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Un conte de fées anti

Irene Otten

Une apprenante des cours de français aux adultes a remis un texte qu’elle avait eu à faire comme devoir. Son enseignante, Myriam Lachance-Bernard l’a trouvé intéressant et a encouragé son étudiante à contacter l’Aurore boréale pour nous proposer son texte.

Photo : Pixabay

Il était une fois, il n’y a pas si longtemps, un pays magnifique, avec de nombreuses collines et vallées, un hiver et des canicules, des prairies alpines, des zones humides florissantes, de grandes forêts et une vaste toundra.

Alors, ce beau pays était peuplé de nantis et de démunis. On les appelait les « avec » et les « sans».

Il fallait appartenir à un groupe ou à l’autre. C’était comme ça.

Il fallait comprendre où l’on se situait par rapport aux autres dans ce beau pays. De cette façon, il était facile de les distinguer. Pas de problème.

Les avec pensaient tout savoir sur les sans. Ils faisaient semblant de donner de bonnes choses aux sans, mais en réalité ils ne donnaient qu’à eux-mêmes. Les avec étaient très compétents dans la « pensée magique ».

Les avec avaient très peur des sans. Ils craignaient de devenir eux aussi des sans. Ils s’asseyaient devant des écrans captivants de leur époque, toute la journée, pour recueillir des informations et regarder des émissions qui les rassuraient qu’ils resteraient toujours des avec et deviendraient de forts avec.

Ils ne voulaient pas vraiment connaître les sans. Non. Pas du tout.

Les sans pensaient aussi qu’ils savaient tout sur les avec. Ils faisaient semblant d’être reconnaissants pour tous les « faux cadeaux » des avec, car parfois c’était la seule façon de s’entendre dans le beau pays. Ils savaient que tout ce « faire semblant d’aider » ne les aidait vraiment pas. Pas du tout. Et donc, pour oublier qu’ils étaient coincés dans une situation désespérée, ils rêvaient de devenir, eux aussi, des avec. Parfois, ils utilisaient des plantes étranges et des boissons dégoûtantes pour avoir des rêves plus forts. Les sans étaient aussi très versés dans la « pensée magique ».

Ainsi, pendant longtemps, en fait, plusieurs centaines d’années, dans ce beau pays… avec les nombreuses collines et vallées, l’hiver et les canicules, les prairies alpines, les zones humides florissantes, les grandes forêts et la vaste toundra, les avec et les sans vivaient avec leur propre « pensée magique » particulière.

Les avec avaient de plus en plus de choses et certains sont même devenus des AVEC.

Les sans perdaient terriblement au jeu de la vie, au point où beaucoup refusèrent de jouer comme prévu et firent de tristes choses. Certains sans se mirent en colère, certains devinrent très tristes et certains devinrent très confus.

Alors bien sûr, les avec eurent un autre « faux cadeau » pour eux, les sans; ils leur donnèrent des numéros et des étiquettes au lieu de leurs propres noms, pour les garder identifiés comme très différents.

Et qui pouvait vraiment comprendre les numéros et les étiquettes? Et pourquoi le voudrait-on vraiment?

Et ainsi de suite alla toute cette « pensée magique ».

Bien, nous savons tous que l’univers est tout-puissant, et apprécie la science, si bien que toute cette « pensée magique » aurait bouleversé l’équilibre de la nature. L’équilibre de la nature est ce qui garderait le beau pays toujours beau… avec les nombreuses collines et vallées, l’hiver et les canicules, les prairies alpines, les zones humides florissantes, les grandes forêts et la vaste toundra.

L’univers dans toute sa sagesse ne reconnaissait pas les avec ou les sans en tant qu’êtres différents.

Alors un jour, l’univers, à sa façon sage, consciente et cosmique, décida :

« Je devrais donner quelque chose aux avec et aux sans pour qu’ils puissent se connaître un peu mieux, de la manière dont je les connais; tout comme les gens, les êtres humains, tous égaux, une seule espèce. »

L’univers continua :

« Eux, les humains qui pensent qu’ils sont différents les uns des autres, pourront ne pas l’aimer, mais mon petit « cadeau » sera tout à fait basé sur la science, un événement naturel et qui n’aura rien à voir avec leur « pensée magique » ridicule. »

Donc, au bon moment, comme décrété par les lois de la science, de la physique et de la chimie, de la biochimie et de la densité de population et de la sélection naturelle et de nombreuses disciplines scientifiques selon lesquelles l’univers guide son plan d’action…

Une toute petite chose, oh si minuscule, fut donnée à tous les avec et les sans dans le beau pays.

Ce « petit don » était très étrange, il était invisible et sautait d’un individu à l’autre. Personne ne savait vraiment s’il l’avait ou non. Personne ne voulait de ce « petit truc ».

Le pire était que…celui-ci rendit les avec malades et il rendit aussi les sans malades.

Les choses devinrent très déroutantes!

Les avec eurent peur des autres avec. Les sans furent également terrifiés par les autres sans. Personne ne savait qui était qui ou quoi, ou quoi que ce soit! Ils commencèrent à oublier qui était un avec et qui était un sans.

« Aidez-nous! », criaient-ils chez eux la nuit.

En ces temps effrayants, ils savaient tous dans leurs cœurs qu’ils avaient encore des choses à accomplir dans leur vie. Les avec et les sans plaidèrent pour plus de temps pour corriger les choses qui avaient mal tourné dans le beau pays… le pays avec les nombreuses collines et vallées, l’hiver et les canicules, les prairies alpines, les zones humides florissantes, les grandes forêts et la vaste toundra.

Ainsi, les avec commencèrent à vraiment aider, et les sans eux aussi se mirent à l’élimination de ce « petit truc » dont ils ne voulaient ni n’avaient besoin. Chacun fit ce qu’il pouvait. Ils commencèrent tous à utiliser la science pour s’entraider. De cette façon, ils commencèrent à guérir de bien d’autres façons que de simplement éliminer la maladie évidente. Ils se mirent à regarder au-delà de leurs différences et de leur « pensée magique » particulière pour voir qu’ils étaient universellement les mêmes.

Bien sûr, cela ne se produisit pas du jour au lendemain, ce ne serait pas naturel. Mais les gens apprirent une leçon, ils surent qu’ils étaient tous dans le même bateau.

Et ça, mon ami, c’est la vraie « magie » de cette époque dans ce beau pays… le pays avec les nombreuses collines et vallées, l’hiver et les canicules, les prairies alpines, les zones humides florissantes, les grandes forêts et la vaste toundra.

C’est ainsi que l’univers fit son chemin jusqu’à ce jour.

Comme d’habitude.

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