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Une main-d’œuvre francophone, qualifiée… et européenne

Julien Latraverse

La pénurie de main-d’œuvre pousse la Garderie du petit cheval blanc à se tourner vers l’Europe pour trouver son personnel francophone.

Louise-Hélène Villeneuve (à gauche) et Leslie Larbalestrier (troisième à g.) en compagnie du nouveau personnel recruté lors de Destination Canada.
Photo : fournie

 

Malgré l’immensité de son territoire, le Canada peine à fournir à la demande grandissante d’éducatrices en petite enfance. Recruter à l’international devient la clé de voûte pour assurer la pérennité des organismes guettés par cette pénurie de main-d’œuvre, comme en témoigne la Garderie du petit cheval blanc.

« Il y a une pénurie d’éducatrices en petite enfance partout au pays », indique la directrice de la garderie, Louise-Hélène Villeneuve. Le contexte linguistique particulier du Yukon complique considérablement l’embauche de personnel qualifié, souligne la dirigeante de l’organisme. « Tu ajoutes la variable francophone dans un milieu anglophone minoritaire et ça devient encore plus difficile. »

Si être francophone réduit considérablement le bassin de recrutement de la garderie, la formation spécialisée en petite enfance ou en éducation l’accentue encore plus. « On se retrouve à ne pas avoir le choix de se tourner vers l’Europe », affirme Mme Villeneuve.

Le programme Destination Canada, piloté par le gouvernement fédéral, permet à plusieurs organismes d’élargir la portée de leur campagne de séduction à l’international.

En collaboration étroite avec l’Association franco-yukonnaise (AFY) et Destination Canada, la Garderie du petit cheval blanc a pu se rendre en novembre dernier à Paris et en Belgique à la recherche de cette précieuse main-d’œuvre.

Le forum de l’emploi organisé par Destination Canada possède un caractère unique où les candidats potentiels sont filtrés à l’avance selon leurs qualifications, raconte l’adjointe administrative et responsable du service de garde et des camps, Leslie Larbalestrier. « Ce n’est pas comme une foire d’emplois où tu rentres avec ton CV comme tu veux. Tu dois avoir une invitation pour y participer. »

La crème de la crème de la petite enfance

De cette façon, Destination Canada aide les organismes à trouver plus facilement la perle rare. Par exemple, la Garderie du petit cheval blanc a rencontré plus de 200 personnes au salon. « Là-dedans, on a récolté 120 CV, on a fait un tri […] et on a passé une vingtaine d’entrevues », explique Leslie Larbalestrier. « Finalement, on en a engagé six. »

La directrice, Mme Villeneuve, explique l’importance de la participation de l’organisme à ce forum de l’emploi. « Ça fait une grosse différence pour nous. Sinon, on ne pourrait faire fonctionner nos différents services à plein rendement. »

« On a plus de succès avec ce programme-là, en participant à Destination Canada, qu’avec toutes les plateformes de recrutement qu’on utilise. On a même fait des tentatives avec des plateformes où il faut payer, comme Jobboom, mais ça ne répond pas. Il y a juste une pénurie », rend compte celle qui est directrice de la garderie depuis 2015.

Une communauté accueillante

Arrivée depuis deux mois au Yukon par l’entremise de Destination Canada, Mélanie Bourguignon, une des nouvelles éducatrices de la garderie, voit mal comment elle aurait fait pour immigrer ici sans l’assistance du programme et du personnel administratif de la Garderie du petit cheval blanc. « On essayait de se renseigner sur Internet, mais c’était compliqué […] on était perdus dans la masse d’informations. »

La Yukonnaise d’adoption admet ne jamais avoir mis les pieds dans le pays de la feuille d’érable avant. C’est l’appel de « la vie au grand air, la nature, des grands espaces » qui l’a poussée à tout quitter en France pour déménager ici avec son compagnon. On est ravis, en fin de compte, d’être tombés ici », confie-t-elle en souriant.

L’éducatrice de la petite enfance admet ne pas avoir eu un choc culturel à son arrivée au Yukon. « On a vraiment bien été accueillis, que ça soit ici à la garderie ou pour le logement […] On s’est sentis tout de suite chez nous. »

Immigrer sans tracas

L’administration de la garderie se fait un point d’honneur d’énumérer les défis météorologiques yukonnais pour éviter les mauvaises surprises. « Pendant l’entrevue, je les mets en garde : ici, l’hiver, il fait froid et il fait noir. Je dresse vraiment le tableau complet pour qu’ils sachent exactement à quoi s’attendre à leur arrivée », informe Leslie Larbalestrier.

Elle-même immigrante, l’adjointe administrative fait tout en son possible pour garantir un accueil agréable et sans heurts aux nouveaux arrivants : accueil à l’aéroport, aide au logement, et même, un accompagnement virtuel pour « faire le suivi avec le service d’évaluation de diplômes, l’ambassade et l’immigration au besoin. »

Pour Leslie Larbalestrier, la reconnaissance des qualifications est primordiale. L’adjointe administrative va « s’assurer que leur diplôme et leurs expériences professionnelles sont reconnus à leur juste valeur » et ainsi rémunérer les employés conformément à leur scolarité.

L’ouverture imminente d’une seconde garderie du petit cheval blanc au centre-ville de Whitehorse, prévue vers la fin septembre, témoigne de la demande grandissante pour des services de la petite enfance francophone au Yukon. Chose certaine, l’administration de l’organisme n’a pas fini d’utiliser les services de Destination Canada.

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

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