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Voyage en canot de Carmacks à Dawson

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Catherine Bolduc-Gagnon

Il y a un an, je décidais de vivre l’histoire du Yukon sur sa route la plus célèbre. Le fleuve Yukon en canot est un itinéraire populaire et parfait pour une débutante, puisqu’il est réputé tranquille et facile.

Le canot n’est pas un sport solitaire, on a besoin d’un partenaire avec qui on s’entend bien. Ma belle amie Brigitte Desjardins a accepté le défi. Nous nous sommes mises d’accord pour partir une dizaine de jours au début juin.

Préparation

Deux semaines avant le départ, les préparatifs commencent. Nous avions planifié de laisser une voiture à Carmacks et un copain viendrait nous cueillir à Dawson. J’ai emprunté un canot à un ami, ainsi que des barils anti-ours et des sacs au sec. Avant de se lancer dans les grandes dépenses, c’est bien pratique si on peut compter sur les amis.

Brigitte Desjardins et Catherine Bolduc-Gagnon bivouaquent sur le bord du fleuve. Photo : Catherine Bolduc-Gagnon

Brigitte Desjardins et Catherine Bolduc-Gagnon bivouaquent sur le bord du fleuve. Photo : Catherine Bolduc-Gagnon


Le mois de juin au Yukon peut être frisquet. J’ai donc apporté beaucoup de vêtements chauds. Si le soleil brille, le chapeau s’impose en haut de la liste des essentiels. Je me suis procuré une carte détaillée : un outil indispensable pour découvrir les secrets du fleuve. J’ajouterais à la liste des jumelles pour toutes ces fois où je me suis demandé si, au loin, je voyais une roche ou un ours.

Après avoir regroupé mes essentiels de camping dont du Duct tape, mon Leatherman, une petite pelle à besoins naturels — eh oui, on ne veut pas laisser de traces — et plusieurs autres articles pour aventurière aguerrie, j’étais prête pour le départ.

Sur la route

Au matin du jour J, c’est un réveil sous la pluie au camping de Twin Lakes. Je propose le restaurant, Brigitte refuse. On ne va pas se laisser arrêter par la pluie. Le moral est presque attaqué, mais puisque nous sommes des femmes exceptionnellement fortes et enjouées, nous gardons le sourire.

Au premier coup de pagaie, j’exécute un rituel Tutchone du Sud enseigné par l’aînée MaryJane Johnson pour arrêter la pluie. Le truc fonctionne : nous ne reverrons plus la pluie avant le lundi suivant notre retour.

Les premières heures de canotage se passent à analyser vitesse et distance à parcourir. Nous faisons environ dix kilomètres à l’heure. Il y a 415 kilomètres entre Carmacks et Dawson et nous avons planifié six à sept jours sur l’eau. Nous devrons faire entre 60 et 70 kilomètres chaque jour. Le défi est réaliste si aucune tempête ne déferle sur nos têtes.

La deuxième journée débute avec l’anticipation des célèbres rapides Five Fingers. Brigitte est zen, je suis nerveuse. Je répète frénétiquement le plan d’attaque : on garde la droite de la rivière, puisque nous voulons emprunter le passage du petit doigt. Une fois arrivée aux rapides, on fonce! Et surtout, nous restons calmes. Finalement, beaucoup plus de peur que de mal, les rapides nous ayant joyeusement bercées sans nous bousculer.

Un des points forts de la traversée est un arrêt à Fort Selkirk à la jonction de la rivière Pelly. C’est un haut lieu de l’histoire yukonaise qui s’offre aux visiteurs, sur le sol de la Première nation Selkirk. Les premiers échanges entre les Premières nations de la côte de l’Alaska et des terres intérieures du Yukon s’y sont déroulés. L’endroit a abrité un important poste de traite pour la Compagnie de la Baie d’Hudson à l’époque de Robert Campbell. Il a été un lieu populaire de ravitaillement pour les rêveurs d’or à l’apogée de la Ruée vers l’or et le fort a vu s’approvisionner en bois les bateaux à aubes. La ville s’est tranquillement endormie jusqu’au décès de son dernier habitant. Bref, Fort Selkirk est un endroit fascinant qui mérite une visite d’au moins quelques heures, si ce n’est de carrément y passer la nuit.

Vivre le fleuve

Puis la traversée suit son cours. Nous observons les courants de la rivière et les parois rocheuses laissées dans le sillage de l’impressionnante Tintina Trench, vestige des glaciers et des éruptions volcaniques. Les animaux nous observent intrigués, castors et outardes nous signalant poliment de foutre le camp. Les pensées se transforment, les soucis du quotidien disparaissent et rapidement on se rend compte de l’extraordinaire chance qui nous habite. Finalement, pourquoi ne pas continuer jusqu’à la mer de Béring?

Dawson

Jusqu’au jour où au loin nous apercevons par delà la cime des arbres, l’ancien village Han enfoui de Moose Hide. Une frénésie s’empare de nous, on pagaie ferme : Dawson approche. C’est en héroïnes les plus belles et les plus fortes, les déesses du fleuve, que Brigitte et Catherine trempent la pagaie dans les eaux de la célèbre cité chérie des Yukonais et des rêveurs : Dawson! La nuit a été belle, mais de ça, je ne vous raconterai pas les détails…

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Commentaires (1)

  1. Danielle Levasseur dit :

    Un excellent article avec une très belle photo. Un récit vibrant
    et inspirant qui donne vraiment envie de découvrir le Yukon.
    Des filles bien organisées qui ne manquent pas de courage ni
    d’enthousiasme. Bravo pour cette ecpédition, si bien racontée
    avec des mots qui dansent sur le fleuve Yukon!
    Danielle Levasseur journaliste retraitée de Radio-Canada

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