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Une transition en douceur

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Pierre-Luc Lafrance

À l’aube de son vingtième anniversaire, l’organisme Les EssentiElles connaît un changement de garde (du moins sur une base temporaire). En effet, depuis le 22 septembre, Maryne Dumaine occupe le poste de directrice générale par intérim en replacement de Ketsia Houde qui est en congé de maternité. L’Aurore boréale a rencontré les deux femmes en pleine passation des pouvoirs dans la semaine du 15 au 19 septembre pour s’entretenir de cette transition, mais aussi de la pertinence de l’organisme après 20 ans.

Maryne Dumaine et Ketsia Houde estiment que le mouvement féministe fait face à un défi en ce qui concerne son image. Elles rappellent qu’il ne s’agit pas d’un mouvement contre les hommes, mais bien pour la justice sociale. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Maryne Dumaine et Ketsia Houde estiment que le mouvement féministe fait face à un défi en ce qui concerne son image. Elles rappellent qu’il ne s’agit pas d’un mouvement contre les hommes, mais bien pour la justice sociale. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Maryne Dumaine a une bonne idée de ce qui l’attend puisqu’elle connaît bien l’organisme. Elle a agi comme consultante sur un projet en plus d’être coordonnatrice de la revue Le Nombril. D’ailleurs, avant même de prendre officiellement ses fonctions, elle a agi à titre de représentante lors de l’événement pour souligner le 100e anniversaire de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne qui a eu lieu le 6 septembre. « Je me suis toujours intéressée aux EssentiElles. Je trouvais que c’était une belle cause, mais je n’avais pas le temps ou l’énergie de m’impliquer. Puis, quand j’ai eu l’occasion d’en apprendre plus, j’ai eu un coup de foudre. J’ai compris certaines des stratégies, mais j’ai aussi vu des défis que je ne connaissais pas. »

Pour Ketsia Houde, c’est rassurant de savoir qu’elle passe le flambeau à quelqu’un qui connaît bien l’organisme, mais aussi la communauté. « C’est tout un défi dans un petit milieu comme le nôtre de trouver une femme féministe, avec de l’expérience en gestion, qui s’exprime en français et, surtout, qui est disponible. Avec Maryne, on a trouvé la perle rare. En plus, elle est membre depuis un certain temps, ce qui rend les choses plus faciles. »

Déjà 20 ans

En mars 2015, il y aura de grandes célébrations pour souligner les 20 ans de l’organisme. « On en est encore au stade d’organiser et de choisir nos idées », soutient Mme Dumaine qui croit que les choses vont se mettre en place vers la fin de l’année pour un grand party au printemps. Pour elle, c’est important qu’il y ait un élément festif. « Vingt ans, c’est un âge où tu peux regarder le passé et voir le cheminement que tu as fait. Tu es solide, un adulte. Mais lorsque tu regardes devant toi, tu vois les défis, car tu as encore tellement à faire. »

Ketsia Houde rappelle que le mandat de l’organisme s’est développé au fur et à mesure que le temps passait. « Le danger en ce moment, c’est qu’il y a un certain discours qui dit que l’égalité est atteinte. Pourtant, quand on parle de pauvreté, les femmes sont encore les plus touchées. Les femmes occupent davantage des emplois précaires. Oui, il y a plus de femmes à l’université, mais les effets ne sont pas encore visibles partout sur le marché du travail, surtout dans les postes de direction. Oui, il y a eu des avancées, mais il reste des iniquités. Par exemple, les femmes sont plus souvent victimes de violence que les hommes. En même temps, le mouvement n’a que 50 ans. Ce n’est qu’en 1985 que les premières maisons de transition pour femmes en difficulté sont arrivées. Il n’y a pas si longtemps, la femme était encore considérée comme la propriété de son mari. On ne peut pas tout changer en si peu de temps. »

L’image du féminisme

Pour Maryne Dumaine, il y a un réel défi en terme d’image. « L’image de la femme qui est contre tout, contre les hommes, contre le système colle encore au mouvement féministe. » Elle soutient que plusieurs hommes ont peur du féminisme. « Il faut faire comprendre que le féminisme n’est pas contre les hommes, mais pour la justice sociale et cela touche les hommes autant que les femmes. » D’ailleurs, plusieurs hommes sont membres de l’organisme Les EssentiElles qui a joué un rôle proactif en mettant de l’avant un projet pour mobiliser les hommes pour contrer la violence faite aux femmes.

Ketsia Houde renchérit en disant qu’il faut ramener un équilibre. « La femme est plusieurs choses. Elle peut être première ministre, mais elle peut aussi être femme à la maison. C’est un rôle qui est dévalorisé dans la société en général, mais qui est très important. Il faut valoriser tous les rôles de la femme. » Dans la foulée, elle rappelle que si les femmes commencent à occuper des métiers traditionnellement masculins, il y a encore peu d’hommes dans l’espace traditionnellement féminin, une preuve qu’il reste du travail pour atteindre un équilibre.

Les deux femmes rappellent que Les EssentiElles n’est pas un organisme pour les femmes, mais bien un organisme pour la cause des femmes. « Si vous souhaitez vous impliquer, c’est le moment pour renouveler votre abonnement ou pour devenir membre », lance Maryne Dumaine en conclusion.

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