Accueil » À la une » Une seconde chance pour intégrer le marché de l’emploi

Une seconde chance pour intégrer le marché de l’emploi

PartagerEmail this to someoneShare on Facebook41Tweet about this on TwitterShare on Google+0Pin on Pinterest0

Marie Ponchel

Lancé conjointement à l’hiver 2017 par l’Association franco-yukonnaise (AFY) et le Collège du Yukon, le Programme bilingue de Service à la clientèle vise à offrir un tremplin professionnel à de jeunes adultes en décrochage scolaire.

Deux mois après la fin du programme, une complicité s’est créée entre Taylor Perreault et Sandrine Proulx. Photo : fournie


Ils sont francophones ou anglophones, ont pour la plupart quitté le système scolaire et se sont confrontés à la barrière de l’emploi. C’est à eux que le Programme bilingue de Service à la clientèle vient tendre la main. Parti du constat que le secteur du tourisme était en forte croissance et que le bilinguisme y était un atout, les équipes de l’AFY et du Collège du Yukon ont commencé, dès 2015, à travailler sur l’adaptation en français du curriculum de l’organisme Équipe Alpha de la Nouvelle-Écosse. Mais le programme n’a pas tout de suite rencontré son public. Inauguré en effet à l’automne 2016, le dispositif a dû être repensé en profondeur à la suite du faible nombre d’inscrits (quatre sur un total de dix places) et s’est vu annuler dans la foulée.

Quinze semaines pour être un employé modèle

« On est allé se rasseoir pour penser à la façon dont le programme pouvait être amélioré et nous avons alors décidé de l’ouvrir aux anglophones. L’innovation de ce programme c’est vraiment le bilinguisme », s’enthousiasme Stéphanie Bourret, gestionnaire de formation à l’AFY qui a travaillé sur le squelette du programme.

À la suite d’une stratégie de communication active sur les réseaux sociaux, entre autres, et une campagne d’affichage dans le territoire, le programme fait parler de lui et trouve des intéressés. À l’hiver 2017, ce sont alors dix apprenants — huit anglophones et deux francophones — qui grossissent les rangs du Collège du Yukon, où sont offerts des cours adaptés au marché du travail, et ce, sur une période de quinze semaines.

Ateliers d’informatique, cours d’anglais et de mathématiques, mises en situation professionnelles ou encore classes d’écriture, les équipes mettent les bouchées doubles pour créer un cadre de travail au plus proche de la réalité du marché de l’emploi, avec feuilles de temps à la clé pour pallier les tentatives d’école buissonnière. « Le Programme bilingue de Service à la clientèle est un programme de préparation au marché du travail. L’objectif final est de faire de nos apprenants de futurs bons employés et qu’ils donnent le meilleur service possible aux clients », rappelle Sandrine Proulx, enseignante en adaptation scolaire et sociale qui s’est chargée d’encadrer les deux élèves francophones du projet.

De beaux succès à la clé

Parmi eux, Taylor Perreault, dont le programme lui a appris à respecter des horaires, un code vestimentaire et à donner un sens à sa vie professionnelle. C’est totalement par hasard, en discutant avec la conseillère pédagogique de l’École Émilie-Tremblay, que ce dernier a entendu parler du programme. À l’issue de la formation, il a pu effectuer un stage de son choix dans le domaine du tourisme et des industries de service. C’est sur le Baked Café que son choix s’est porté. Préparation des aliments, nettoyage, service à la clientèle… Une première expérience professionnelle constructive. L’enseignante s’en félicite : « J’ai des élèves qui ont eu de beaux succès. Autant du côté de la présence en classe que dans les stages. Il ne faut pas oublier que ce programme s’adresse à des élèves en difficultés. »

Comme métamorphosé, Taylor évoque sa passion pour les jeux vidéo et son désir de réussite : « Je veux m’inscrire au Collège, mais j’aimerais avant cela trouver un emploi pour mettre en pratique ce que j’ai appris. » Si son avenir semble s’éclaircir, le programme va quant à lui faire peau neuve pour le convaincre davantage. « Le programme a remporté un beau succès, mais le défi reste le nombre d’inscrits, voilà pourquoi on n’offrira pas le programme à l’automne 2018, mais certainement plus tard », confirme Stéphanie Bourret. Une chose est sûre : le programme restera bilingue. « Il y a eu une vraie dynamique de groupe qui s’est installée. Une belle synergie. Et la langue n’a posé de problème », assure-t-elle. Le bilinguisme au Yukon a encore de beaux jours devant lui. 

PartagerEmail this to someoneShare on Facebook41Tweet about this on TwitterShare on Google+0Pin on Pinterest0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *