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Zoom sur les candidatures fédérales

Laurie Trottier

Les Yukonnais.e.s seront appelé.es aux urnes dans 18 jours, et les quatre partis principaux ont annoncé leur candidat.e pour le territoire. Qui sont ces dernier.ère.s et quelles sont leurs priorités?

Les électeurs et électrices du Yukon devront choisir entre Brendan Hanley, Lisa Vollans-Leduc, Lenore Morris et Barbara Dunlop, et afin de les représenter à la Chambre des communes. Photos : Fournie (Lenore Morris) et Laurie Trottier. 

 

Il faut faire preuve d’imagination pour réaliser que la campagne électorale est bel et bien lancée, alors que le matériel promotionnel et les pancartes s’installent au compte-goutte.

Pourtant, l’ambiance de campagne électorale s’est invitée un peu plus tôt au territoire, lorsque le député libéral Larry Bagnell a annoncé qu’il renonçait à la course à un nouveau mandat, avant même le déclenchement officiel des élections le 15 août. Les quatre partis principaux ont annoncé leur candidat.e relativement tôt dans la campagne électorale de cinq semaines, la durée minimale permise.

Parti libéral du Canada : Brendan Hanley

C’est l’ancien médecin-hygiéniste en chef du territoire Brendan Hanley qui a été désigné pour tenter de garder le siège détenu depuis 2015 par les libéraux. « Je crois que je peux bien représenter les intérêts et la voix de la francophonie yukonnaise », souligne M. Hanley, au territoire depuis 25 ans. Il est d’ailleurs le seul candidat à avoir répondu à nos questions en français.

Le fait qu’il ne possède pas d’expérience en politique ne semble pas l’inquiéter outre mesure : « [Grâce à mes] 13 ans de travail dans la santé publique, j’ai touché à beaucoup de secteurs, […] je pense que je comprends bien les problèmes et je pense que j’ai les moyens de les adresser. »

Pour les enjeux environnementaux, Brendan Hanley souhaite représenter « la voix du Nord » à la Chambre des communes et défendre les projets de production d’énergie renouvelable. L’investissement dans les logements abordables et dans les soins en santé mentale est au cœur de sa plateforme, assure-t-il.

Le Parti libéral du Canada, dirigé par Justin Trudeau, est au pouvoir depuis 2015, et formait un gouvernement minoritaire depuis 2019.

Parti conservateur du Canada : Barbara Dunlop

Barbara Dunlop remplace Jonas Smith et devient la candidate du Parti conservateur du Canada (PCC) au Yukon. Alors que ce dernier avait manifesté son opposition au passeport vaccinal, la nouvelle candidate n’y est pas opposée, mais mentionne qu’il ne faut pas que ceux et celles ne pouvant obtenir le vaccin se retrouvent ostracisé.e.s. Au territoire depuis plus de 30 ans, elle est romancière et a travaillé pour les services publics du Yukon pendant de nombreuses années.

Si élue, elle s’engage à soutenir l’établissement du centre de santé bilingue au territoire : « Offrir des services aux francophones dans leur langue est vraiment important, particulièrement lorsqu’on parle de problèmes de santé », ajoute-t-elle.

La préservation des parcs et l’implémentation d’un projet de production d’énergie renouvelable au Yukon sont deux priorités environnementales du PCC. « Une des choses que j’aime le plus de la manière dont la plateforme électorale a été rédigée est qu’elle aborde les partenariats à établir au sein du territoire, notamment avec les communautés autochtones », ajoute-t-elle. Le PCC formait l’opposition officielle au sein du dernier Parlement et est dirigé par Erin O’Toole.

Nouveau parti démocratique : Lisa Vollans-Leduc (elle/iel)

Lisa Vollans-Leduc a annoncé sa candidature sous la bannière du Nouveau parti démocratique (NPD). Elle travaille en tant qu’analyste politique pour la Santé et les Services sociaux du gouvernement du Yukon, et cumule plusieurs années de défense des droits des travailleurs et des droits humains.

Selon elle, le NPD est le parti le plus « axé sur les personnes » et celui qui a milité pour que le montant de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) en réponse à la pandémie de la COVID-19 soit plus élevé. Elle s’engage à protéger le fait français « afin de s’assurer que la langue française perdure au Canada ».

Ayant subi elle-même les conséquences des inondations au Yukon cet été, à Army Beach, elle souhaite redoubler d’ardeur pour contrer les changements climatiques, notamment en bonifiant les « incitatifs pour que les familles achètent des véhicules électriques ». Elle s’oppose à la privatisation des établissements de soins de longue durée.

Le NDP est dirigé par Jagmeet Singh depuis 2017 et comptait 24 député.e.s élu.e.s en 2019.

Parti vert du Canada : Lenore Morris

Lenore Morris tentera de ravir le seul siège yukonnais de la Chambre des communes au sein du Parti vert du Canada. Elle dirige son cabinet d’avocats depuis 2006 et a étudié à Dawson.

Elle considère comme une priorité la défense de la langue française, en soulignant au passage que la cheffe Annamie Paul est bilingue. « Notre plateforme se concentre sur l’inclusion, la diversité et l’équité », souligne-t-elle.

Au sujet de l’environnement, Lenore Morris est catégorique : son premier objectif est d’abolir les subventions à l’industrie des combustibles fossiles. « Énergie Yukon doit être plus encouragé à investir dans les énergies renouvelables », ajoute-t-elle.

Si élue, elle militera en faveur de l’établissement d’un revenu minimum garanti pour tous les Canadiennes et les Canadiens. Ce revenu minimum sera également une façon d’apporter un meilleur soutien aux personnes ainées. Elle ajoute qu’elle est en faveur d’une réforme du mode de scrutin, une promesse qu’avait formulée le premier ministre Justin Trudeau en 2019, mais qui n’a toujours pas été concrétisée.

En 2019, le Parti vert, alors dirigé par Elizabeth May, avait obtenu trois sièges.

Les élections fédérales auront lieu le 20 septembre prochain. Élections Canada a annoncé qu’aucun bureau de vote ne sera ouvert au sein des campus universitaires, notamment en raison de la pandémie. Plusieurs organisations ont partagé leur inquiétude à la suite de cette décision, dont la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) : « Nous craignons que l’absence des bureaux de vote spéciaux affecte drastiquement les capacités de vote pour les étudiant.e.s, ce qui pourrait affecter leurs habitudes de vote au long terme », déplore a présidente de la FJCF, Sue Duguay, dans un communiqué de presse.

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