le Lundi 6 février 2023
le Vendredi 26 avril 2013 12:35 Art et culture

Le cinéma, parent pauvre de la culture au Yukon

Penny Bielopotocky dirige les cinémas Landmark du Yukon depuis quatre ans. Le cinéma Yukon est situé sur la rue Wood, le cinéma Qwanlin, sur la 4e Avenue de Whitehorse.
Penny Bielopotocky dirige les cinémas Landmark du Yukon depuis quatre ans. Le cinéma Yukon est situé sur la rue Wood, le cinéma Qwanlin, sur la 4e Avenue de Whitehorse.

Aux yeux des amateurs de cinéma, le Yukon n’a jamais vraiment été ce que l’on pourrait appeler un paradis. Bien que quelques initiatives marquantes aient été mises sur pied au fil du temps – notons par exemple la Yukon Film Society et le festival de courts-métrages de Dawson City –, l’offre de films sur grand écran n’y casse pas des briques. Preuve en est, le territoire ne compte en effet que deux petits cinémas, souvent placés sous le feu des critiques – notamment pour leur vétusté et pour la qualité des prestations délivrées –, mais toujours en activité.

Situés sur la rue Wood et sur la 4e Avenue de Whitehorse, les cinémas Yukon et Qwanlin font partie depuis les années 80 de la trentaine de cinémas appartenant à la société calgarienne Landmark. Respectivement construits à la fin des années 40 et des années 70, ces deux établissements comptent chacun deux salles de projection, pour un total d’environ 600 sièges.

Une offre grand public

L’offre de films tourne principalement autour des productions américaines grand public, le plus souvent sélectionnées pour leur fort taux d’audience aux États-Unis. « Landmark est en contact avec une agence artistique qui s’occupe de sélectionner nos films auprès des compagnies cinématographiques, mais nous essayons toujours d’avoir le plus de superproductions possible (blockbusters) », explique la directrice générale des cinémas Yukon et Qwanlin, Penny Bielopotocky.

Tandis que le cinéma Yukon axe principalement son offre autour d’une programmation familiale ou en direction des adolescents, le cinéma Qwanlin vise un public plus âgé. Quelques initiatives ont d’ailleurs été mises en œuvre en ce sens, comme un mini-festival de films indépendants organisé sur six semaines en période de fin d’année. « Nous jouons un film par semaine, les dimanches et lundis à 17 h », indique la directrice. « Nous avons environ 50 personnes par projection, ce qui n’est pas trop mal. Certains spectateurs sont des habitués, d’autres viennent parce qu’ils veulent découvrir des films indépendants et ne sont pas forcément intéressés par les films grand public. »

Des films en français

Mme Bielopotocky se penche actuellement sur la possibilité de projeter des films en français, possiblement un mercredi soir par mois. Le marché francophone local constituerait en effet une nouvelle piste à explorer. « Hors Québec, il est beaucoup plus facile d’obtenir des films en français aujourd’hui », indique-t-elle. « Et pour beaucoup moins cher, car ils sont maintenant presque au même prix que les films anglais courants. »

Aucune concurrence

Ces nouvelles initiatives ne visent pourtant pas à se détacher de la concurrence, puisque celle-ci est quasiment inexistante. « Nous avons un peu de concurrence avec le Collège du Yukon et le Old Fire Hall, mais dans un sens, ça n’en est pas vraiment », explique la directrice générale. « Nous offrons des films grand public, alors que le Collège du Yukon et la Yukon Film Society proposent plus du cinéma d’art et d’essai. C’est simplement une expérience différente. »

L’inquiétude ne vient pas non plus du côté des nouvelles technologies, puisqu’Internet, en plus d’être fortement bridé au territoire, ne permet que difficilement à ses utilisateurs de visionner des films dès leur sortie. « Je dirais que ça peut avoir un impact, mais les gens doivent sortir de chez eux à un moment, et ils voudront toujours sortir voir un film et prendre un pop-corn », affirme Mme Bielopotocky.

Penny Bielopotocky dirige les cinémas Landmark du Yukon depuis quatre ans. Elle est engagée dans l’industrie du cinéma depuis dix ans et a déjà travaillé pour Landmark ainsi que pour d’autres sociétés, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique.