le Lundi 30 janvier 2023
le Jeudi 3 avril 2014 8:12 Courrier

Qui a étouffé l’étude de Postes Canada sur les services bancaires?

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Postes Canada et les conservateurs veulent mettre fin à la livraison du courrier à domicile et imposer une hausse draconienne des tarifs postaux aux petites entreprises, aux organismes caritatifs et aux particuliers. De telles mesures auront des conséquences négatives pour la population, et elles détruiront le service postal public. De plus, ces mesures risquent d’ouvrir la voie à la privatisation. Quelles autres options pouvons-nous envisager pour faire face au déclin des volumes de courrier traditionnel?

La réduction des services ne représente pas la seule solution possible.

De 2009 à 2013, Postes Canada a mené une étude sur la possibilité d’offrir des services bancaires. Un journaliste d’enquête ayant présenté une demande d’accès à l’information a pu mettre la main sur le rapport de cette étude de 811 pages, dont 701 avaient été censurées. Postes Canada refuse de discuter de cette étude. Sur les pages non censurées, la prestation de services bancaires est décrite comme étant une stratégie gagnante ayant déjà donné de bons résultats en Nouvelle-Zélande, en Autriche, en France et en Belgique.

À l’heure actuelle, les grandes banques dominent le secteur financier. Depuis les années 1990, près de 3 000 succursales bancaires situées dans de petites localités ont fermé leurs portes, laissant ainsi les populations rurales devant un choix très limité en matière de services bancaires. Les gens sont nombreux à devoir recourir aux prêteurs sur salaire, dont les taux d’intérêt sont usuraires, pour effectuer des transactions financières courantes. Grâce à son vaste réseau de bureaux de poste publics présents partout au pays, même dans les localités les plus petites et les plus isolées, le service postal public s’avère le meilleur moyen de fournir des services financiers aux personnes qui en ont le plus besoin. Autrement dit, le besoin est réel et la prestation de services bancaires représente une véritable solution au déclin des volumes de courrier traditionnel, une solution injustement écartée au Canada, alors qu’aux États-Unis, elle est envisagée.

L’étude de Postes Canada a pris fin en octobre 2013, tout juste avant l’annonce des compressions. Quelqu’un a décidé d’étouffer l’idée de fournir des services bancaires. À la place, Postes Canada obligera des millions de personnes à aller chercher leur courrier à une boîte postale communautaire et transférera une partie de ses coûts aux municipalités et aux collectivités. De façon générale, il nous faudra payer plus cher pour des services moindres.

Pourquoi ne pouvons-nous pas discuter des possibilités qu’offre la prestation de services bancaires pour à la fois sauver Postes Canada et servir des millions de personnes? Plutôt que d’adopter la stratégie gagnante que représente la prestation de services bancaires, les conservateurs et leurs laquais à Postes Canada optent pour une stratégie perdante qui consiste à mener le service postal public au bord du précipice.

Le caractère secret des décisions qui ont été prises et l’absence d’obligation de rendre des comptes devraient tous nous préoccuper. Les gens doivent être mis au courant de toutes les options possibles, et non de la seule et unique voie que le gouvernement Harper et Postes Canada prévoient nous faire emprunter et qui mène tout droit au désastre.

Denis Lemelin
Président national
Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes

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