le Mardi 7 février 2023
le Mardi 18 février 2014 10:34 Scène locale

Le cadenas du futur n’a pas de clé et il est yukonnais

Gord Duncan et son invention. Photo : Fred Lauk.
Gord Duncan et son invention. Photo : Fred Lauk.

Fred Lauk

De moins en moins de poids dans les poches, la possibilité d’autoriser l’accès à une tierce personne, mais aussi se servir d’un objet vraiment cool, ce sont les vocations de Teo (pour Tranferable Electronic Operation).

La technologie Bluetooth, c’est fantastique. Remplaçant les fils de connexion entre les appareils électroniques, cette technologie radio courte distance permet de connecter à son téléphone intelligent un casque audio, un appareil photo, une voiture… Et maintenant, un cadenas. Désormais, pour détacher sa bicyclette, ouvrir son casier de gymnase ou sa cabine, il ne faudra qu’approcher son téléphone portable. Classe.

Mais quelle innovation notable procure un tel objet? Hormis bien sûr jouer les Marty McFly ou autre Ethan Hunt lorsqu’on l’utilise! Eh bien, du fait de sa constante liaison au « nuage » de données informatiques, il sera possible d’autoriser une tierce personne à accéder à son cadenas pour une durée déterminée ou non. Le lycéen pourra ainsi permettre à un ami étourdi d’ouvrir son casier pour lui prêter son livre de philo.

Pour les entreprises, la possession d’un parc de Teo pourra permettre à des employés d’accéder à des cabines, des bateaux, des cabanes de chantier, etc. On imagine aisément les nombreuses applications dans l’immobilier ou l’industrie.

Et cerise sur le gâteau, en cas de perte ou de vol du téléphone portable, la clé électronique peut être renouvelée aisément. Nul besoin de changer son cadenas. Mais il n’en est pas moins inviolable pour autant. La sécurité est une des pierres angulaires du projet.

L’idée a germé dans le cerveau fertile de Gord Duncan en 2011, alors qu’il était en vacances au Costa Rica : il s’imaginait les conséquences pénibles de la perte des clés de son véhicule loin de sa zone de confort. S’intéressant de près à la technologie Bluetooth à faible énergie, c’est naturellement que l’idée lui est venue. Le Yukonnais de naissance n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’il a déjà d’autres inventions à son actif et d’autres à venir. L’inventeur est par ailleurs président et propriétaire de la Société Total North Communication.

Afin d’amortir les coûts de développement colossaux générés par Teo, Gord Duncan a fait appel au financement participatif, par l’entremise de la plateforme Kickstarter, à hauteur de 165 000 dollars, une partie seulement de la somme à mettre sur le tapis pour matérialiser ses ambitions.

Le coût total d’un tel projet est colossal, on est loin de l’invention griffonnée sur une nappe en papier et bricolée dans un garage crasseux. Le prototype a été élaboré en collaboration avec une entreprise de Vancouver, et l’indispensable logiciel de gestion des cadenas développé avec des Hollandais, quelques entreprises asiatiques seront également impliquées dans l’aventure.

Outre l’éventualité de financer une grande partie du coût de développement, la visibilité sur Kickstarter a permis à Gord Duncan d’avoir un aperçu des attentes du grand public, ainsi qu’un éventail de questions que le quidam peut se poser.

L’approbation du public ainsi obtenue, le sympathique Yukonnais s’est escrimé à acquérir celle de ses pairs. Ainsi, lors du colloque Wavefront « Machine to Machine » au début du mois à Vancouver, le projet Teo a connu un vif intérêt auprès de ces spécialistes du sans-fil. Ces derniers lui ont même décerné le prix du « produit le plus susceptible de réussir ». Il sera présent à l’important Canadian Financing Forum qui se tient cette semaine à Vancouver.

À ce jour, les prototypes sont très proches du produit final, la production devrait commencer prochainement. Le Teo sera sur le marché au mois de décembre pour un prix de 79 dollars.

Le financement participatif a permis de réunir un peu plus de 50 % de la somme grâce à près de sept cents personnes qui ont donné entre un et huit mille dollars (pour des lots correspondants).

Le projet a jusqu’au 7 mars pour être financé intégralement ou la somme sera reversée aux financeurs. Si tel est le cas, M. Gord trouvera une autre source de financement, car, explique-t-il, « ce projet a un gros potentiel, et nous sommes bien déterminés à le mener à terme. »