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le Mercredi 15 mai 2013 16:05 Société

Profession : infirmière

De g. à dr. : Mélinda Arnett, Hélène Bélanger, Hélène Lapensée. Photos : Archives A.B
De g. à dr. : Mélinda Arnett, Hélène Bélanger, Hélène Lapensée. Photos : Archives A.B

La Semaine nationale des soins infirmiers se tenait cette année du 6 au 12 mai. Présentée depuis 1985 par l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, cette célébration honore chaque année l’importance du travail du personnel infirmier. Le thème de cette année, « Soins infirmiers : puissante force de changement », fait valoir le rôle du personnel infirmier œuvrant en première ligne pour réaliser des changements dans la qualité des soins de santé.

Le rôle de ces professionnels de la santé trouve une importance toute particulière au Yukon, du fait de la grave pénurie de médecins qui frappe actuellement le territoire. Le personnel infirmier est ainsi régulièrement appelé à prendre en charge des tâches pour lesquelles il n’a pas été forcément formé.

Plus d’infirmières-praticiennes

Infirmière au Centre de lutte contre les maladies transmissibles, Hélène Bélanger travaille au Yukon depuis 1993. À 52 ans, sa connaissance du Nord et des communautés éloignées – elle a précédemment travaillé aux TNO – lui permet d’affirmer qu’une des priorités serait d’ouvrir le champ aux infirmières-praticiennes. « Mes souvenirs les plus marquants remontent au temps où je travaillais comme infirmière dans les dispensaires de santé des communautés du Nord », explique-t-elle. « Du fait de l’absence de médecins, l’étendue des possibilités était plus large, et j’ai découvert des aptitudes que je ne pensais pas avoir. »

En régions éloignées, Mme Bélanger a notamment été amenée à effectuer des soins habituellement assurés par les dentistes, et a même livré des prestations vétérinaires. « Je suis complètement d’accord sur le fait que l’on devrait encourager les infirmières-praticiennes […]; cela pourrait aider le système qui souffre présentement d’une pénurie de médecins », dit-elle.

Un joyau caché

L’attrait du Nord – le Yukon serait selon elle un « joyau caché pour les infirmières » – et l’intérêt pour les Premières nations l’ont conduite à choisir le territoire comme lieu de pratique. Son domaine professionnel lui permet également de « faire une différence ». « Dans le cadre de mon travail, je m’occupe souvent de gens qui sont marginalisés dans le système », indique-t-elle. « Il faut un peu plus de patience avec ces gens-là, et je pense que c’est valorisant d’être là pour les aider et de participer à améliorer leur santé mentale et physique. »

Travailler avec les enfants

Cette volonté de servir les autres a également été à la source de l’engagement d’Hélène Lapensée. Infirmière en pédiatrie de 1979 à 1999, Mme Lapensée a ensuite travaillé au service de prévention des infections et à la clinique préopératoire de l’Hôpital de Whitehorse, avant de prendre sa retraite en 2006. Sa passion est telle qu’elle pratique encore sa profession aujourd’hui, à temps partiel. « Les enfants nous apportent beaucoup, à tous points de vue », assure-t-elle. « Il y a des moments qui sont plus difficiles que d’autres, mais rien ne m’a jamais amenée à tout lâcher. Les petits enfants ont une perception et une philosophie de vie qui sont désarmantes, et cela m’a permis de tirer une grande satisfaction personnelle au cours de ma carrière. »

L’importance de la relation

Mélinda Arnett, 34 ans, travaille depuis six ans au Centre de santé communautaire de Whitehorse. Elle aussi côtoie régulièrement les enfants, puisqu’elle est spécialisée dans les services de vaccination et les soins aux femmes enceintes et aux bébés. L’infirmière avait dans un premier temps envisagé une carrière de médecin, mais l’intimité offerte par la relation entre le personnel infirmier et les patients lui aura finalement fait choisir cette profession. « J’ai le souvenir de personnes qui m’ont laissé des lettres de remerciement », confie-t-elle. « Et aussi des photos de patientes de l’hôpital et du Centre de santé. »

Comme beaucoup de ses collègues, Mélinda Arnett se sent de plus en plus séduite par l’idée d’acquérir des expériences additionnelles en soins infirmiers, et de se former à la profession d’infirmière-praticienne. « Je travaille avec une collègue qui est la première à être infirmière-praticienne, ce qui est presque comme un docteur », explique-t-elle. « On peut aller la voir avant d’aller consulter un médecin, du fait du manque de docteurs, et je pense que je vais également aller vers ça. »