le Dimanche 29 janvier 2023
le Jeudi 3 avril 2014 8:38 Société

Guérir au contact de la terre et de la culture autochtone

Phil Gatensby (au centre) accompagne une aînée lors de sa prière devant le feu sacré au premier jour de la conférence le 25 mars. Photo : Nelly Guidici.
Phil Gatensby (au centre) accompagne une aînée lors de sa prière devant le feu sacré au premier jour de la conférence le 25 mars. Photo : Nelly Guidici.

Nelly Guidici

Du 25 au 27 mars, une centaine de personnes originaires de toutes les parties du Canada, du Québec aux Territoires du Nord-Ouest en passant par la Saskatchewan, ont partagé, écouté et échangé leurs savoirs sur la culture et la guérison traditionnelle au contact de la terre.

Une tente prospecteur installée près du foyer du Centre culturel Kwanlin Dün est le signe qu’un événement important a lieu, car les gardiens du feu sacré veillent sur le feu pendant toute la durée de l’événement, nuit et jour. L’événement en question est profondément connecté au territoire, puisqu’il s’agit de la conférence sur la guérison organisée par la première nation Kwanlin Dün : « Guérir ensemble au contact de la terre et de la culture : un rassemblement de la sagesse. »

Partager le savoir à travers l’enseignement du centre de guérison de Jackson Lake

Le centre de Jackson Lake au Yukon est situé à 20 minutes de Whitehorse et a entrepris son programme de guérison à l’été 2010. Au contact de la terre et en immersion totale avec les éléments naturels pendant quatre semaines, les personnes qui participent au programme n’ont pas de contact avec l’extérieur, car les équipements électroniques tels que les cellulaires ne sont pas autorisés. Faisant face à des problèmes de dépendance, les participants au programme profitent des savoirs, enseignements et soutien d’une équipe rodée depuis plusieurs années afin de favoriser la guérison mentale, spirituelle, émotionnelle et physique.

Phil Gatensby, originaire de Carcross, collabore au projet depuis le début et participe en tant qu’initiateur du processus de guérison depuis vingt ans à travers toute l’Amérique du Nord. Sa profonde compréhension de la nature humaine lui permet d’aller de l’avant lorsqu’il accompagne quelqu’un sur le chemin de la guérison.

Les méthodes du centre de Jackson Lake sont implantées dans les valeurs traditionnelles des Premières nations et proposent, de ce fait, un programme de guérison unique au Canada.

Nora McIntosh qui a bénéficié du programme explique : « La terre a une signification particulière pour moi, j’en tire un grand soutien. »

Un autre aspect unique de l’endroit est que le programme ne s’adresse pas seulement aux membres des Premières nations, mais à tous les résidents du Yukon qui souffrent et cherchent un autre moyen de guérir, une façon ancrée dans les savoirs ancestraux autochtones.

Le premier ministre Darrell Pasloski, lors de son discours le 25 mars, a annoncé que le centre de Jackson Lake allait profiter d’une subvention de 1 million de dollars sur les trois prochaines années afin de soutenir le programme et les infrastructures.

Savoir d’où l’on vient pour aller de l’avant

Jeanie Dendys est la directrice du département de la justice au sein de la Première nation Kwanlin Dün. Une plume dans la main droite, elle explique à l’auditoire que le centre apporte et continuera d’apporter de l’espoir, car tout est possible. L’annonce de la subvention par M. Pasloski est une grande nouvelle. « Le financement signifie énormément pour le futur. Il sera utilisé pour les infrastructures, mais également pour le soutien apporté après la fin de la session. » En effet, les séances proposées par le centre ont lieu pendant l’été. Or, il apparaît que la période de reprise de contact avec l’extérieur est difficile pour les participants, car les tentations de la ville sont grandes. Jack Bogaard, l’un des cinq gardiens du feu sacré, aujourd’hui sur la voie de la guérison explique : « Le retour à la société est très difficile. Changer mon mode de vie est un choix que je fais tous les jours. »