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Un projet « cirieusement » emballant!

Julien Latraverse

Deux jeunes frères yukonnais, Macéo et Kolya, ont réussi à combiner l’entrepreneuriat et l’environnement en produisant leur propre emballage alimentaire réutilisable en cire d’abeille.

L’Association franco-yukonnaise a fait affaire avec la famille Grottoli-Demers lors de leur dernière assemblée générale annuelle afin de produire le moins de déchets possible.
Photo : Julien Latraverse

 

Personne de la famille Grottoli-Demers ne se doutait du succès de leur emballage alimentaire réutilisable en cire d’abeille, né à la base d’un projet de science du fils cadet Macéo Grottoli, âgé de 9 ans.

« Dans notre classe, on avait découvert qu’il y avait beaucoup de pollution et de plastique dans l’océan », explique Macéo. Cette réalisation a poussé le jeune Franco-Yukonnais à confectionner ses emballages alimentaires pour réduire sa consommation de pellicule de plastique à la maison.

Le succès commercial est venu après, lorsque sa mère, Lana Demers, a publié le produit sur sa page personnelle Facebook. « Tout d’un coup, toute la famille et les amis en voulaient », se rappelle-t-elle.

Même si Macéo admet avoir utilisé une partie des profits pour acheter un tout nouveau matelas pour son chien Oslo, 10 % du revenu des ventes sont offerts en don à l’organisme Oceana Canada.

Cet organisme à but non lucratif lutte pour la préservation des écosystèmes aquatiques dans le monde, un enjeu très important pour la famille. « La plus grosse île de plastique dans l’océan fait trois fois la taille de la France », souligne Kolya, le grand frère de Macéo.

L’engouement pour leur produit « est une bonne chose » croit Kolya, 11 ans. « Je pense [que les gens] veulent sauver leur planète. »

Les matériaux utilisés pour la fabrication des emballages, soit la cire et le tissu, proviennent de magasins locaux en plus d’être biologiques.

Comme l’explique le père des deux garçons, Anthony Grottoli, l’idée derrière ce projet est « d’encourager le monde à faire un choix responsable » avant d’ajouter, à la rigolade, « si on voulait se rendre riche, on augmenterait les prix! »

La recette pour créer un emballage alimentaire est simple : disperser des billes de cire d’abeille sur un morceau de tissus sur une plaque allant au four. Après 2 à 3 minutes à 375 oC, séchez ensuite la pièce de tissu comme le fait Macéo.
Photo : Julien Latraverse

 

« Vert » la suite

C’est en participant l’année passée à la « Littlest Art and Craft Fair », organisé dans le temps des Fêtes par leur voisine Lara Melnik à Takhini Nord que la famille s’est rendu compte de l’intérêt de la communauté pour ses produits.

« En deux heures, on a vendu 72 paquets! », se remémore Kolya. Le jeune garçon estime avoir liquidé près de 200 paquets depuis le début de cette aventure écologique.

Victimes de leur succès, les frères Grottoli avouent ne pas savoir s’ils poursuivront ce projet. « Si la demande n’arrête pas, on va peut-être continuer », reconnaît Macéo, enterré par la bruyante contestation de son frère Kolya.

Produire une fournée d’emballage alimentaire est un processus extrêmement chronophage, d’où l’incertitude de Macéo. « Il faut se dédier », affirme leur père. « Ça nous a pris trois fins de semaine complètes pour faire nos 72 paquets », raconte Anthony Grottoli.

L’initiative de la famille marque déjà la communauté. Les deux frères ont animé un atelier pour la classe de maternelle à leur école primaire Émilie-Tremblay. « À l’École élémentaire de Whitehorse, ils ont décidé [l’année passée] de faire un Noël sans déchets ou le moins de déchets possible », renchérit avec entrain Lana Demers.

Les paquets de trois emballages alimentaires en cire d’abeille confectionnés par la famille Grottoli-Demers coûtent 14 $.

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