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Une victoire juridique pour les francophones d’un océan à l’autre

Julien Latraverse

Des associations franco-yukonnaises saluent la victoire juridique en Colombie-Britannique concernant la situation des écoles francophones de la province.

La Cour suprême a tranché : toute personne, anglophone ou francophone, a le droit de faire instruire ses enfants dans une des deux langues officielles, même si elle est en situation minoritaire.
Photo Pixabay

 

La Cour suprême du Canada a jugé en faveur du Conseil scolaire francophone (CSF) et de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique (FPFCB) dans le litige juridique entourant le financement des écoles francophones qui les a opposés au gouvernement de la Colombie-Britannique le 12 juin dernier.

Les organismes dénonçaient le manque de financement pour les écoles francophones dans la province. Le CSF touchera donc 7,1 millions de dollars de la part de Victoria en réparation, en plus de « confirmer la préséance des droits conférés par l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés », informe le président de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY), Jean-Sébastien Blais.

Cet article de la Charte stipule que toute personne, anglophone ou francophone, a le droit de faire instruire ses enfants dans une des deux langues officielles, même si elle est en situation minoritaire. « C’est le droit d’avoir une éducation égale », résume la directrice générale de l’Association franco-yukonnaise (AFY),
Isabelle Salesse.

Cette victoire juridique ne s’étend pas seulement aux frontières de la Colombie-Britannique, insiste Isabelle Salesse. Selon elle, il s’agit d’une véritable réussite pour la francophonie canadienne, « car sans l’éducation dans sa langue, il n’y a pas d’avenir pour les communautés ».

Le parallèle yukonnais

Tout comme son homologue yukonnais, le Conseil scolaire francophone a dû patienter pendant une longue période avant de recevoir le verdict de cette décision judiciaire. La province a attendu dix ans avant de pouvoir obtenir un financement adéquat de ses infrastructures et programmes francophones. Le Yukon, quant à lui, a obtenu la pleine gestion scolaire de la CSFY après dix-huit ans d’attente.

Le succès de ces ententes juridiques se partage cependant à toutes les petites communautés francophones, témoigne la directrice générale de l’AFY. « Ça va donner matière à ceux qui veulent faire valoir leur droit en se basant sur ce qui s’est passé en Colombie-Britannique et
au Yukon. »

Isabelle Salesse admet qu’il ne faut pas crier victoire tout de suite. Elle espère néanmoins que ce règlement pourra créer une jurisprudence « qui est toujours utile pour ses droits. Ça va donner matière à réfléchir à certains gouvernements provinciaux et territoriaux », conclut celle-ci.

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