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Wildlife Viewing : promouvoir la valeur intrinsèque de la vie sauvage

Guillaume Riocreux

Le programme Wildlife Viewing est en pleine effervescence cet été avec de nombreuses occasions de découvrir les secrets de la vie sauvage au Yukon et de s’éduquer. Carrie McClelland, responsable du programme, explique les ambitions du projet.

Photo : Gouvernement du Yukon

 

Lancé au début des années 90, le programme Wildlife Viewing propose gratuitement au public des sorties en nature en compagnie de scientifiques. Chaque sortie se concentre sur un thème particulier et est l’occasion de se rendre sur le terrain et d’observer la vie sauvage, tout en apprenant.

Des activités variées

Si le public yukonnais est désormais familiarisé avec les activités du centre d’interprétation du Havre des cygnes (qui fait partie du programme), il peut également diversifier ses connaissances avec tout un éventail de sorties sur différents thèmes : champignons, saumons, wapitis, loups, chauves-souris, caribous, stratégies d’adaptation et de survie en hiver, chèvres de montagne, baies, orchidées, désert de Carcross, lacs salés, aigles, écureuils, vers de terre… et même des dissections d’animaux sauvages pour les plus téméraires!

Si la plupart des sorties se passent aux alentours de Whitehorse et ont surtout lieu en été et en automne, le programme est également offert à Watson Lake et à Keno et propose aussi des sorties en hiver. Faciles d’accès (des points de rendez-vous sont proposés et le covoiturage est fortement encouragé pour des raisons écologiques et pratiques), les sorties, qui regroupent généralement une quinzaine de personnes, durent environ deux heures et sont animées par des spécialistes de la faune et de la flore (employés du gouvernement, contractuels, bénévoles ou étudiants). Le programme propose également des soirées musicales, des projections de films, et même des soirées de jeux-questionnaires.

Comme le mentionne Carrie McClelland, tous les moyens sont bons pour éduquer le public. En effet, le programme a été créé en 1987 à la suite d’une enquête sur le tourisme qui révélait que les visiteurs souhaitaient avoir plus d’occasions d’observer la vie sauvage. Le programme a commencé au centre d’interprétation du Havre des cygnes et est devenu, en collaboration avec les Premières Nations et les secteurs des ressources, de l’environnement, des parcs et du tourisme, une division d’Environnement Yukon en 1995.

Éduquer et agir en conséquence

Carrie McClelland explique que le but de ces sorties est de « promouvoir la valeur intrinsèque de la vie sauvage », de façon à ce que les touristes et les Yukonnais puissent « avoir un bagage de connaissances sur la vie sauvage et savoir comment interagir avec la nature ». Les sorties visent également « à engager et à inspirer le public et font en sorte que l’information importante circule ». En éduquant et en sensibilisant le public, Mme McClelland espère que celui-ci prendra conscience de la nécessité de se conduire de manière appropriée envers la faune et la flore. Elle est consciente que le fait d’emmener un groupe en nature est déjà une forme de nuisance pour la vie sauvage. Le choix des lieux et des espèces observées tient compte des dangers potentiels pour l’environnement. Les organisateurs prennent également en considération l’équilibre parfois complexe entre l’éducation et la protection. Par exemple, la sortie d’observation des chevreaux de montagne a été créée car le grand nombre de visiteurs dans ce secteur perturbait les troupeaux. En expliquant les conditions de vie de ces animaux et leur cycle de reproduction, Mme McClelland espère que les randonneurs considéreront la fragilité des écosystèmes traversés lorsqu’ils choisiront un sentier.

Encourager la participation active

Elle souhaiterait également qu’une forme de culture et de vigilance autour de l’observation de la faune et de la flore se développe. Elle encourage vivement les promeneurs à transmettre leurs éventuelles observations. Le territoire étant immense, le partage d’une photo d’une espèce observée dans un endroit précis permet de garder un œil sur l’évolution de celle-ci au Yukon. Elle relate une anecdote où, lors d’une sortie, une de ses étudiantes a pris une photo d’une coccinelle qu’elle trouvait jolie sur un rocher. La photo est restée entreposée dans un ordinateur jusqu’à ce qu’un scientifique tombe dessus et se rende compte que cette coccinelle appartenait à une nouvelle espèce!

Pour participer, le public peut transmettre de l’information (photo, date, lieu) au Yukon Conservation Data Centre ou utiliser des applications mobiles comme iNaturalist pour partager leurs observations avec d’autres naturalistes.

Le programme connaît un succès constant depuis sa création. Mme McClelland se réjouit de constater que le public tend à augmenter grâce à la publicité sur les réseaux sociaux et qu’il se diversifie peu à peu, avec de plus en plus de jeunes et de nouveaux arrivants au territoire. Si ces sorties se déroulent toujours en anglais, Mme McClelland peut toutefois répondre aux questions en français et certains des intervenants sont également francophones. Dans le futur, le programme cherchera à rejoindre une audience encore plus large, à travailler avec les écoles et le secteur touristique, à renforcer la participation du public, à diversifier ses moyens de communication (vidéos, réseaux sociaux, réalité augmentée pour éviter l’installation de panneaux en milieu naturel…) et, de manière générale, à diffuser au maximum les connaissances pour développer des réflexes de protection et de vigilance.

Le plaisir d’être
dans la nature

Lors d’une sortie, comme c’est toujours le cas avec l’observation de la faune et de la flore, rien ne garantit à 100 % que nous verrons  ce que nous cherchions initialement. Toutefois, chacune de ces sorties est l’occasion de passer un bon moment en nature, de découvrir le territoire, de rencontrer d’autres amateurs ou passionnés et surtout, d’accumuler des connaissances de façon plaisante, et ce, même si les animaux décident de rester cachés. Et quel privilège quand ils décident de répondre à l’appel ou de montrer le bout de leur… museau! Lorsqu’on lui demande de nous fournir une anecdote marquante de ces sorties, Mme McClelland répond : « C’est toujours remarquable d’être en nature et de pouvoir observer ce que nous souhaitions voir au départ. Une de mes sorties favorites est la Elk bugling puisque nous sommes dehors, dans un endroit magnifique, avec les couleurs splendides de l’automne. Je suis parfois avec un groupe de 60 personnes qui a plutôt tendance à faire fuir tous les animaux autour! Le vent cesse de souffler, et il y a ce moment où nous pensons entendre un wapiti…Je me retourne et ces 60 personnes sont toutes silencieuses, parfois pendant 10 minutes, le visage détendu à tendre l’oreille… C’est un moment spécial, car ces personnes sont juste là, aussi silencieuses que possible, pour apprécier la nature. Ça sonne cliché, mais c’est magique. »

Les activités du programme Wildlife Viewing sont consultables au yukon.ca/wildlife-viewing et sur la page Facebook de l’organisme : facebook.com/yukonwildlifeviewing/

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