le Lundi 6 février 2023
le Mercredi 17 avril 2013 21:03 Scène locale

Rien ne va plus au Conseil médical du Yukon

Depuis la fin mars, l’organisme chargé d’accréditer les médecins au territoire n’a plus d’administrateurs. Les six membres du conseil ont annoncé leur démission en bloc pour protester contre le peu de moyens mis à leur disposition pour s’acquitter de leur tâche.

Le Conseil médical du Yukon émet les licences des médecins qui désirent pratiquer au territoire du Yukon. Il est aussi l’organisme responsable de traiter les plaintes du public. Il a le pouvoir de faire enquête, d’imposer des amendes, de faire des réprimandes et de radier un médecin. Le conseil est composé de quatre médecins et deux membres du public.

Depuis plus d’un an, le conseil réclame une plus grande autonomie, plus de budgets et l’embauche de personnel additionnel.

Le Dr Bruce Beaton, médecin yukonnais et président du groupe démissionnaire, a précisé aux médias que le manque de ressources menaçait sérieusement la qualité des services offerts par l’organisme.

Depuis que les gouvernements au Canada ont signé un accord sur la mobilité de la main-d’œuvre en 2009, un médecin qui obtient un permis de pratique au Yukon peut faire reconnaître cette licence partout au Canada.

« Pour rencontrer les standards nationaux, nous devons élaborer de nouveaux programmes d’accréditation et c’est impossible avec les ressources actuelles », a-t-il déclaré. Le groupe recommandait le financement d’une étude pour déterminer les coûts de la création d’un collège des médecins pour le territoire.

La réaction du gouvernement à cette démission fracassante n’a pas plu à l’Association des médecins du Yukon.

« La ministre nous a demandé de lui soumettre les noms de six nouveaux candidats pour remplacer les démissionnaires », relate, offusqué, le Dr Tadepalli, président du regroupement professionnel.

« Nos membres ne seront pas intéressés », ajoute-t-il en précisant que le problème n’est pas de trouver des individus pour faire le travail, mais bien de leur donner les moyens pour mener la tâche à bien.

L’affaire a eu des rebondissements à l’Assemblée législative où le député libéral, Sandy Silver, a présenté une motion pour engager le gouvernement à explorer l’option de créer un collège des médecins, ou à collaborer avec des juridictions voisines pour partager la responsabilité avec des organismes existants.

« Peut-être qu’on pourrait regrouper les trois territoires », propose-t-il en précisant ne pas posséder la solution parfaite. « Mais il faut au moins discuter, ne pas agir comme s’il n’y avait aucun problème.

Selon lui, la construction des nouveaux hôpitaux sur le territoire va augmenter le nombre de dossiers à traiter.

Au bureau de la ministre responsable des Services aux collectivités, on affirmait cette semaine que des rencontres avaient lieu dans le but de dénouer l’impasse, mais on ne veut pas inquiéter le public en admettant que le conseil soit pour le moment inopérant.

Les six membres assumaient jusqu’ici l’entière responsabilité du renouvellement des licences de pratique des 140 médecins qui travaillent au Yukon, qu’ils soient résidents ou non du territoire.