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Yann Le Roy rêve de se tricoter un voilier

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Françoise La Roche

Ballotté par les flots de son caractère erratique, Yann Le Roy s’est laissé dériver là où la vie le menait. Ce Breton a grandi en montagnes et a vécu un parcours scolaire mouvementé. « J’ai obtenu sept à dix certifications et diplômes différents. J’ai toujours été porté à faire quelque chose à droite, quelque chose à gauche. » Son père lui disait : « Si tu veux partir voyager et que les études ne t’intéressent pas, essaie au moins d’avoir un bagage en main, parce que si tu te plantes dans la vie, ça pourra t’aider. »

Yann Le Roy entend bien naviguer sur des eaux plus chaudes que celles du fleuve Yukon. Photo: Françoise La Roche

Yann Le Roy entend bien naviguer sur des eaux plus chaudes que celles du fleuve Yukon. Photo: Françoise La Roche

C’est ainsi qu’après avoir obtenu des diplômes en mécanique, en dessin industriel, en éducation sportive et en animation socioculturelle, il a fait son premier voyage à 22 ans en Irlande et au Maroc. Il a quitté la France à 26 ans pour traverser l’Atlantique en bateau. Yann a visité les Caraïbes et a ensuite habité en Australie. Sa vie s’écoulait doucement entre voyages et cueillette de fruits parsemée de belles rencontres. L’une d’elles s’est avérée plus marquante. Il a rencontré Sophie Jessome dans la vallée de l’Okanagan. À cette époque, il vivait en partie en Australie. Il y est reparti. Six mois plus tard, Sophie est allée le rejoindre. Ça fait maintenant dix ans qu’ils vivent ensemble.

Naissance d’une boutique

Le couple a bourlingué et suivi plusieurs formations : instructeur de plongée, voile, premier secours, etc. Un projet plus grand a pris forme : celui d’acheter un bateau. « Avec la cueillette, tu fais beaucoup de sous, mais en voyageant, tu en dépenses aussi beaucoup. On a voulu un peu de stabilité pendant quelques années pour mettre des sous de côté », raconte Yann Le Roy.

Leur premier emploi au Yukon était dans l’exploration minière. Mais un accident a fait en sorte que Sophie a dû écourter sa carrière dans ce domaine. En janvier il y a deux ans, Yann s’est réveillé en pleine nuit pour demander à Sophie : « Que dirais-tu d’ouvrir un magasin de laine à Whitehorse? » La réponse a été positive et dès le matin, Sophie naviguait sur Internet et préparait des commandes. Trois mois plus tard, le magasin accueillait ses premiers clients.

« On a commencé petit », raconte Yann. « On n’a pas de financement à la banque parce qu’on voulait se débrouiller par nous-mêmes. On ne se prend pratiquement pas de salaire, juste assez pour payer le loyer et l’épicerie. L’été, je continue de cueillir des fruits pour rapporter des sous à la maison. On réinvestit tout dans le magasin. Maintenant, il est trois fois plus grand. »

Se tricoter un voilier

Tout jeune, Yann Le Roy disait à sa mère : « Moi, un jour, je voudrais élever des moutons sur le top d’une colline. » Il se retrouve à posséder un magasin de laine dans le Grand Nord canadien. C’est presque une analogie. « J’ai aussi toujours dit que je voyagerais en bateau, et c’est une chose qui se dessine petit à petit. »

Pour concrétiser son prochain projet, Yann a misé sur la vente de laine. « Pour commencer, on va acheter un bateau et après, plus tard, on vivra dessus ad vitam æternam. Pour l’instant, on met beaucoup d’énergie dans le magasin. Y’a pas de raison de s’arrêter. C’est passionnant d’avoir un commerce. Tu es ton propre patron et en même temps, tu décides de ton propre salaire. »

Le choix de l’immigration

Bien avant d’immigrer, Yann s’intéressait au Canada, particulièrement aux relations de la société québécoise avec les anglophones. Il est arrivé au pays avec un permis vacances-travail. Il est allé vivre en Australie pendant deux ans et a demandé sa résidence permanente pendant cette période. Ça lui a pris six mois pour l’obtenir alors qu’aujourd’hui, on parle d’un an, un an et demi.

Résident permanent depuis huit ans, il a passé son examen de citoyenneté dernièrement. « Quand tu voyages beaucoup », explique Yann, « tu ne peux demander une citoyenneté parce qu’on doit demeurer un certain nombre d’années au pays. Maintenant que j’ai une stabilité au Yukon, j’ai pu le faire. J’attends la cérémonie d’assermentation. »

Port d’attache

Après avoir vécu à Montréal, à Vancouver et passé beaucoup de temps dans la vallée de l’Okanagan, Yann Le Roy est installé à Whitehorse depuis quatre ans.

À savoir si le Yukon restera son port d’attache entre ses voyages, il répond : « J’adore le Yukon parce que c’est un endroit qui est reculé. Je détestais faire de l’exploration minière parce que c’était pour les mines, mais j’adorais cela parce que j’avais un espace de liberté immense. Tu es tout seul au milieu de nulle part, tu foules des sols que personne n’a jamais foulés, et ça, c’est génial. Mais je suis quelqu’un de la mer. J’ai toujours été entouré par la mer, par les bateaux. Il aurait fallu que Whitehorse soit à côté de la mer. Ça aurait été parfait. On n’aura pas de port d’attache avec le bateau. On ne veut pas de maison, on ne veut pas d’endroit fixe. Notre maison sera le bateau qui peut bouger vers plein de pays. »

Est-ce que le couple vendra de la laine sur son bateau? « On a des projets secrets, mais je ne peux pas en parler. Mais on joindra le meilleur des deux mondes, effectivement. »

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière de Citoyenneté et Immigration Canada.

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