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Secteur privé : un joueur clé dans l’essor des ressources renouvelables au Yukon

Marie-Hélène Comeau — Initiative de journalisme local — APF

Un travail fructueux de collaboration et d’échanges d’idées a récemment marqué la première conférence sur les énergies renouvelables organisée par le secteur privé yukonnais.

Le projet solaire à Old Crow devrait permettre de réduire considérablement le transport de diesel par avion.
Photo : www.gbpcreative.ca 

 

La hausse constante du nombre de la population au Yukon entraîne inévitablement une demande croissante en énergie. À l’heure des changements climatiques, il devient d’autant plus important pour le territoire de se tourner davantage vers le développement des ressources renouvelables tel que l’eau, le vent, le soleil et la géothermie dans la production d’énergie. D’autant plus que les producteurs d’électricité de ces différentes sources peuvent depuis un an vendre leur production à la grille électrique du Yukon.

« L’intérêt du secteur privé est là. Ça s’en vient au Yukon. Beaucoup d’idées faisables à court et à long terme sont d’ailleurs ressorties pendant la conférence », confie Jean-Paul Pinard, ingénieur en mécanique et expert yukonnais en énergie éolienne en montagne. « Je suis très heureux de voir le secteur privé, les gouvernements et les Premières Nations investir désormais dans les énergies renouvelables », souligne-t-il.

L’événement qui avait lieu à Whitehorse le 29 et 30 janvier a fait salle comble. Léo Martel, qui a participé au côté du scientifique Doug Craig au début des années 1990 au développement du premier système éolien dans la région de Whitehorse, tenait à assister à la conférence. « Même à Keno, nous n’entendons plus le chant des oiseaux le matin. Le climat change et ça m’inquiète beaucoup, alors je voulais en connaître plus sur ce qui se fait présentement au Yukon », confie-t-il.

Les Premières Nations à l’heure du développement des ressources renouvelables

Plus que jamais, les Premières Nations du Yukon, à l’instar de celles à travers le monde, se mobilisent autour des enjeux énergétiques et climatiques. Elles souhaitent agir directement pour améliorer la situation énergétique de leurs communautés et de leurs membres en respect avec leurs traditions ancestrales.

« Par ces projets en énergies renouvelables, nous n’investissons pas dans des banques, mais plutôt dans notre communauté », a rappelé Peter Kirby, membre de la Première Nation Tlingit Taku River. Il était présent à la conférence afin de présenter le projet de ligne de transmission vers la petite centrale hydroélectrique de la Première Nation Tlingit Taku River à Atlin en Colombie-Britannique.

L’eau et également le soleil comme sources d’énergie ont été abordés lors de la conférence avec la présentation du projet solaire de la Première Nation Gwitchin à Old Crow. Cette dernière est entièrement propriétaire des installations du parc de panneaux solaires sur son territoire dont elle assure également l’entretien. « Nous sommes à mi-chemin de l’achèvement du projet », a rappelé la conférencière Rosa Brown, qui fait partie de l’équipe chargée de la construction du projet de stockage de l’énergie solaire-diesel. Ce dernier permettra de réduire le transport par avion de 190 000 litres de diesel vers Old Crow. « L’idée de base d’utiliser l’énergie du soleil durant les longues journées d’été était assez évidente. Toutefois, nous devions aussi considérer des défis de taille liés à ce type de projet, tels que le coût de transport des matériaux et la présence du pergélisol sur lequel reposent les infrastructures », a spécifié Rosa Brown.

D’autres projets ont été abordés, dont celui de la Première Nation Little Salmon Carmacks qui a annoncé le développement d’un projet géothermique en partenariat avec l’organisme albertain Eavor Technologies inc. Grâce à l’utilisation d’une toute nouvelle technologie, la Eavor Loop, il sera possible pour la communauté d’utiliser la chaleur thermale localisée à des kilomètres sous la terre de façon beaucoup moins agressive que les méthodes conventionnelles. La communauté de Carmacks deviendra alors le premier endroit au monde à utiliser cette nouvelle technologie.

Un village à la fois

Bien qu’étant optimiste par rapport au développement des projets yukonnais, Jean-Paul Pinard considère qu’il reste encore beaucoup de travail à faire au niveau de l’éducation des gens concernant les énergies renouvelables. « C’est à ce niveau qu’il faut concentrer nos efforts ainsi que dans la formation des gens. Il est important de leur permettre de mesurer le potentiel énergétique de leur village selon l’environnement où il est situé, car chaque endroit est dans une situation unique », estime-t-il, en prenant l’exemple sur l’Alaska, chef de file dans le domaine éolien où sept villages ont adopté cette énergie grâce à un travail de collaboration locale avec les communautés. « L’Alaska a avancé plus vite dans ce domaine que le Canada. Je m’en inspire beaucoup », confie-t-il.

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