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Une journée sans tabac

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Thibaut Rondel

Aujourd’hui 31 mai a lieu la Journée mondiale sans tabac. Présentée chaque année par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la date vise notamment à souligner les risques sanitaires, économiques et sociaux associés au tabagisme et à plaider en faveur de politiques efficaces pour réduire la consommation de tabac.

Le thème 2018 fait le lien entre la consommation de tabac et les maladies cardiovasculaires. Peu de gens savent en effet que le tabagisme se trouve être la deuxième cause de maladie cardiovasculaire, après l’hypertension artérielle notamment causée par l’obésité, la sédentarité, l’abus d’alcool et de tabac ou encore le stress.

Lorsque l’on interroge la population sur les maladies causées par le tabagisme, c’est souvent le cancer qui revient en tête des réponses. Au Yukon par exemple, 9 % de tous les décès sont causés par le cancer du poumon. Pourtant, parmi les 5 millions de décès attribuables au tabagisme chaque année dans le monde, on compte deux fois plus de décès par accidents cardiovasculaires que par cancer du poumon.

Photo : Pixabay


Au Canada, on comptait en 2016 environ 5,2 millions de fumeurs (17 % de la population). Bien que ces données excluent malheureusement la population des territoires, on connaît toutefois bien la dramatique prévalence du tabagisme dans le Nord.

Selon les données de 2014, 26 % de la population yukonnaise fumait quotidiennement ou occasionnellement, comparativement à 18 % à l’échelle nationale. Aux T. N.-O., le taux atteignait plus de 33 %, tandis que la population du Nunavut comptait un impressionnant 62 % de fumeurs. L’écart entre le Yukon et le Canada se réduit toutefois au fil du temps, mais les statistiques les plus récentes situent encore le taux de tabagisme au Yukon à environ 21 %, à 4 points au-dessus de la moyenne nationale.

La lutte contre le tabagisme peut prendre plusieurs visages, mais les spécificités démographiques, sociales et économiques propres aux territoires peuvent entraver les efforts entrepris pour limiter le tabagisme. Alors que les dix provinces canadiennes ont déjà intenté des poursuites contre les compagnies de tabac et que les T. N.-O. et le Nunavut ont adopté des lois leur permettant de le faire, le Yukon reste par exemple la seule juridiction au pays à ne pas s’être dotée de loi lui permettant de poursuivre les compagnies de tabac pour les coûts des soins de santé.

Interrogé à ce sujet en 2015, l’ancien ministre yukonnais de la Justice, Brad Cathers, affirmait que le jeu n’en valait pas la chandelle, puisque les frais juridiques pour intenter une action en justice contre les compagnies de tabac seraient probablement semblables à ceux d’une province, et que l’avantage financier d’une potentielle victoire judiciaire serait beaucoup moins important pour le Yukon que pour les provinces.

En matière de prévention et de lutte contre la toxicomanie, la petite taille du Yukon et la faible influence de son pouvoir politique restent ainsi des facteurs fortement limitants. La preuve en a été donnée une nouvelle fois cette année, lorsque le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se coucher devant le tout-puissant lobby de l’alcool.

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