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Un Monde à part que l’on ne trouve nulle part ailleurs

Maryne Dumaine

Récit d’anticipation nordique et outil de développement de la pensée critique face aux événements qui planent dans nos prévisions du futur, le nouveau projet de Sylvain-Henri Simard verra le jour le 19 octobre prochain au Centre de la francophonie. Préparez-vous à être transporté dans un autre monde…

L’album consiste en un récit, divisé en 20 chapitres, accompagné d’un album illustré. Support à l’imagination, ce document sert aussi de document pédagogique pour aller plus loin dans la compréhension du récit. Illustration : fournie


Sylvain-Henri Simard, enseignant à l’École Émilie-Tremblay, est arrivé au Yukon l’année dernière. Il présentera lors d’une soirée exceptionnelle l’aboutissement de son nouveau projet intitulé Monde à part 3, composé d’un récit en vingt chapitres, clôturé par une chanson qu’il interprétera avec Caroline Robitaille.

Un projet bien à part

En plus de recherches, de lectures quotidiennes et de composition, ce projet a demandé la collaboration d’un collectif d’artistes pour créer un récit d’anticipation postcyberpunk. Véritable expérience sonore accompagnée d’un support visuel. Le tout en français, qui plus est.

« C’est assez unique au sein de la francosphère », accorde le fondateur du projet. « C’est l’aboutissement d’un travail colossal », explique-t-il. « Cela fait trois ans que je travaille sur ce projet avec plusieurs artistes de grand talent. Certains sont des professionnels des bandes sonores pour de grands jeux vidéo. » On notera notamment la collaboration avec Pixel Audio, à l’origine des bandes sonores des jeux Lara Croft.

Conteur des temps modernes, Sylvain-Henri Simard crée des contes qui s’écoutent avec les yeux, accompagnés d’images à lire avec des oreilles. Enregistré sous format audio, l’album inclut un livret illustré et pédagogique. « Il nous permet de nous transporter dans ce monde. »

Quel monde? L’auteur raconte : « Au tout début, les auditeurs se réveillent d’un long sommeil cryogénique. Une voix, qui s’appelle Ève, qui est une intelligence artificielle sera le fil conducteur de l’histoire. Elle leur raconte les événements qui se sont déroulés pendant les 84 années lors desquelles ils étaient endormis. » Pendant ces années se sont déroulés toutes sortes d’événements et surtout, les machines se sont émancipées. Repliée aux pôles, la résistance humaine survit tant bien que mal et tente de préserver ce qui reste du monde vivant… « Une aventure qui saura faire réfléchir sur la nature de l’être humain, son existence et son évolution », peut-on lire sur le site Web de l’artiste.

Un parcours à part, dans les trois territoires

À l’image de ses créations, le parcours de M. Simard est « à part »; c’est probablement la seule personne qui ait enseigné dans une école francophone de chaque territoire!

Mais au-delà de la géographie de ses enseignements, M. Simard est également diplômé de l’École nationale de la chanson, école qui a lancé de nombreux artistes de la francophonie canadienne sous les feux de la rampe (Damien Robitaille, Lisa Leblanc ou Alex Nevsky…)

Fort de cette double formation, il sort en 2011 le premier album de monde à part (MAP) qui naît de son expérience comme enseignant de musique à Jasper, en Alberta. « J’avais besoin de pouvoir enseigner avec quelque chose dans lesquels les jeunes pourraient se reconnaître. » Deux ans plus tard, il sort le premier album francophone à être produit au Nunavut : Monde à part 2.

Une soirée à part

Au Centre de la francophonie, vous serez transportés dans un autre monde, le temps de la présentation de ce projet. Vous pourrez dès lors laisser Ève commencer ce récit des plus saisissants…

« L’idée derrière MAP3, c’est d’illustrer des enjeux dont nous entendons de plus en plus parler : la 6e extinction, l’intelligence artificielle, les changements climatiques… », explique l’artiste. « Cet album, je le vois aussi un peu comme une responsabilité citoyenne. »

En effet, l’artiste souhaite encourager les auditeurs à se questionner sur les grands enjeux de notre avenir. « Il n’est pas question d’imposer des idées, mais plutôt d’amener à se questionner. »

Le questionnement, il l’enseigne en classe aussi : « Apprendre, c’est bien, mais il faut aussi se construire une tête. Notre rôle d’enseignant est de préparer les jeunes à l’économie de demain. Le nouveau curriculum nous encourage justement à développer la pensée critique chez nos jeunes. »

En plein dans cet esprit de pensée critique, l’artiste a choisi d’accompagner le lancement de cet album d’un panel de discussion au sujet des changements climatiques. « Ces choses abondent de plus en plus dans les médias. Ça me parle beaucoup. L’art peut servir à faire des chansons d’amour ou des chansons de husky, et j’adore faire ça. Mais l’art peut aussi servir à amener les gens à faire des réflexions. »

Toute la communauté est donc invitée à venir alimenter cette réflexion qui suivra la présentation de l’album, le tout accompagné d’un léger goûter. Les portes ouvriront à 19 h pour le lancement de l’album, suivi vers 20 h du panel de discussion. L’entrée est une contribution volontaire qui vous donnera droit à un album.

Pour plus d’information et notamment pour y retrouver des dossiers pédagogiques : www.mondeapart.ca

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