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Un « Polaroïd », une camionnette et un projet

Julien Latraverse

Avec leur projet « Sourires autour du monde », le couple franco-canadien formé de Corentin Menthonnex et Marie Guillaumet souhaite propager la bonne humeur au fil de leur voyage en plus de sensibiliser les jeunes aux handicaps.

Marie Guillaumet ert Corentin Menthonnex seront au café-rencontre du 8 novembre prochain pour expliquer plus en détail leur projet intitulé Sourires autour du monde.
Photo : fournie

 

Armés d’un appareil photo de marque Polaroïd et d’une loyale camionnette nommée Sam, Corentin et Marie parcourent les quatre coins du globe dans le but de mettre fin à la stigmatisation des personnes vivant avec un handicap et d’immortaliser ces petits instants de bonheur issus de leurs rencontres à l’étranger.

L’idée du « premier axe », les sourires, serait née d’une frustration technologique pour les deux voyageurs à sacs à dos d’expérience. « On se rendait compte souvent qu’on prenait des photos avec le téléphone, mais il ne restait rien de ce qui s’était passé », explique M. Menthonnex.

L’appareil photo instantané comble cette lacune en donnant immédiatement un souvenir physique du moment partagé avec les personnes locales. Le couple franco-canadien affiche ensuite les clichés sur la galerie de son site Internet.

Le « deuxième axe » de ce voyage est le volet éducatif. Pour chaque pays visité — ou provinces et territoires pour le Canada et les États-Unis — le couple envoie des cartes postales et des fiches pédagogiques à trois écoles primaires en France, par exemple, sur la faune et la flore des lieux. « On voulait ajouter du sens et du partage à ce projet », raconte Corentin Menthonnex.

Marie Guillaumet est atteinte du syndrome d’Usher. Cette maladie dégénérative entraîne une perte des facultés auditives et visuelles, et compose la dernière partie du projet Sourires autour du monde. Elle tente de faire comprendre aux jeunes élèves les nuances d’un handicap. « On a commencé par leur expliquer la définition d’un handicap », souligne Mme Guillaumet, « ensuite, on leur a demandé si un de nous deux était handicapé. Ils ont tous dit “Non!”. Ils s’attendaient à quelque chose de frappant, comme quelqu’un en fauteuil roulant », se rappelle-t-elle.

« On ne sait même pas si on arrivera à la retraite »

La condition de Marie Guillaumet lui a fait perdre près de 60 % de son audition et l’oblige désormais à recourir à des appareils auditifs. Elle utilise aussi des lentilles de contact ou des lunettes pour améliorer sa vue, mais son champ visuel s’amoindrit peu à peu. L’impossibilité de déterminer son handicap au premier regard aide les jeunes à discerner la présence des handicaps dans notre société. « Ils ont compris que c’était finalement plus commun qu’ils ne pouvaient le penser, que ça pouvait toucher tout le monde », témoigne-t-elle.

Le handicap de Marie fait partie intégrante de la motivation de ce voyage pour le couple. « On peut regarder à 180 degrés devant nous, pour elle, c’est 40 degrés. Certaines personnes [atteintes du syndrome de Usher] perdent complètement la vue où ne perçoivent plus que la taille d’un deux dollars », souligne Corentin Menthonnex. Cette aventure internationale devient alors un moyen pour les deux de profiter au maximum de ce que la vie peut offrir « pendant que Marie peut encore voir », soutient son compagnon.

« On ne sait même pas si on arrivera à la retraite », philosophe le développeur informatique de profession. Sourires autour du monde est aussi un moyen pour le duo de vivre un mode de vie plus minimaliste et, tout simplement, de jouir du présent. « C’est comme ça qu’on se sent bien. La suite, on ne l’envisage pas du tout comme avant », avoue Mme Guillaumet. « Il y avait un ras-le-bol du quotidien et de profiter de trois semaines de vacances dans l’année, et on s’est dit qu’il fallait bien en profiter », affirme-t-il.

Le couple prévoit quitter le Yukon à la mi-novembre. L’aventure se terminera peut-être pour eux vers l’automne 2021, mais retrouver leur vie d’auparavant semble presque impossible. « Ça ne sera pas un retour à la normale […] on veut un retour plus proche de la terre, quelque chose de plus humain que ce qu’on avait avant », pense M. Menthonnex.

Marie Guillaumet et Corentin Menthonnex seront au café-rencontre du 8 novembre prochain pour expliquer plus en détail leur voyage. Ils répondront également aux questions du public désireux d’en savoir plus sur leur partenariat avec les écoles et sur la préparation d’une escapade internationale en camion.

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