le Jeudi 2 février 2023
le Mercredi 28 août 2013 10:31 | mis à jour le 9 janvier 2023 19:52 Éditoriaux

L’apport de la communauté dans l’éducation de ses enfants

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Vous souvenez-vous? C’était en 1996. Les portes du nouveau bâtiment de l’école Émilie-Tremblay, la seule école au Yukon où le français est enseigné comme langue première, s’ouvraient au public.

Enfin! Semblait dire d’un seul souffle la communauté franco-yukonnaise dont les enfants devaient apprendre jusque-là la langue de Molière entre les murs de portatives dont la salubrité pouvait laisser perplexe plus d’un.

Enfin! Le fruit de ce dur labeur prenait forme dans la réalisation de la nouvelle école au cœur du quartier Logan.

Enfin! Le but était atteint, la structure était en place, permettant à la communauté franco-yukonnaise de dormir en paix. Son travail semblait être terminé, sa mission accomplie.

Mais voilà qu’au fil des ans, la population de cette petite école francophone s’est épanouie et a grandi en nombre. À un point tel que tranquillement, l’intérieur des lieux a dû subir toute une série de métamorphoses afin de pouvoir loger à la fois la population estudiantine et le personnel enseignant dont le nombre augmentait également. Un à un, des locaux logeant les salles de laboratoire, d’art, de musique ont dû disparaître pour arriver à pallier le manque d’espace.

Des solutions temporaires ont ainsi été trouvées çà et là, mais il est facile d’imaginer qu’une telle situation a tout le potentiel pour avoir un impact sur le fonctionnement général d’une école.

L’ajout de salles de classe dans de nouvelles portatives reliées à l’école par des ponts extérieurs, tout comme le fait de loger du personnel dans les locaux de la Commission scolaire ou ailleurs à Whitehorse ne constitue également que des solutions temporaires à cette situation. Il faut voir plus loin, et c’est la raison pour laquelle la construction d’une école francophone secondaire, incorporée à la structure de l’école secondaire F.-H.-Collins ou construite sur le terrain actuel de l’école Émilie-Tremblay, représente une piste de solution dont l’impact à long terme est salué.

Toutefois, d’ici cette réalisation, le manque d’espace à l’école Émilie-Tremblay demande patience et flexibilité de la part de tous. En effet, comment arriver à loger les nouveaux arrivants de l’école de façon innovatrice dans un contexte favorisant l’apprentissage? Il s’agit là d’un travail quotidien d’adaptation et d’innovation de la part de tout le personnel enseignant, d’où l’importance du travail et de l’aide que peut apporter l’ensemble de la communauté franco-yukonnaise afin d’alléger ce stress.

Qu’on ait eu ou non des enfants qui fréquentent l’école francophone, que nous soyons nouvellement arrivés au territoire ou établis au pays du soleil de minuit de longue date, chaque individu participe au tissage de la communauté.

Ça prend un village pour élever un enfant, souligne un proverbe africain. Au pays de la Franco-Yukonnie, ce village est sa communauté. Le travail d’éducation en français dans un milieu minoritaire requiert tout autant la collaboration des parents, de l’école que de la communauté. Cette collaboration participe à la réussite scolaire certes, mais également à la réussite sociale et culturelle de chaque enfant.

Il était tentant de penser en 1996 que le but était atteint avec la construction d’une nouvelle école permettant au travail communautaire de prendre du repos. Mais tel n’est pas le cas et ne le sera jamais. La communauté dans ses gestes quotidiens privés ou publics continue de jouer un rôle d’une grande importance.

En ce début d’année scolaire, il est ainsi important d’aller voir comment il est possible d’apporter son aide, que ce soit de façon sporadique ou régulière. Le comité de parents de l’école Émilie-Tremblay et la Commission scolaire francophone du Yukon sont deux organismes en plein recrutement de parents bénévoles et de commissaires en ce moment. Le travail des bénévoles de ces deux organismes constitue un soutien important dans l’éducation en français au Yukon, tout comme celui des organismes liés de près ou de loin à l’éducation des jeunes Franco-Yukonnais, que ce soit au sein du service de garde privé ou public, au travers des activités culturelles de l’Association franco-yukonnaise ou du Service d’orientation et de formation des adultes. La liste des organismes est trop longue pour être énumérée en détail, mais elle renferme une multitude d’activités auxquelles il est possible de se greffer et d’apporter du soutien.

En cette fin d’été, alors que chacun a eu l’occasion de faire le plein d’énergie, voici l’occasion idéale pour jeter un coup d’œil sur les diverses activités planifiées pour l’hiver afin de pouvoir offrir son aide. Chaque geste de soutien, petit ou grand, apporte son rayon de soleil pour tous.

En aidant ainsi, la communauté s’en porte mieux et le village franco-yukonnais assure son rôle dans l’éducation de ses enfants.