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Zuckerberg, héraut communautaire?

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Thibaut Rondel

Lire des nouvelles communautaires est directement corrélé à l’engagement citoyen, selon Mark Zuckerberg. Citant plusieurs études affirmant que le partage d’information locale participe au bien-être des communautés, le patron de Facebook a annoncé le 29 janvier dernier que le fil d’actualité du réseau social allait désormais prioriser les contenus publiés par les médias locaux.

« Les gens nous disent constamment qu’ils veulent voir davantage de nouvelles locales sur Facebook », a-t-il ainsi affirmé. « Les nouvelles locales nous aident à comprendre les problématiques qui comptent dans nos communautés et affectent nos vies. Les gens qui savent ce qui se passe autour d’eux ont davantage tendance à s’engager et à contribuer à faire une différence. »

Photo : Pixabay


Cette sage décision s’inscrit dans le cadre d’un repositionnement stratégique plus global visant à redonner la priorité aux contenus qui comptent, comme l’a expliqué le dirigeant le 11 janvier dernier. Dans des vœux de nouvelle année aux allures de mea culpa, Mark Zuckerberg a indiqué qu’il souhaitait voir le réseau social revenir à sa mission d’origine qui est d’aider les gens à se connecter à ceux qu’ils aiment. Critiqué depuis plusieurs mois sur sa politique de gestion des contenus, il a affirmé que Facebook devait participer au bien-être et au bonheur des gens et qu’il allait dorénavant s’assurer que le temps que les utilisateurs y consacrent soit du temps toujours bien utilisé.

Dans ses vœux, Mark Zuckerberg avait pourtant promis aux utilisateurs que les contenus partagés par leur famille et leurs amis seraient désormais affichés en priorité sur leur fil d’actualité, au détriment des publications d’entreprises, de marques et de médias. Lire passivement des articles ou regarder des vidéos, même informatives ou distrayantes, ne sera jamais aussi bénéfique qu’une interaction entre proches, avait alors expliqué le patron de Facebook.

L’annonce de ce repositionnement drastique avait alors naturellement rendu anxieuses les rédactions du monde entier. Déjà fragilisés par la migration de leurs revenus publicitaires vers le Web, les médias ont rapidement compris que cette nouvelle stratégie de contenus allait limiter encore un peu plus leur visibilité déjà compromise par les mystères de l’algorithme du groupe.

Pour bon nombre de petits médias, la nuance faite fin janvier a donc constitué un réel soulagement. La garantie de bénéficier d’une meilleure visibilité dans un fil d’actualité aux contenus désormais triés sur le volet est tout d’abord une excellente nouvelle. Dans ce monde global, la valorisation des informations locales et la reconnaissance officielle de Facebook quant à l’utilité publique des médias communautaires constituent toutefois une victoire bien plus symbolique.

Voir un géant du Web faire amende honorable et promettre de remédier concrètement à ses manquements est en définitive un pas fait dans la bonne direction. On peut aussi voir dans cette stratégie un moyen subtil de réformer la stratégie publicitaire du groupe. En effet, s’ils veulent accéder au nouveau fil d’actualité, les grandes entreprises, les marques et les médias nationaux devront certainement mettre la main à la poche comme jamais auparavant. Considérant la masse de contenus anxiogènes et de publicités invasives présentes sur Facebook, on ne peut que s’en féliciter.

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