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Un premier roman jeunesse pour Sophie Labelle

Françoise La Roche

Depuis 2014 sur Tumblr, on peut suivre les aventures de la jeune transgenre, Stéfie. La bande dessinée en ligne Assignée garçon, que l’on peut lire en ligne en versions française et anglaise, est publiée trois fois par semaine par la bédéiste Sophie Labelle dont la réputation dépasse le Canada et s’étend aux États-Unis et en Europe. L’histoire de l’héroïne, Stéfie, 11 ans, est racontée en abordant les questions de normes de genre et de privilèges.

Sophie Labelle a parcouru bien du chemin dans le monde de la littérature et de la bande dessinée depuis son séjour au Yukon. Ses albums jeunesse sont publiés en français et en anglais et certains ont été traduits en espagnol, norvégien, islandais, allemand, finnois, suédois et tchèque. Photo : Julie Artacho


Mais voilà que Sophie Labelle a élargi son champ d’action avec une autre forme d’écriture et a pondu un roman jeunesse, premier tome d’une série. L’Aurore boréale s’est entretenu avec l’auteure par Skype, alors que celle-ci se trouvait en résidence d’écriture en Laponie.

Aurore boréale : Quel est le titre de votre roman et de quoi traite-t-il?

Sophie Labelle : Le titre est Comment survivre aux deux prochaines minutes.

C’est le tome un d’une série dont le titre est Ciel. Le personnage principal, Ciel, est une jeune ado transgenre âgée de 13 ans. Elle poursuit une relation à distance avec son amoureux qui est retourné vivre en Islande. Au fil des tomes, j’aborderai les questions de genre et LGBT. Ça tournera aussi autour des médias sociaux, du racisme et d’autres sujets du même genre. Le livre s’adresse à un lectorat âgé de 9 à 12 ans.

A.B. : Comment vous est venue l’idée d’écrire un roman?

S.L. : C’est la maison d’édition québécoise Hurtubise qui m’a approchée. La direction connaissait déjà ma bande dessinée et on m’a offert d’écrire une série de romans jeunesse sur le sujet.

A.B. : Quand aura lieu le lancement officiel?

S.L : Le premier lancement aura lieu le 8 février à Montréal à la librairie féministe L’Euguélionne. Suivront ensuite des lancements les jours suivants à Sherbrooke, Québec et Ottawa. Puis, je me rendrai à Bruxelles et à Paris pour le lancement européen. Le livre sera disponible dans toutes les librairies à compter du 8 février.

A.B.: Y aura-t-il une tournée de promotion européenne?

S.L : Oui. Ce sera une tournée de conférences jumelées à la promotion de mon roman. Dans les trois prochains mois, je suis invitée en France, en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie et au Portugal.

A.B.: Êtes-vous nerveuse à la veille du lancement de votre premier roman?

S.L. : Outre un de mes albums jeunesse, ce sera le premier livre que je n’aurai pas autopublié. Donc, c’est assez stressant parce que ce n’est pas moi qui décide de tout. Il y a plusieurs points qui sont laissés entre les mains d’autres gens, et ça me rend un peu nerveuse. C’est un projet beaucoup plus ambitieux que tout ce que j’ai fait auparavant, donc la barre est beaucoup plus haute que ce à quoi je suis habituée. Normalement, je fais mes petits trucs de mon côté sans ingérence de nulle part, mais là, c’est différent.

A.B. : Parlez-nous de vos projets?

S.L. : J’essaie de prendre la prochaine année un peu relaxe, parce que j’ai passé les quatre derniers mois en tournée. J’ai visité plus de quinze pays en Europe. J’ai comme projet de participer à des résidences d’écriture avec d’autres artistes trans. […] Je continue de publier des bandes dessinées en format papier. Je travaille actuellement sur une courte histoire de 30 pages à propos d’un camp de vacances. Autrement, j’ai recommencé à peindre. Je travaille également sur de courtes histoires autobiographiques, un style de nouvelle en bande dessinée.

A.B. : Vous voyagez et travaillez beaucoup. La vie de tournée est épuisante. Quel est votre moyen pour vous détendre?

S.L. : Quand je mets de côté le travail et que j’essaie de relaxer, la première chose qui me vient en tête, c’est de prendre mon crayon et de m’imaginer des histoires. Dessiner, ça fait partie de ce que je considère comme de la relaxation.

On se souviendra que Sophie Labelle a vécu au Yukon en 2010 et 2011. Elle était monitrice de français à l’École Émilie-Tremblay. Elle a terminé l’entrevue en disant : « Je m’ennuie beaucoup du Yukon et j’en parle tout le temps. »

En plus de sa bande dessinée, Sophie Labelle a à son actif une douzaine de recueils de bandes dessinées; deux albums jeunesse; quatre livres à colorier; un roman autopublié en 2013  (Le comité infernal des ordres ténébreux) et le premier tome de la série Ciel.

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