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Spectre blanc : un mélange étonnant

Spectre blanc : un mélange étonnant
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Pierre Chauvin

L’exposition Spectre blanc qui rassemble six artistes francophones à Arts Underground est un étonnant mélange des genres : peinture, collage, photographie et poupetterie. La diversité des styles saura plaire à tous les visiteurs, petits et grands.

Poupées yukonnaises

L’artiste-peintre Cécile Girard, ancienne directrice de l’Aurore boréale, y exposait ses poupées yukonnaises dans une galerie pour la première fois. Des poupées, elle en fait depuis toujours. Depuis son arrivée au Yukon il y a plus de 30 ans, elle a adopté les matériaux des poupées yukonnaises : laine, cuir et fourrure. « J’ai toujours aimé les poupées, dit-elle, toutes les civilisations ont eu des poupées. Les poupées représentent le premier objet auquel l’être humain peut donner de l’amour, explique-t-elle, je trouve ça fascinant. »

La poupetterie, un art oublié, requiert une combinaison de techniques : broderie, perlage, couture, etc. Ses poupées sont donc avant tout des œuvres d’art, plus que des jouets pour enfants.

Son inspiration, Cécile Girard la trouve dans les vêtements. « Souvent en voyant le vêtement, je vais penser à une poupée », dit-elle. « J’ai déjà coupé un manteau que je pouvais encore porter pour faire une poupée », avoue-t-elle en riant.

Positive Attitude

Photographe professionnel depuis plus de 20 ans, Fred Lauk présente des paysages yukonnais… qui peuvent sembler sortis tout droit d’un film de science-fiction à première vue.

Attiré par l’apparence des négatifs de ses photos couleur, il a longuement retravaillé ses photos en jouant avec les teintes. Résultat : des photos aux couleurs rafraîchissantes, très loin des images bâclées à la Photoshop que l’on voit trop souvent, qui permettent au spectateur de laisser libre cours à son imagination.

Ses photos sont intitulées « Positive Attitude » en référence aux négatifs dont il part pour travailler les couleurs. « J’essaie de faire quelque chose d’un peu heureux, qui pète », explique Fred Lauk. Et ça pète : rose fluo ou bleu électrique qui rendent cependant les photos étonnamment belles. « La photo, j’ai commencé ça comme une passion, j’en ai vécu et au bout d’un moment, je n’en avais plus envie », explique-t-il. Ce n’est que récemment qu’il est revenu vers cet art pour l’exposition Spectre blanc.

Collages

Virginie Hamel pioche dans de vieilles revues et magazines pour trouver la matière première de ses œuvres : les images. « Ce sont des images que j’agence ensemble pour créer une histoire symbolique », explique-t-elle. « Ça a une signification différente d’une personne à une autre ».

Ensuite, Virginie Hamel laisse son imagination faire le reste. « Les tableaux se composent par eux-mêmes », dit-elle. Admiratrice des artistes-colleurs, elle a finalement décidé d’arpenter la voie qu’ont empruntée Laura Redburn ou Laurindo Feliciano.

Hommage au Blueberry Patch

Ancienne journaliste à l’Aurore boréale, Marie-Hélène Comeau est aussi peintre.

Dans Spectre blanc, elle met de côté son style habituel — peinture de couleurs vives — en mêlant peinture, photos et fusain pour rendre hommage à la résidence des artistes d’Inuvik, aux Territoires du Nord-Ouest, qui a été condamnée.

Ce lieu a une signification particulière pour Marie-Hélène Comeau qui a déjà participé au Great Northern Arts Festival d’Inuvik et a donc logé au « Blueberry Patch », la résidence des artistes, surnommée ainsi à cause de l’état de détérioration du bâtiment bleu. « Je l’aime, cet endroit-là, c’est ma façon de lui rendre hommage », explique-t-elle.

« C’est un endroit qui a plein de cicatrices, quand on y va on le ressent », dit-elle. C’est pourquoi elle n’a pas utilisé son style habituel de peinture, vif et joyeux.

Les œuvres, dominées par le bleu et le noir, transmettent la tristesse de l’artiste et son adieu à ce lieu quelque peu mystérieux. « La technique mixte m’a permis de transposer cette énergie-là », dit-elle.

Imagine le portrait

Max Deschesnes, dans sa série « Imagine le portrait », présente une série de personnages fictifs. Particularité de sa technique : il utilise des produits naturels pour colorer ses esquisses.

Petits fruits, salades, café, vinaigre balsamique, il utilise toutes sortes de colorants naturels. « N’importe quoi d’organique qui tache », confie-t-il.

« Toutes les couleurs se décident au fur et à mesure », explique-t-il. « C’est un peu comme une méditation, tout est spontané. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire, j’ai toujours dessiné des personnages que j’inventais », dit Max Deschenes.

Paysages yukonnais

Ioleda, c’est son nom d’artiste, a commencé à peindre à l’aquarelle lorsqu’elle est arrivée au Yukon. « C’est le Yukon qui m’a inspirée, car il y a des paysages extraordinaires, surtout en hiver avec le blanc, la glace », explique-t-elle. Son émerveillement devant les paysages du territoire l’a poussée à vouloir les reproduire.

Des paysages dominés par le blanc de la neige. « Quand je fais des photos ici, les gens pensent que c’est du noir et blanc », confie-t-elle. Difficile cependant de planter son chevalet en plein milieu de la nature au Yukon en hiver. Ioleda travaille de mémoire et avec quelques photos.

« Chaque fois que je reviens d’une promenade, j’essaie de reproduire à l’aquarelle un moment de ma promenade », dit-elle. Ses toiles témoignent de la beauté des forêts yukonnaises, de la rivière Yukon, et de sa faune.

Spectre blanc, à Arts Underground jusqu’au 1er février, est un maelström d’art yukonnais à ne surtout pas manquer.

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