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Une immersion espagnole au Panama

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Émylie Thibeault-Maloney

Je vis dans une maison d’un étage, plutôt grande si on la compare à certaines, vue de l’extérieur. Sur le balcon, une petite table de bois, deux chaises, un hamac suspendu et un parquet qui luit. À l’intérieur, le temps semble s’être arrêté dans les années 1950. De vieux meubles, une petite cuisine équipée du strict nécessaire — un frigo, un poêle et un minuscule comptoir qui en ferait rager plusieurs.

Fait rare dans le voisinage, il y a une connexion sans fil à la maison. Par contre, pas d’eau chaude. Il faut voir ça du bon côté : le matin, la douche réveille, et ça a le mérite d’éviter le gaspillage de l’eau.

La petite ville de Boquete, au creux des montagnes du Panama. Photo : Émylie Thibeault-Maloney

La petite ville de Boquete, au creux des montagnes du Panama. Photo : Émylie Thibeault-Maloney

Je me trouve à Boquete, un village situé dans le creux des montagnes de la province de Chiriqui, à l’ouest du Panama. Boquete est connu pour sa végétation luxuriante et son café de renommée internationale. De sa population de 19 000 personnes, on compte environ 14 % d’expatriés. Surtout des Américains, mais également des Canadiens et des Allemands.

Je suis ici en immersion espagnole. Depuis l’Espagne en 2012, je n’ai pas beaucoup pratiqué. Aussi, l’école de langues m’a-t-elle placée dans le niveau B2 (Intermédiaire avancé). Mon horaire va comme suit : activités le matin et cours l’après-midi.

Nivia Miranda, une charmante dame d’une soixantaine d’années, m’héberge chez elle. Retraitée, elle prend son rôle très au sérieux. Le matin, elle me cuisine à déjeuner, le plus souvent du jambon, des œufs, du fromage à la crème et un genre de pain frit ou quelque chose qui ressemble à une croquette de patates, je ne sais pas trop. En tout cas, une chose est certaine, c’est que je n’ai plus faim après un déjeuner comme ça. À quelques reprises, j’ai essayé de lui expliquer poliment que je ne mange pas de viande, mais rien n’y fait. Chaque fois que je m’attable, je vois apparaître un morceau de jambon, une côtelette de porc, une poitrine de poulet. Tant pis. C’est qu’elle est tellement gentille, la señora Nivia. Et puis, déjà qu’elle cuisine pour moi, qui serais-je pour me plaindre? D’ailleurs, j’ai bien essayé de l’aider à cuisiner, mais sans succès. Elle se fait un point d’honneur de nous nourrir comme si nous étions ses propres enfants. Ça m’a fait drôle au début, mais on s’habitue. Elle est vraiment cute, je vous le jure.

Pendant la journée, elle garde ses petits-enfants et je vaque à mes occupations. Visite des plantations de café, randonnée, ascension du volcan Baru; ce ne sont pas les activités en plein air qui manquent à Boquete. Par contre, comme c’est la saison des pluies, doublée cette année du phénomène El Niño, ça complique un peu les choses. Qu’à cela ne tienne : j’ai mon imperméable et de toute façon, il pleut le plus souvent en après-midi, pendant que je suis à l’école.

Je reviens de l’école vers 17 h 30. On se raconte notre journée, en espagnol. Nivia est vraiment patiente, et elle a l’habitude d’accueillir des étudiants qui s’expriment avec difficulté. Elle a une bonne écoute et elle aussi, elle aime jaser. Elle me raconte ses voyages au Kentucky et à Miami, me parle de son fils Arturo, qu’elle a envoyé étudier en Belgique pour qu’il apprenne le français, à l’époque. La première journée, après quatre heures de cours, mon cerveau voulait exploser. Le 2e jour, c’était déjà mieux. Le 3e jour, je me faisais des scénarios en espagnol. Aujourd’hui, c’est seulement le 4e jour, et j’ai l’impression de vivre ici depuis quelques semaines. Je sens déjà une différence lorsque je m’exprime. Je suis plus à l’aise et la conjugaison des verbes est moins difficile. De plus, chaque fois que les gens me comprennent du premier coup, sans que j’aie besoin de répéter, c’est pour moi une petite victoire. Selon moi, le fait d’être hébergée chez une Panaméenne, plutôt que de dormir à l’auberge, contribue énormément à mon progrès.

Pour plus renseignements

École de langues Habla Ya. Le service est très professionnel et les instructeurs sont tous certifiés.

Établie au Yukon depuis deux ans, Émylie Thibeault-Maloney est une traductrice passionnée de voyages actifs, de langues étrangères et de plein air. Découvrez le récit non censuré de ses aventures sur son blogue. Vous pouvez également la suivre surFacebook et sur Instagram

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