Accueil » À la une » Une boucle, cinq tirs, et on recommence

Une boucle, cinq tirs, et on recommence

Kelly Tabuteau

Alors que l’été vient tout juste de commencer et que beaucoup sortent chaussures de randonnée, pagaies, tentes ou campeurs, d’autres Yukonnais continuent leur pratique du biathlon. En effet, le biathlon ne se pratique pas seulement en hiver!

En été, les adeptes du biathlon remplacent leurs skis par un vélo. Pour chaque tir manqué, ils effectuent de nouveau les 2,5 km du parcours.
Photo : Contagious Mountain Bike Club

 

Né en Europe au milieu du 18e siècle, ce mélange de ski de fond et de tir à la carabine exige de l’endurance, de la rapidité, du calme et de l’adresse. Il existe cependant des variantes à cette discipline historique : le tir à la carabine peut être remplacé par du tir à l’arc, et le parcours en ski par toute activité cardiovasculaire comme la course à pied, la course en raquettes ou le vélo. Les gérants du Contagious Mountain Bike Club et de Biathlon Yukon l’ont d’ailleurs bien compris. Depuis plusieurs années maintenant, l’événement Bike Biathlon propose aux athlètes de s’affronter sur un parcours associant vélo de montagne et tir. Cette année, cela se passe tous les mercredis de juillet, dans les hauteurs de Grey Mountain.

Pédaler et tirer

Chaque soirée est organisée de la même manière : une boucle de 2,5 km à parcourir en vélo, puis 5 cibles à dégommer pour pouvoir repartir, le tout à faire trois fois. À chaque tir loupé, c’est une boucle de plus à arpenter en guise de pénalité. L’avantage de cette déclinaison, c’est qu’elle laisse une chance à tout le monde de tester la complexité de ce sport, que l’on aime skier ou non. Car le défi du biathlon ne repose pas vraiment dans le ski; il repose davantage sur la combinaison de deux disciplines complètement opposées. Il y existe une composante physique où l’athlète cherche à atteindre sa limite pour aller le plus rapidement possible et une composante mentale où, au contraire, il cherche à rester le plus immobile possible pour ne pas manquer son coup, malgré le souffle court lié à l’effort d’endurance précédent. Marc Champagne, membre assidu de l’association Biathlon Yukon, témoigne : « J’ai essayé le bike biathlon il y a deux ans et c’est très similaire au biathlon classique, bien que peut-être un peu plus facile. Cela nécessite moins de préparation matérielle – pas besoin de farter ses skis par exemple – et la mise en place au pas de tir est plus aisée puisque tu n’es pas gêné par tes skis – que tu ne peux déchausser – et tes bâtons. »

L’association Biathlon Yukon

En été, Biathlon Yukon offre quelques programmes, essentiellement pour les préadolescents et les très jeunes adultes qui sont engagés dans le volet compétitif. Ils peuvent suivre une préparation physique, basée sur la course à pied, et peaufiner leur technique de tir avant que l’hiver ne revienne. Commence alors la « vraie » saison. Dirigé par une équipe de bénévoles, tant pour la gestion de l’association que celle des entraînements, l’organisme offre des programmes hivernaux ouverts aux personnes de huit ans et plus. Marc Champagne revient sur les différences entre le ski et le vélo : « Qui dit ski dit hiver, dit froid, un facteur environnemental moins présent en bike biathlon. La température affecte tes mains, ta vision et a aussi un impact sur la façon dont ta carabine se comporte. » Il conclut : « En biathlon classique, ce que je préfère finalement, c’est l’aspect stratégique de la discipline. Tu dois trouver l’équilibre entre la vitesse à laquelle aller en ski et les conditions physiques nécessaires pour bien tirer. »

Dès le 3 juillet, les personnes possédant un vélo de montagne et un casque peuvent donc aller s’essayer au mélange de sensations que procure le bike biathlon.

Photo : Contagious Mountain Bike Club

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *