de préparation des élèves. « Il y a beaucoup de place dans toutes les étapes du projet pour le développement des habiletés de leadership des élèves qui en ressortent avec une belle assurance », confie celle qui a été initiée à ce type d’enseignement dès son arrivée au Yukon en 1992 alors qu’elle travaillait comme monitrice de français à l’École Émilie-Tremblay aux côtés de Jean-François Blouin. Des années plus tard, nouvellement munie de son diplôme d’enseignement, elle n’hésite pas à organiser avec ses classes des sorties de plein air, dont le camp culturel des élèves de 8e année en immersion française. Il semblait donc tout naturel de voir émerger chez l’enseignante yukonnaise son désir de mettre un jour sur pied le programme FACES.

« Le programme permet aux jeunes d’améliorer grandement leurs compétences du français, car tout se déroule exclusivement dans cette langue. Ils deviennent plus confiants en eux et compétents. La progression est frappante tout au long du projet », confie-t-elle. « Je me souviens », poursuit-elle en se remémorant la première année du projet. « Un jour de grands vents et de neige alors que nous campions et que je croyais le moral des troupes à plat, je me suis rendue à l’une des tentes des élèves pensant y trouver des jeunes découragés exprimant leur frustration en anglais. J’ai été surprise d’y trouver les élèves affairés à écrire de la poésie dans leur journal de bord. C’est un outil de réflexion complété quotidiennement durant les expéditions. Ils arrivaient à connecter avec eux-mêmes en faisant l’expérience de vivre dans leur deuxième langue. Ça confirmait que j’étais sur la bonne voie », ajoute Karine Bélanger déjà trépidante d’impatiente à la perspective d’entreprendre cette deuxième édition du programme.