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Une tournée internationale pour le film yukonnais Journeys to Adäka

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Nelly Guidici

Journeys to Adäka met en lumière le parcours de plusieurs artistes issus des Premières Nations du Yukon et de l’Alaska. Adäka, qui signifie « entrer dans la lumière » dans la langue Southern Tutchone, est aussi le nom du festival qui se tient chaque été au Centre culturel des Kwanlin Dün de Whitehorse. Cet événement, véritable célébration de la culture autochtone du territoire, accueille de nombreux artistes de tous domaines d’expression.

Chantal Rondeau présente l’un des vêtements qui ont été portés lors du défilé de mode du festival Adäka. Photo : Fritz Mueller Visuals

Chantal Rondeau présente l’un des vêtements qui ont été portés lors du défilé de mode du festival Adäka. Photo : Fritz Mueller Visuals


Le documentaire suit ainsi le parcours de sept d’entre eux et plonge le spectateur dans une odyssée profonde et personnelle. Alcool, violence, racisme, écoles résidentielles ont semé des obstacles sur la route de ces individus qui, à travers la culture et l’art, ont entamé un processus de guérison et de découverte de leur identité.

Sept ans de travail

Teresa Earle et Fritz Mueller sont respectivement productrice et réalisateur du documentaire. Réalisé en partenariat avec la Yukon First Nation Culture & Tourism Association et Northwestel Community TV, ce projet est le fruit d’un long processus qui a duré sept ans, dont deux années pour le tournage. Photographe durant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010, M. Mueller est présenté pour la première fois à un contingent d’artistes du Yukon. De fil en aiguille, il est devenu le photographe officiel du festival Adäka et s’est retrouvé de plus en plus impliqué dans les projets de la communauté.

« Je suis inspiré par ce qui se passe au Yukon au sein des communautés autochtones au niveau de l’art, des histoires et de la musique. Les gens utilisent leur culture comme moyen de guérison », explique M. Mueller.

De la danse à la mode

Carmen Baker, présente dans le film, est originaire de Pelly Crossing. Elle a fondé en 2004 le groupe de danse Selkirk Spirit Dancers qui compte aujourd’hui 47 membres, dont 32 enfants.

Après avoir remarqué que personne ne dansait ou ne chantait dans la communauté, elle a décidé de faire quelque chose.

« Je suis heureuse de voir que les enfants apprennent de bonnes valeurs et ils réalisent aussi qu’ils font du bien aux gens », explique Mme Baker.

À travers la danse et le chant, les jeunes découvrent leur identité tout en revitalisant leur culture, et c’est ainsi que s’ouvre la voie de la guérison, selon Mme Baker.

Connaître l’histoire et découvrir la résilience derrière la culture est important, et c’est pour cette raison que la fondatrice du groupe a décidé de faire partie de ce projet.

Chantal Rondeau est journaliste et blogueuse. Originaire de Carmacks, mais résidant à l’extérieur du territoire, elle apparaît dans le moyen métrage lors des préparatifs du défilé de mode qu’elle a organisé pour le compte du festival. Mme Rondeau avoue qu’elle a été victime de racisme durant son enfance, et la fierté de ses origines n’est arrivée que plus tard. C’est lors d’un pow-wow en Alberta qu’un déclic s’est fait.

« Dès que j’ai entendu le son du tambour, je suis tombée amoureuse de ma culture, c’était comme si quelque chose à l’intérieur de moi renaissait », déclare Mme Rondeau.

Elle-même réalisatrice, elle estime que M. Mueller et Mme Earle sont talentueux d’avoir combiné l’histoire de sept artistes dans un film de 57 minutes. Peu importe le média, tant que ce sujet sera porté à l’attention du public, les jeunes pourront trouver une voie dans laquelle se diriger.

« Mon but dans la vie est de donner aux jeunes un sentiment de fierté de leur identité », explique la journaliste.

Une tournée au-delà des frontières

Après les projections à Whitehorse en mai et en juillet 2017 et à Atlin lors du dernier festival de musique, Journeys to Adäka a été présenté à Ottawa au One World Film Festival qui regroupe des histoires sur les thèmes de l’identité, la force et le triomphe.

M. Mueller est actuellement à Yellowknife dans le cadre du Festival international du film alors que Mme Earle se trouve en Australie pour le Byron Bay International Film Festival où le film est projeté pour la première fois sur la scène internationale.

Il sera également projeté au Festival de Banff et à San Francisco au mois de novembre. Une autre projection sera organisée à Whitehorse dans la cadre du prochain festival de films Available Light qui aura lieu du 3 au 11 février 2018.

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