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Une pièce qui suscite la controverse pour le 50e anniversaire de la décriminalisation de l’homosexualité

Charles-Antoine Côté (Francopresse)

En décembre 1967, Pierre Elliott Trudeau, alors ministre de la Justice, déclare que « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher » avec l’intention de décriminaliser le divorce, l’avortement et l’homosexualité. Le 14 mai 1969, le gouvernement présente la Loi omnibus C-150 qui décriminalisera les activités homosexuelles entre adultes consentants. Le 27 juin, le projet de loi sera adopté à 155 voix contre 149 après de longues discussions, marquant un jalon dans l’histoire des droits de la personne. Le gouvernement a souhaité souligner cet événement par la mise en circulation d’une pièce commémorative de cette loi.

La Monnaie royale canadienne met en circulation le dollar « Égalité », créé par l’artiste vancouverois Joe Average, pour souligner 50 ans de progrès en faveur des droits des personnes des communautés LGBTQ2S+ au pays.
Photo fournie

Le 23 avril dernier, la Monnaie royale canadienne a mis en circulation son dollar nommé « Égalité » qui vise à souligner les 50 ans du « Bill omnibus » de 1969 qui décriminalisait l’homosexualité.

« Beaucoup continuent de payer cher pour l’égalité. Le 23 avril 2019, soulignons les 50 ans du début de la décriminalisation de l’homosexualité au Canada », indiquait la Monnaie royale du Canada lors du dévoilement.

La pièce a été tirée à trois millions d’exemplaires et il est possible aussi de se procurer une version colorée en argent pur. Elle présente sur l’une de ses faces deux visages qui se superposent, symbolisant l’amour et la fluidité. Elle a été créée par l’artiste britanno-colombien Joe Average, connu pour son travail de militant en faveur des droits des personnes gaies.

Controverse dans la communauté LGBTQ2S+

La loi de 1969 proposée par le gouvernement libéral dirigé par Pierre Elliott Trudeau retire les rapports homosexuels chez les adultes consentants du Code criminel. Auparavant, l’homosexualité était réprimandée par l’emprisonnement à vie ou encore par la peine de mort.

La discrimination envers la communauté gaie a persisté à la suite de l’adoption de la loi de 1969. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Tom Hooper, professeur de l’Université York qui étudie l’histoire des communautés LGBT2S+ au Canada, rappelle que l’homosexualité restait tout de même considérée comme une maladie mentale au moment où la loi a été adoptée. Ce n’est qu’à partir de 1973 que l’American Psychiatric Association ne considère plus l’homosexualité comme étant une maladie. L’Organisation mondiale de la Santé lui emboîte le pas au début des années 1990.

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