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Tour d’horizon linguistique des Premières nations du Yukon

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Laëtitia Rattier

Le 21 juin dernier, le Canada a célébré le 20e anniversaire de la Journée nationale des Autochtones. À Whitehorse, les festivités se sont déroulées au Centre culturel des Kwanlin Dün, entre danses et chants traditionnels, toutes générations confondues.

Sur plus de 33 000 personnes vivant au Yukon, environ 7 000 sont autochtones, soit près d’un tiers de la population. Le territoire regroupe quatorze Premières nations et huit langues différentes, descendant de deux familles linguistiques, l’athabascan et le tlingit.

Le territoire entier est représentatif de la richesse des langues autochtones du Yukon. Image: Yukon Native Language Centre

Le territoire entier est représentatif de la richesse des langues autochtones du Yukon. Image: Yukon Native Language Centre


Contrairement aux autres Premières nations, « la présence des Tlingits en groupe organisé au Yukon est plus récente, et elle est justifiée par la traite des fourrures après le contact avec les Russes sur la côte de l’Alaska et de la Colombie-Britannique », explique le directeur du Centre des langues autochtones, André Bourcier. « On suppose que le centre d’origine des Athabascans était dans la région de la rivière Copper en Alaska », ajoute-t-il.

À la différence des autres provinces et territoires du Canada, le Yukon ne comporte aucune réserve autochtone. « Les indigènes ont toujours vécu partout sur le territoire et n’ont jamais été forcés de laisser leurs terres pour aller sur des réserves », poursuit M. Bourcier.

Les Autochtones et les Occidentaux

Avec la Ruée vers l’or, la ville de Dawson comptait en 1898 près de 40 000 personnes, ce qui en faisait la plus grosse ville au nord de San Francisco. Cette affluence soudaine de population a complètement chamboulé le mode de vie des autochtones déjà présents.

Avant ça, il n’y avait pas tellement de problèmes, la Ruée vers l’or en a créés, bien sûr, puis tout d’un coup tout a disparu, tout ce monde-là est parti et les Autochtones ont pu réadopter un mode de vie plus ou moins traditionnel par la suite », nous apprend M. Bourcier, par ailleurs vice-président de l’Association franco-yukonnaise (AFY). « Il y a des problèmes comme partout ailleurs, il y a eu des pensionnats autochtones et d’autres problèmes sociaux, mais c’est quand même un peu mieux », continue-t-il en référence aux relations qu’entretenaient les Premières nations du Yukon et les Occidentaux.

Aujourd’hui, au Yukon, onze des quatorze Premières nations ont des ententes d’autonomie gouvernementale, c’est-à-dire qu’elles ont un ordre de gouvernement. Les pouvoirs des gouvernements autochtones sont des pouvoirs négociés qui ne sont pas particulièrement clairs. « Il faut qu’ils se créent des lois, des règlements, il faut qu’ils soient capables de gérer leur territoire et ça, c’est demandé énormément à des groupes qui sont extrêmement petits et n’ont que des ressources limitées », soutient André Bourcier.

Une cosmogonie hétérogène

Beaucoup de symboles qu’on trouve à Whitehorse viennent directement de la côte, amenés par les Tlingits à l’intérieur du territoire. Ce sont principalement les peuples du sud qui ont adopté ces symboles. Mais plus on va vers le nord, moins c’est clair. « Au niveau de la cosmogonie et de la symbolique, ce n’est pas homogène au Yukon », soutient M. Bourcier.

Avant l’arrivée des Occidentaux, plusieurs peuples avaient sans doute une affinité avec le monothéisme qui fait qu’en 1860, lorsque le missionnaire anglican McDonald est arrivé chez les Gwich’in, son enseignement s’est étendu rapidement auprès de plusieurs Premières nations du Yukon.

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