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Vous êtes le changement

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Thibaut Rondel

Samedi 8 septembre se tenait à travers le monde la grande marche « Debout pour le climat » (« Rise for climate »). Cette journée d’action a été lancée à la veille du Sommet mondial des villes et entreprises pour le climat qui a débuté hier à San Francisco. Une réponse du gouverneur californien aux politiques écologiques toxiques du président Trump.

Cette nouvelle marche pour l’environnement s’ajoute à la longue liste des appels à l’action qui n’ont cessé de se multiplier au cours des dernières années. Au rythme des crises migratoires, des catastrophes naturelles et des pics de pollution, les cris d’alerte lancés par une frange de l’humanité se font en effet entendre de plus en plus fréquemment.

Le bien-fondé de toutes ces manifestations n’a pas vocation à être remis en question. Lundi, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a lui-même dénoncé la paralysie des gouvernements et leur manque d’ambition en matière d’environnement. Si l’inaction persiste, des conséquences désastreuses seront à déplorer d’ici deux ans, a-t-il prévenu. Le patron de l’ONU a ensuite appelé la société civile – « jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde » – à demander des comptes à leurs dirigeants.

Cette démarche n’a jusqu’à aujourd’hui jamais abouti à quelque chose de tangible et une telle suggestion ne fait que révéler la naïveté des Nations Unies et son impuissance face aux enjeux. Le pouvoir politique a déjà amplement démontré qu’il ne devait plus être considéré comme l’interlocuteur ultime capable de résoudre la crise écologique mondiale. Les gouvernements se confortent si bien dans l’immobilisme que le tableau en est devenu réellement embarrassant. Paralysés par le chantage des groupes de pression et incapables de trouver le courage politique d’adopter des mesures impopulaires qui bousculeront nécessairement les habitudes de vie des populations, les dirigeants dont fait mention M. Guterres ne font que nous inviter à prendre notre destin en main.

Pour leur part, les groupes sociaux, culturels et religieux peuvent certainement canaliser des messages et faire rayonner l’information. Ils le font d’ailleurs déjà bien mais toutefois à différents degrés et sous la lentille de leurs propres convictions. Bien qu’émerge encore un certain nombre d’entrepreneurs éthiquement responsables, le secteur privé s’est quant à lui globalement perdu dans sa quête de croissance et son obsession des coûts. Comme les communautés scientifiques et les mouvements écologiques, toutes ces institutions peuvent bien diffuser des messages et sensibiliser aux enjeux. Mais aucune organisation et aucun groupe ne produira le changement. Car le changement n’est finalement rien d’autre qu’une affaire individuelle et il ne faut que le courage de ses convictions pour changer la face du monde. Au fond chacun sait plus ou moins ce qu’il a à faire pour préserver la planète mais trop peu passent à l’action. Par peur de sortir de sa zone de confort. Par paresse intellectuelle ou par manque de projection. Par déni des conséquences d’une habitude tout aussi plaisante que toxique pour son propre milieu de vie. Mais la simple prise de conscience et les manifestations de rue ne suffisent plus. L’action nécessaire passe par un bouleversement de nos habitudes de vie en matière d’alimentation, d’énergie, de transport, d’habillement, de technologie et de loisirs. La transition sera d’autant plus pénible et douloureuse que se prolongera la procrastination individuelle. Il est temps de se retrousser les manches. 

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