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Se réconcilier à travers l’art : un projet unique à l’école secondaire F.-H.-Collins

Nelly Guidici

Un projet unique de réconciliation au sein de l’école secondaire F.-H.-Collins permet aux étudiants des Premières Nations de célébrer leur culture.

Des poutres de l’ancienne bâtisse de l’école F.-H.-Collins ont été récupérées, poncées et peintes par des élèves de 8e année. Elles décorent désormais le nouveau bâtiment et illustrent la réconciliation avec les Premières Nations du territoire.
Photo : Nelly Guidici

Les idées ne manquent pas au sein de l’équipe éducative de l’école secondaire F.-H.-Collins. Michel Emery, enseignant au carrefour d’apprentissage de l’école, a mis en œuvre un projet qui va bien au-delà de la simple réalisation artistique. En effet, en septembre 2017, l’ancienne bâtisse de l’école, située dans le quartier de Riverdale, était détruite. Construit il y a 53 ans, le bâtiment en bois, qui contenait également de l’amiante, avait laissé place à une toute nouvelle construction, juste à côté de l’ancien site. Les piles de bois accumulées lors de la destruction étaient vouées à la revente, mais M. Emery, inspiré par les pièces sculptées à l’aéroport de Vancouver, a eu l’idée de récupérer quelques morceaux de bois et de leur donner une seconde vie : « Lors d’un voyage, j’ai remarqué, à l’aéroport de Vancouver, des œuvres d’art époustouflantes sur de grandes poutres laminées de l’artiste des Premières Nations Steve Smith. Je pensais que certaines de nos poutres récupérées pourraient être utilisées de la même manière. »

Une collaboration avec plusieurs partenaires

Après avoir obtenu les autorisations nécessaires, M. Emery a confié son projet à l’entreprise locale Canyon City Construction LP, qui s’est montrée très enthousiaste. Les poutres ont donc été conservées par l’entreprise à la suite de la démolition et déposées dans l’atelier de l’école où elles ont été poncées.

Pour la partie artistique, M. Emery a demandé à Colin Teramura, superviseur du programme de sculpture au sein de la Northern Cultural Expressions Society. Cet organisme implanté à Whitehorse offre une programmation culturelle et artistique axée sur les arts autochtones aux jeunes à risque des Premières Nations âgés de 12 à 18 ans. « J’ai contacté les sculpteurs de cet organisme dans le but de créer un projet similaire d’éveil culturel », explique M. Emery. En effet, suite à plusieurs discussions avec le personnel membre des Premières Nations au sein de l’école, il s’est avéré que l’ancien bâtiment, qui reflétait aussi l’esprit de l’époque, n’était pas un endroit idéal pour célébrer une identité autochtone. « Les étudiants des Premières Nations se heurtaient à des difficultés d’adaptation; ils souffraient du traumatisme lié au système des écoles résidentielles », précise l’enseignant.

La réconciliation par la peinture

De janvier à juin 2018, M. Teramura, accompagné de Duran Henry, sculpteur expérimenté du studio, ont élaboré toutes les étapes nécessaires à la création des motifs peints sur les poutres. Les décisions ont été prises de concert avec les élèves de 8e année impliqués dans le projet. Ainsi, deux panneaux représentant le loup et le corbeau sont accrochés aux murs du gymnase de l’école. Animaux représentant les deux clans présents à Whitehorse, ils sont l’illustration de la célébration de la culture des Premières Nations du territoire. « Dans le cadre de ce projet de réconciliation et de célébration, les étudiants ont créé de superbes pièces », pense M. Emery. Deux étudiants originaires de Carmacks et d’Old Crow ont aussi eu l’occasion de créer leur propre pièce d’art, toujours sous la houlette des instructeurs de la Northern Cultural Expressions  Society.

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