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Trump fait sa grosse colère

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Thibaut Rondel

Du G7 de la semaine dernière, on ne retiendra qu’une image. Celle de Donald Trump assis, les bras croisés et l’air boudeur. Debout, ses homologues occidentaux lui font face. La scène transpire au moins l’impatience, probablement l’agacement, certainement pire. Si l’avenir du monde n’était pas en jeu à cet instant, la frustration qui se dégage du personnage rendrait la photographie presque comique, tant elle rappelle l’image d’un groupe d’adultes conciliants penchés au chevet d’un morveux de 5 ans.

En 2016, Melania Trump elle-même confiait à CNN qu’elle pensait parfois avoir affaire à deux enfants à la maison : son fils et son mari. La boutade fut bien plus consternante que franchement drôle; d’autant plus qu’elle venait disculper les propos misogynes de Donald Trump, un grand garçon auquel on ne peut donc finalement pas trop en vouloir de chercher à attraper les femmes par leur vagin. On sait au moins que la première dame a un petit faible pour l’humour d’adolescent prépubère.

À La Malbaie, Donald Trump a donc naturellement fait sa crise. Du gros boudin inopiné auquel le monde des gens sérieux doit tant bien que mal commencer à s’habituer. Ce faisant, aussi fidèle à lui-même qu’à l’irrationnelle doctrine de l’Amérique d’abord, le président américain a une nouvelle fois démontré son incapacité à comprendre le monde moderne comme un système global et inexorablement connecté où la collaboration et les compromis ne sont plus des facteurs négociables.

Incapable de mener ne serait-ce qu’un début de réflexion stratégique à long terme, le 45e président des États-Unis sombre chaque jour un peu plus dans un néant diplomatique affligeant. Peu de temps après avoir quitté la conférence, Donald Trump a ainsi qualifié Justin Trudeau de faible et malhonnête. Une saillie en réaction aux dernières déclarations du premier ministre canadien, qui répétait à juste titre que le Canada considère insultant que la décision américaine de lui imposer de nouveaux droits de douane soit motivée par la sécurité nationale des États-Unis, notre plus proche allié.

Pour un mot déjà connu, le président américain a donc choisi de retourner sa veste et d’annuler l’accord qu’il venait de donner quelques heures plus tôt au communiqué commun sur lequel ont travaillé en fin de semaine les dirigeants du G7. Et en bon chef de la première puissance mondiale, l’a fait savoir sur Twitter. Pathétique.

À l’heure où nous imprimions, Donald Trump rencontrait à Singapour le leader nord-coréen Kim Jong-un. Un homme désormais « ouvert et honorable », selon le président américain. Malhonnête et faible, Trudeau doit apprécier, lui auquel on peut reprocher bien des choses, mais pas vraiment d’affamer son peuple ou d’exécuter les hauts dignitaires de son régime au canon antiaérien. Auparavant qualifié par Kim de « chien apeuré », de « criminel hideux » et de « gâteux américain mentalement dérangé », Donald Trump avait joué l’escalade verbale à coups d’« homme-fusée » et de « petit gros ». Ces deux-là face à face, espérons seulement que Singapour ne se transforme pas en un jardin d’enfants où l’on débat de savoir qui a « le plus gros bouton ».

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