le Lundi 6 février 2023
le Lundi 3 février 2014 13:08 Scène locale

Le compostage revu et amélioré pour la Ville de Whitehorse

John Streicker, conseiller municipal; Dan Curtis, maire de Whitehorse; Ryan Leef, député conservateur du Yukon; et le ministre Brad Cathers lors de l’annonce d’investissement de capitaux pour le traitement des déchets à Whitehorse. (Photo : fournie)
John Streicker, conseiller municipal; Dan Curtis, maire de Whitehorse; Ryan Leef, député conservateur du Yukon; et le ministre Brad Cathers lors de l’annonce d’investissement de capitaux pour le traitement des déchets à Whitehorse. (Photo : fournie)

Marie-Hélène Comeau

De récents aménagements permettent désormais à la Ville de Whitehorse d’offrir le service de compostage auprès de ses restaurateurs. Ces améliorations contribueront ainsi à réduire le volume de déchets solides acheminés vers le site d’enfouissement qui affichera complet si rien n’est fait d’ici quatre décennies.

« Nous visons une réduction de 50 % du volume des déchets solides d’ici 2015 et de 100 % d’ici 2040 », précise le maire de Whitehorse, Dan Curtis. « Car, si rien n’est fait, le site de décharge de la ville atteindra rapidement sa pleine capacité. »
Jusqu’à tout récemment, le système qui était en place ne permettait pas la gestion des déchets organiques provenant du secteur commercial et industriel de la ville. Ces déchets prenaient donc le chemin de la décharge s’amalgamant aux déchets solides.

« Il est important de ne pas mettre ensemble les matières putrescibles comme les végétaux et les restes alimentaires et les matières solides. Car, mélangées aux déchets solides, les substances organiques produisent un acide qui décompose les éléments chimiques contaminant par la suite le sol, en plus de contribuer à l’augmentation du volume de déchets, ce que nous ne pouvons plus nous permettre », résume Bryna Cable, coordonnatrice en environnement pour la Ville de Whitehorse. « Les changements qui viennent d’être apportés à nos installations nous permettront de traiter les déchets différemment dans le but de réduire le taux de mélange des matières organiques aux matières solides », ajoute-t-elle.
Les améliorations apportées à l’installation de traitement des déchets solides comprennent le nettoyage du site et l’installation de clôtures, la création d’une zone d’entreposage et d’entretien, ainsi que l’aménagement d’un espace pour l’ensachage du compost. Le nouvel équipement de compostage qui comprend un tamis industriel, une chargeuse frontale et un mélangeur à vrille vertical, favorisera l’accélération du processus de compostage et accroîtra l’efficacité de l’installation en général.

Un partenariat yukonnais privé et public

La gestion du processus de compostage est assurée par un PPP, c’est-à-dire un partenariat privé et public avec la Ville de Whitehorse et la compagnie Boreal Compost. Il s’agit d’un projet pilote de deux ans qui sera réévalué en mai 2014.
Une fois le compost prêt à être utilisé, 20 % du produit est utilisé dans les parcs municipaux. Le reste étant vendu au magasin Canadian Tire du centre-ville, dont 66 % des profits de la vente sont versés à la Ville.

« La saison dernière, plus de 5 000 sacs de compostage ont été vendus », souligne Garette Gillespie, propriétaire de l’entreprise yukonnaise Boreal Compost qui est passée maître dans l’art du compostage au territoire. « L’annonce du mois dernier reflète simplement le travail qui est en cours depuis plus de cinq ans. Cela signifie une plus grande capacité d’expansion, l’augmentation du réacheminement des déchets, et plus de compost disponible », ajoute-t-il en faisant référence à la récente annonce du financement conjoint de 800 000 $ du gouvernement fédéral et territorial pour l’amélioration des installations. L’équipement de compostage, quant à lui, a été financé aux termes du transfert du Fonds de la taxe sur l’essence du gouvernement du Canada, pour un coût total de 660 000 $.

Les années comptées de la décharge de la Ville de Whitehorse

L’amélioration de la gestion des déchets à Whitehorse devient préoccupante. Si rien n’est fait, la Ville estime que son dépotoir atteindra sa pleine capacité dans 40 ans. Le site actuel a été aménagé vers la fin des années 1980. Une fois sa pleine capacité atteinte, il en coûtera plus de 13 millions de dollars pour recouvrir le lieu et 13 millions additionnels pour la création d’un nouveau site.

« Il est important de rappeler qu’il y a des coûts importants liés à la fermeture et l’ouverture d’un lieu de décharge. Il devient donc impératif de tenter de trouver des moyens efficaces pour allonger l’espérance de vie du site d’enfouissement de la ville », confirme Bryna Curtis.