le Mardi 21 mars 2023
le Mercredi 26 juin 2013 15:02 | mis à jour le 23 janvier 2023 11:29 Chroniques

Le départ des pères oblats marque la fin d’une époque

Une grande page de la vie sociale et religieuse du Yukon se tournera cet été avec le départ définitif de la communauté des pères oblats de Marie-Immaculée (OMI) après plus de 150 ans de présence au territoire. Pour honorer leur travail missionnaire et plus particulièrement l’engagement pastoral du père Jim Bleakley pendant plus de 30 ans au Yukon, dont quinze années comme pasteur de la paroisse Sacré-Cœur à Whitehorse, une grande fête paroissiale et diocésaine a rassemblé des centaines des personnes le samedi 22 juin dernier à l’école Vanier. Les pères Herklotz, Beaudette, Laroche et Cavannagh sont venus de l’Ontario, du Manitoba et de la Colombie-Britannique entourer le père Jim et le père Rigaud pour cette célébration d’adieu et de reconnaissance.

Rappelons les racines très profondes des pères oblats au territoire et leur influence sur la société yukonnaise. L’ordre des oblats de Marie-Immaculée est fondé à Aix-en-Provence en France en 1826 par Eugène de Mazenod. La mission de cette nouvelle communauté est de servir ceux et celles qui ne sont pas rejoints par l’Église. Leur esprit missionnaire les mènera donc vers les régions éloignées comme le Grand Nord canadien.

En Amérique, ils s’établiront d’abord à Montréal d’où ils desserviront par la suite le diocèse nouvellement créé de Saint-Boniface au Manitoba qui s’étend à l’époque jusqu’à l’Alaska. Après quelques tentatives dans les années 1860 et 1870, les oblats s’enracinent résolument au Yukon pendant la ruée vers l’or du Klondike. Ils construisent alors l’église Sainte-Marie à Dawson et plusieurs lieux de culte sur les champs aurifères. Étant bilingues, ils desservent à la fois les communautés francophones et anglophones. Les oblats étendent rapidement leurs œuvres à l’ensemble du Yukon. En 1901, le père Camille Lefebvre et le frère Augustin Dumas construisent l’église Sacré-Cœur de Whitehorse. L’Ordre collabore aussi avec les sœurs de Sainte-Anne et les sœurs de la Providence de Montréal pour fournir les services en santé et en éducation.

À la création du diocèse de Whitehorse en 1941, l’évêque Jean-Louis Antoine Joseph Coudert travaille sans relâche à recruter dans les régions francophones du monde le personnel religieux qui dessert ainsi nos communautés jusqu’à aujourd’hui. Nommons les pères Bobillier, Guilbaut, Veyrat, Poulet, Bulliard, Mouchet, Huyburst, Plaine et Morisset. Soulignons plus particulièrement le rayonnement de deux frères oblats qui ont servi bien souvent dans l’ombre : le frère Yvon Mercier, source d’inspiration pour le père Jim et feu le frère Cyprien Soucy, notre cher « frère du recyclage ».

En terminant cette page d’histoire, le CFC souhaite remercier chaleureusement le père Jim Bleakley. Il a été témoin de la croissance de la communauté catholique francophone depuis plus de vingt ans. Il a partagé son expérience et apporté son soutien avec les prêtres francophones, du père Jean Paul Tanguay à l’abbé Claude Gosselin. Au fil des ans, il a cru aux initiatives du Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod : l’ouverture de notre bureau et l’accueil de notre pasteur au presbytère Sacré-Cœur, sans compter le changement audacieux et généreux de l’horaire des messes dominicales pour favoriser plus d’espace à la célébration francophone sont autant de gestes ayant favorisé la reconnaissance et la vitalité de notre communauté. Par le patronyme de notre comité, nous continuerons d’honorer fièrement l’empreinte des Oblats en territoire yukonnais et de nous inspirer de leur sollicitude pastorale.

Cette chronique est présentée par le Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod. Pour plus d’information sur toutes nos activités : 393-4791 ou [email protected]